jeudi, 16 août 2007

lettre du 16.08.2007

Salut à tous,

Nous sommes invités par Claudie et Dietmar à aller faire une escapade à Fuik Bay avec barbecue sur la plage. Ce sera l’occasion pour Marvin de naviguer sur un catamaran. Une petite heure de trajet et nous voilà transporté dans cette baie à l’est de Spanish water. Cela suffira à le convaincre - enchanté il racontera à son papa tous les détails de la journée: Tu sais papa un cata c’est génial, il y a de la place, on peut sauter sur le trampoline à l’avant et ça reste à plat, c’est carrément « cata-rigolo » Réponse de papa :Grrrr.. Grrr..


Thierry a profité de notre absence pour attaquer les points de rouille sur New Life et refaire un peu de peinture. Lorsqu’il utilise de l’acide, il n’aime pas trop nous savoir dans les parages. De plus il n’avait pas à dire toute la journée à notre girouette de moussaillon : Attention peinture fraîche !

Le 30 juillet 2007 la météo annonce une grosse vague tropicale, avec formation cyclonique possible dans les 48 heures. Tout le monde est aux aguets, la dépression est actuellement à 300 miles et se déplace lentement. Nous la suivons de près pour connaître sa trajectoire et se préparer au cas où elle déciderait de passer par là.

Le 1er août – nous avons une pensée pour la fête nationale suisse - la dépression tropicale est toujours à l’état de dépression, et se rapproche. Curaçao est au 12°03’00 W – 68°51’00N, elle semblerait monter nord ce matin.

Nous sommes juste un peu tendus car nous avons en ce moment deux bateaux sur les bras. New Life bien sûr et le catamaran Tandem de nos amis Claudie et Dietmar qui sont rentrés en Europe pour 2 semaines. Le 2 août au matin la dépression est toujours à l’état de dépression et ne se transformera pas en cyclone pour notre région, mais générera une belle pluie et un ciel chargé. Nous sommes hors d’atteinte et du coup la tension redescend. En cette saison l’Atlantique est en pleine activité, il est agréable de bénéficier du wifi à bord et de pouvoir suivre la météo de près.

Il y a quelques jours nous avons retrouvé Isabelle et Arnaud, à bord de Rémi2. Pour ceux qui s’en souviennent, on les avait rencontrés en Guadeloupe, juste après la traversée de l’Atlantique en 2005. Des récits de navigations et pleins d’événements à se raconter pour ces heureuses retrouvailles. Isabelle va rentrer en France ces prochains jours, Arnaud amène le bateau à Panama avec son papa, puis va la rejoindre pour quelques mois, un heureux événement les attend pour cet automne. Ils continueront la route à trois leur petite famille s’agrandissant. Vous pouvez suivre leur parcours sur http://www.rémi2.net/.

Au niveau du travail, Thierry n’en manque pas il est complètement débordé, il travaille l’époxy toute la journée ou presque. En ce moment, il s’occupe de refaire des structures intérieures d’un catamaran qui est une véritable « cata » c’est le cas de le dire, de par sa conception et sa légèreté. On nous le donnerait qu’on n’en voudrait pas de celui-là. Sur un autre catamaran, il sépare un coffre contenant le groupe électrogène et des bouteilles de gaz, en y ajoutant un ventilateur et un extracteur de chaleur. On se demande parfois où les constructeurs ont la tête en mettant ces deux éléments si rapprochés ! Sur un autre bateau encore, il doit fibrer l’intérieur d’un frigidaire qui coule. Et le tout gros boulot qu’il a encore c’est la création et la réalisation d’un réservoir d’eau de 400 litres à fixer et à introduire dans la quille d’un monocoque.

Lorsque je reçois de nouveaux appels VHF pour d’autres travaux et que je tente d’orienter les personnes ailleurs en disant que Thierry n’a que deux mains, on me répond : On est patient, on peut attendre !

Non, non, on ne prolongera pas encore une fois notre séjour ! Nous avons envie de continuer notre route vers l’ouest et de découvrir d’autres horizons. La Colombie, les San Blas, Panama, c’est juste devant nous. Je réunis en ce moment le maximum d’informations pour notre futur départ en copiant des cartes, des guides et récits d’autres navigateurs ayant passé dans le coin avant nous. Thierry crie déjà VIVE LES VACANCES.

Les paresseux du Rio Chagrès et Les indiens Kuna des San Blas n’attendent que de voir pointer l’étrave de New Life à l’horizon. J’ai même trouvé un petit lexique de langage Kuna, on va s’y mettre en famille personne ne parlant encore cette langue.

A part ça je gère le quotidien, essayant de soulager le capitaine en entretenant New Life qui a également besoin d’attention ou en allant chercher ce dont il a besoin. Un peu de couture et fabrication de moustiquaires pour d’autres bateaux mais pour l’instant pas suffisamment de demandes pour investir dans une plus grosse machine à coudre. C’est toujours l’Elna de la grand-mère de Thierry qui me rend des services – elle a plus de 50 ans, comme quoi à l’époque on faisait du matériel solide !



Le samedi, avant que mes deux hommes ne se réveillent, je deviens l’animatrice VHF du jour en tenant le net du matin pour renseigner et orienter ceux qui auraient besoin d’aide pour des réparations, localiser certaines pièces, leur donnant les horaires des bus afin de se rendre en ville ou aux divers supermarchés, les informant des activités se déroulant dans la région et des éventuels rencontres organisées pour le week-end Thierry pense que tout ça c’est du « blabla » et de l’enfantillage, moi je m’amuse bien maintenant que le pas de la timidité est franchi. On ne se fait pas animatrice, même pour 15 minutes si facilement.



Ratatouille est à l’affiche, Marvin ayant de nouveaux copains, copines, nous décidons d’aller faire

une expédition punitive au cinéma. Je ne sais pas ce qui comble le plus les mamans, de voir le film ou d’écouter cette bande de joyeux lurons faire leurs les commentaires et donner leur avis sur la prestation de ce rat devenu grand chef de cuisine à Paris.

Ce matin dimanche 11 août, il y a à nouveau une formation cyclonique possible, annoncée dans les 48 heures. C’est vrai qu’une grosse dépression avait quitté le Cap Vert, il y a deux jours, elle se creuse en entamant sa traversée. En ce moment elle se situe entre le 33° et le 40° O et au 12°/13° N, encore loin de nous, mais on la suit matin et soir sur le net afin de voir son évolution et connaître au mieux sa trajectoire. En principe à Curaçao, nous sommes à l’abri, mais nous devons rester vigilent car il y a 3 ans à Grenade, tout le monde se disait en sécurité également, puis deux cyclones en moins 9 mois, Yvan et Emilie.

Le 14 août, la dépression N°4 n’est plus une dépression, elle a passé au cap supérieur, tempête tropicale et porte désormais le nom de Dean qui va s’amplifier pour le week-end aux dires de certains météorologues, sa trajectoire se situe entre la Martinique et Les Vierges. Dans les dernières 24 heures Dean a passé au stade de cyclone catégorie 2, avec des vents jusqu’à 230 km/h, son trajet se précise, il devrait toucher la Martinique dans la nuit du 16 au 17 août. Quelques photos et graphiques pour mieux comprendre le phénomène.





Le 16 août, c’est également le jour de l’anniversaire de notre petit matelot qui a déjà 5 ans. Cette année, il y a plein d’enfants pour l’entourer. Depuis quelques semaines, des familles sont enfin arrivées au mouillage, nous n’avons pas hésité une seconde à les rencontrer. J’ai réuni tout ce petit monde pour une « beach party », una « playa feliz » ou tout simplement une fête à la plage. Il a été difficile de garder le secret et de faire une réelle surprise à Marvin qui est curieux comme une fouine. Pourquoi achètes-tu des gobelets et des assiettes en plastiques maman ? On a assez d’assiettes à bord et les coffres sont pleins. Tu ne sauras pas où les mettre ! ou alors mais des œufs t’en a déjà acheté hier et ils ne sont pas encore mangés, t’en n’a pas besoin.

Jai tenté des subterfuges du style : oh maman a une tête de linotte, j’ai oublié que j’en avais déjà, bon il nous faudra manger beaucoup d’omelettes alors. Le lendemain des achats j’entendais déjà : maman c’est quand que tu nous fais des omelettes ou des crêpes ? J’ai alors invité des copains à bord et fait des crêpes pour tenter de noyer le poisson, mais il n’est pas dupe et ne mordra pas facilement à l’hameçon ! Alors j’ai avoué et nous avons fait les gâteaux d’anniversaire ensemble, ce qui était sympa aussi.



Pour terminer ce message, je laisse Marvin vous annoncer à sa façon une grande nouvelle :



Avez-vous remarqué ? Avez-vous compris ?
Non,
Alors regardez à nouveau

Je nage sans manchons et sans bouée. Une grande première pour mes 5 ans. Voilà c’est sur cet exploit qu'on vous quitte pour aujourd’hui.

Avec nos meilleures pensées à tous. Les New Life en balade.






dimanche, 29 juillet 2007

Curaçao, renseignements pratiques 29.07.2007

Salut à tous,

Vous êtes nombreux à me demander des renseignements sur les chantiers et les facilités pour sortir le bateau à Curaçao. Voici donc quelques infos qui pourront vous être utiles. Il y a deux chantiers où l’on peut facilement sortir son bateau : Curaçao marine dans la Baai van Versali (http://www.curacaomarine.com/ - e-mail curacaomarine@interneeds.net ) et Opus marina à Piscadera Baai (http://www.opusmarina.com/ ).

Les prix à Curaçao Marine : sortie/entrée avec un forfait de 3 jours sur le chantier US$6 par pied, pour des bateaux de 30 à 39 pieds. US$7 de 40 à 49 pieds. L'eau sous pression (karcher) est à 40US$ par heure. Le câlage est à 1US$ par pied (min. 40 pieds donc 40US$).

Le seul avantage de ce chantier c'est que Budget y est représenté sur place, donc si on a besoin de quelque chose c'est pratique. De plus un autre magasin est présent sur l’île et facilement accessible en bus. Il faut savoir que les prix chez Budget ici sont majorés de 15 % à 20 % par rapport à ceux du catalogue qui correspondent aux prix de St-Martin. Aucune taxe n’est perçue pour les bateaux en transit sur présentation des papiers de ce dernier. Si le matériel demandé n’est pas stocké dans l’un ou l’autre Budget, ils passent commande à St-Martin dans des délais variables allant d’une semaine à plus.

Je ne conseillerai par contre à personne de laisser faire les travaux sur le bateau. Ils travaillent au rythme et à la manière des îles, donc une véritable catastrophe en plus le chantier prend des engagements en temps et en façon de faire qu’il ne peut tenir, ce qui rallonge considérablement la mise à terre du bateau (aucun professionnel sur place, mis à part le charpentier marine (Conrad) et le mécanicien, soudures inox, acier etc (Eric), qui sont vraiment à recommander, malgré un tarif horaire de 65US$ pour le mécanicien).

Nous avons passé plus d’un mois sur ce chantier pour effectuer nous-mêmes de gros travaux sur New Life (voir sous juin : lettre d’avril 2007) nous avons bien pu nous rendre compte de ce qui s’y déroule. Juste un exemple, parmi d’autres : un bateau sort de l’eau pour travaux, notamment une infiltration d’eau, plusieurs personnes du chantier viennent voir le travail, ne donnent aucun devis et font de grandes théories. Les travaux pour résoudre l’infiltration sont effectués après que les propriétaires relancent plusieurs fois les ouvriers, le bateau est remis à l’eau. 20 minutes plus tard la fuite est toujours là, l’eau s’infiltrant au même endroit. Aucune personne du chantier ne s’est intéressée au résultat après la mise à l’eau. Les propriétaires prêts à partir, factures réglées, ont dû le lendemain ressortir le bateau, une fois de plus personne ne s’est intéressé au problème. Bien entendu la nouvelle manutention du bateau y compris 15 jours supplémentaires à terre ont été facturés aux propriétaires, sans dédommagement.

Il faut tout de même reconnaître que le côté positif de ce chantier, qui est un grand parking à bateaux, est l’idéal pour le laisser plusieurs mois en stockage, les prix diminuant selon la durée de mise à terre.

Les prix à Opus Marine : sortie/entrée avec un forfait d’une semaine à terre US$ 7.87 le pied pour des bateaux allant de 30 à 50 pieds. L’eau sous pression, (karcher) est à 2.62US$ le pied. Le câlage est à 2.62 US$ le pied. Un petit shipchandler est sur place. On peut toujours se rendre chez Budget en bus si nécessaire.

Quant à l'eau et l'électricité, les deux chantiers fonctionnent sur compteurs pour l'électricité et au forfait par jour pour l'eau. Quoique que certaines places disposent également d'un compteur pour l'eau.

Autrement, il y a ici de bons magasins d'outillage, de peinture, de mécanique etc. bien moins chers que Budget, c'est juste qu'ils ne sont pas tout près et qu'une voiture est utile pour s'y rendre. On peut toujours s'arranger à plusieurs personnes pour en louer une. Les prix de location varient entre US$ 20 et 30 US$ par jour et il y a beaucoup d’agences de location.

Si vous avez besoin de remplir vos bouteilles de gaz, profitez-en lorsque vous aurez une voiture car c’est pratiquement à l’autre bout de l’île chez Cargaz, il faut déposer les bouteilles et ce n’est pas certain de les avoir le jour même remplies. En principe il faut repasser la semaine suivante pour les récupérer.

Quant à la réparation de vos voiles, deux voiliers sont disponibles Rob Harms (e-mail : rob-harms@scarlet.an) que nous avons expérimenté et que nous pouvons recommander, prix intéressants, mais soyez patients, il n’est pas très rapide et Thomas sails, que nous ne connaissons pas.

Pour ce qui est frigo et désalinisateur, vous pourrez toujours prendre contact avec Louis Ruyssenaem (e-mail : kivahot@hotmail.com). Il parle également le français pour ceux à qui la langue de Shakespaere donnerait de l’urticaire.

Il y a bien sûr d’autres personnes sur l’île qui fournissent les mêmes services, voilerie, frigo, désalinisateur, mécanique, soudure etc. mais nous ne les avons pas rencontrés, on ne vous parle que de ceux avec qui nous avons traité.

Que ce soit sur les chantiers ou au mouillage de Spanish water, il y a des navettes gratuites pour les divers supermarchés, ce qui facilite la tâche des courses. On y trouve de tout, comme en Europe, les prix y sont variables.

Un dernier renseignement pratique c’est au sujet des formalités d’entrée qui sont un peu fastidieuses. En premier lieu il faut se rendre à la douane, puis à l’immigration. Les deux endroits sont totalement à l’opposé l’un de l’autre, une bonne marche sous un soleil de plomb sera nécessaire.

Une fois que vous aurez passé à l’immigration, n’oubliez surtout pas d’aller trouver les autorités portuaires (le bâtiment est juste à côté de l’immigration) afin d’obtenir un permis d’ancrage. A chaque fois que vous changerez d’ancrage dans l’île, il faudra vous rendre dans ce dernier bureau afin de leur indiquer vos déplacements et la durée de votre séjour dans chaque mouillage. Si vous êtes vraiment organisés et que vous tenez un programme précis, lors de votre première visite il vous suffira de leur dire que vous passez un jour dans ce mouillage, deux jours dans le suivant et cinq jours dans le troisième avec dates et emplacements précis et qu’elles sont vous intentions par la suite. Ils vous établiront immédiatement un formulaire tenant compte de vos déplacements sur l’île et cela vous évitera d’y retourner. Personnellement nous avons de la peine à tenir un tel agenda ! Cette démarche ne vous épargnera pas de faire votre sortie officielle (24h avant votre départ) lorsque vous déciderez de quitter l'île.

Une dernière chose, si vous quittez le bateau ou si un équipier rentre en avion, il faudra vous rendre à l’immigration (où vous avez fait l’entrée avec le bateau) afin que cette personne sorte de la liste de l’équipage. Au retour bien entendu, il faudra y retourner pour qu’elle en fasse partie à nouveau et cela malgré un passage à l’immigration de l’aéroport.

Les formalités terminées je vous promets que la bière vous l’aurez méritée et vous pourrez profiter de votre séjour.

Un dernier détail pour tous ceux, qui comme nous, souhaiteraient étendre leur séjour, je ne peux que leur conseiller de commencer le parcours par le bon bout, c'est-à-dire le Kabinet Van De Gezaghebber, Ansingstraat 29 (un autre bureau de l’immigration), en leur présentant un lettre motivée donnant la raison de l’extension sollicitée (on a tous un souci de moteur ou de pièces détachées qu’on attend d’Europe non ?), une copie de chaque passeport, une copie d’un relevé bancaire ou d’une carte de crédit. On vous demandera de remplir un formulaire et de payer 5 nafl (US$ 2.85) par personne. Ensuite il vous faudra un peu de patience pour obtenir un numéro et vous rendre à la poste (encore un autre bureau de l’immigration) pour faire la queue et récupérer vos passeports.

Rassurez-vous c’est réalisable (lire nos précédents courriers) Bon séjour à Curaçao

Avec nos meilleures pensées. Les New Life en balade

dimanche, 15 juillet 2007

lettre du 15 juillet 2007

Salut à tous,

La suite de l’épisode « immigration ». Jeudi 28 juin, nous recevons enfin un téléphone du bureau du gouverneur nous donnant le numéro sollicité. Je pose immédiatement la question de ce que je dois faire avec ce numéro. Allez à la poste Maaaaaaaadaaaaaaaaaaaame pour obtenir l’extension demandée. Je me présente donc un bon guichet (45 min. d’attente, oh c’est rapide aujourd’hui). On me prend nos passeports en me disant de repasser le 4 juillet pour les récupérer tamponnés. Je tente une question : de combien de mois est l’extension. Réponse : On n’en sait rien, il faut attendre le 4 juillet, cela dépend de ce que le gouverneur a signé !

Au matin du 30 nous apprenons par BLU que notre amis Loïc a été victime d’une agression en se rendant de Margarita à Coché (voir l’art. publié le 01.07.07 à ce sujet).

Nous arrivons au 4 juillet, nous nous rendons au bureau de l’immigration de la poste et là, vous n’en croirez pas vos yeux, en nous lisant, nous recevons nos passeports avec une extension au 14 septembre prochain, comme nous l’avions demandé. Ça a pris du temps mais on y est arrivés. Du coup, nous décidons de fêter l’événement et allons prendre le lunch au resto. Après le repas, Marvin se fera sa première toile de cinéma : Shrek III. Impressionné par le son et la grandeur de l’écran, il me dira à chaque malheur de Shrek « ce film est nul, je redonne le billet à la caisse pour qu’on me rembourse ». Il lui faudra quelques heures pour qu’il raconte le film à son papa qui nous attendait en ville et qu’il lui dise que c’était génial.




Un ancien hôpital, la maison de la quarantaine surplombe le mouillage de Spanish water et Caracasbaai, une belle occasion pour aller se dégourdir les jambes et de découvrir la baie vue d’en-haut.




La balade continue par des restes de quelque chose…. Un fort qui a servi à la défense de Curaçao. Marvin ne perd pas une miette des explications que Thierry agrémente d’une multitude de détails, juste pour son plaisir. Tous deux imaginent la baie remplie de bateaux de pirates et sont transportés dans une autre époque.



La chaleur et la marche auront raison de l’énergie de notre moussaillon qui s’endort sur le trajet de retour en annexe.

Quelques jours plus tard, Marvin trouve son premier bateau… il veut faire comme papa…. Le ramener en Suisse, pour le réparer et le transformer. Le jardin de grand-papa ferait peut-être l’affaire, il faudra qu’on lui en parle.



En nous promenant en ville nous rencontrons Esteban Ferrales, un artiste créant à l’angle d’une rue ou sur une façade ses œuvres. Au départ, il utilise du treillis pour mouler les formes qu’il recouvre avec patience de béton en y donnant tous les détails, puis il sort sa palette de couleurs pour leur donner de la vie. Je vous laisse découvrir.



Kura Hulanda, le musée des esclaves est également à découvrir. Ce dernier contient une collection d’art africain, non égalée je crois jusqu’ici; plusieurs pays y sont représentés, les tableaux, les calligraphies, les bronzes, les sculptures et objets de toute sorte racontent bien l’histoire de l’esclavage jusqu’à son abolition.



Cela expliquant cela, nous comprenons peut-être un peu mieux, après avoir visité ce musée pourquoi les blancs spécialement les hollandais ne sont pas toujours appréciés à Curaçao et que maintenant le noir qui est au pouvoir fait bien ressentir que c’est lui qui le détient ajourd'hui !

La découverte de Curaçao va continuer au fil des semaines puisque nous y resterons probablement jusqu'en septembre, profitant notamment de l'escale pour améliorer la caisse de bord. De nouvelles infos sur l’île et sur notre quotidien suivront. Quant à l'école pour le moussaillon c'est aussi l'occasion de faire un bricolage pour les grand-mamans.



Avec nos meilleures pensées. Les New Life en balade

dimanche, 1 juillet 2007

du 01.07.2007 - Acte de piraterie au Vénézuéla

Salut à tous,

Malheureusement je me dois de reporter un fait divers pas très drôle aujourd’hui.

Dans la nuit du 29 au 30 juin, nous avons un ami Loïc, à bord de Sybellius, qui vient de se faire pirater entre Margarita et Coché (Vénézuéla).

Sous voiles, Loïc se rendait à Cumana pour entreprendre des travaux sur son bateau, lorsqu’à 01h00 du matin, des pêcheurs ont tendu un long filet au devant lui pour l’obliger à faire des manœuvres d’évitement et le retrancher à la côte. Une fois le bateau bien ralenti, ils sont montés à bord et une bagarre a éclaté entre eux, Loïc s’est battu plusieurs heures durant et a été blessé à la tête et aux bras par des coups de couteaux. Il a tout de même réussi à faire fuir les pirates. Par contre son bateau s’est échoué.

Notre animateur BLU était sous le choc samedi matin et pour cause. Nous nous sentons les bras ballant ici à Curaçao ne pouvant rien faire pour lui. Plusieurs autres navigateurs sont à Margarita, à 10miles de l'endroit où il se trouve (3h). Deux amis de Loïc dépêchent une vedette rapide de Margarita pour lui venir en aide. Malheureusement, le pilote de la vedette parle d’argent pour le sortir du pétrin, Loïc refusera sa proposition.

Une veille BLU se met en place durant la nuit. Nous sommes plusieurs à être inquiets quant à son sort sur place, pas rassurés de le savoir tout seul à Coché, un endroit malsain au niveau piraterie. Au rendez-vous BLU du lendemain matin à 08h00, nous sommes contents d'entendre sa voix et d'apprendre qu'il avait réussi à se dégager de lui même durant la nuit. Malheureusement, après avoir hissé ses voiles, Loïc se prend un autre filet dérivant cette fois-ci qui le ramène à la côte et il s'échoue plus durement sur du corail. Durant toute la journée de ce dimanche, des solutions sont échafaudées de part et d'autres pour le sortir de là. Des peneros et des plongeurs tentent de le dégager, mais sans succès.
Les marées, mal définies dans la région (20 à 30 cm. de marnage) sont calculées afin de trouver le meilleur moment pour le dégager. Ce n'est qu'à 18h00 ce soir que nous apprendrons que Sybellius flotte à nouveau et qu'il se dirige sur MargaritaLoïc est attendu par ses amis. Il pourra se faire soigner et s'y reposer.
New Life a passé plus de 8 mois au Vénézuéla, durant notre parcours nous n'avons rencontré aucun soucis, mais comme je l'ai déjà dit dans nos précédentes lettres, il se peut que nous soyons passés entre les gouttes, malheureusement certains navigateurs n'ont pas eu cette chance (voir notamment art. publié dans Etoile-de-lune.com) qui comme Loïc ont subi un acte de piraterie. Ce phénomène, qui a l'air de s'empirer, n'est pas à négliger malgré tout ce que l'on peut dire ou penser.
Patricia
Le coup de gueule du capitaine :
Depuis que nous sommes partis, voilà plus de 4 ans, bien des occasions justifiées se sont présentées pour le coup de gueule du capitaine, cette fois-ci, il ne le retiendra pas.
Au Vénézuéla on parle de sécurité, on parle d'agression, on parle de ne pas rester dans un mouillage seul. Des bateaux qui ne se connaissent pas autrement, se mettent en flottilles pour se déplacer ou ancrer ensemble afin d'éviter tout soucis.
Loïc est une personne connue que ce soit sur les ondes radio qu'il anime chaque matin, par ses rencontres au fil des ans, par les divers contacts qu'il a et pour tous les services qu'il rend à gauche et à droite, je trouve écoeurant que pour quelqu'un de connu (comme pour un inconnu d'ailleurs), personne ne se soit déplacé avec son bateau sur zone pour assurer sa sécurité durant le temps qu'il a passé sur place, spécialement la nuit.
Une aide a été dépêchée immédiatement par des amis de Loïc, ces derniers n'ont pas forcément été reçus avec une grande diplomatie de sa part. Je peux le comprendre suite aux événements vécus. De plus, le pilote de la vedette parle d'argent avant tout. Blessé, choqué, échoué, sa réaction est humaine.
Comparons cette agression avec un accident de la route. Arrivés sur le lieu de l'accident, une voiture est démolie avec le conducteur assis au bord de la glissière de l'autoroute, blessé, mais vivant, ce dernier refuse énergiquement toute aide. Laisseriez-vous cette personne sans assistance ? Récapitulatif du code de la route, pour ceux qui l'aurait oublié : protection du lieu de l'accident, du blessé, organisation et attente des secours. Toute personne ne respectant pas ces règles de sécurité est sanctionnée pour non assistance à personne en danger.
Pour des navigateurs ou des circumnavigateurs 10 miles, soit 3h00 de route au grand maximum cela paraît dérisoire ou ridicule. Est-ce la peur d'être piratés à leur tour ou une autre raison qui a fait que Loïc se soit retrouvé seul durant plus de 48h00 dans une zone réputée dangereuse ? Toujours est-il lorsqu'on parle de sécurité, ce genre de comportement me fait rager et me laisse un goût amère quant à l'entraide marine. Plusieurs bateaux se sont fait connaître par les ondes en soutenant Loïc ou en organisant des secours, certains étaient hors de portée pour pouvoir agir mais ne me dites pas qu'entre le mouillage de Porlamar et la marina de Cumana il n'a pas été possible de réunir 3 ou 4 bateaux francophones ou étrangers afin de se rendre sur zone pour être à ses côtés, pour le soutenir, l'aider et tenter d'éviter son deuxième échouage.
Dans ce coup gueule, je ne jette la pierre à personne de précis, mais veux vous rendre attentifs sur le fait que cela peut arriver à tous.
Thierry

mardi, 26 juin 2007

Nos débuts, résumé

Salut à tous,

Pour ceux qui prendraient ce blog en cours de route et qui ne nous connaissent pas, voici un bref résumé de nos débuts.

Après 13 ans de construction dans le jardin au Mont-sur-Lausanne, New Life a été mis à l’eau en Suisse en octobre 2002. Pourquoi 13 ans ? Au départ, il a fallu reconditionner une vieille coque abandonnée, ce qui a demandé à Thierry plus de 3 ans de meule à disque et de soudure avant de pouvoir poser la première couche de peinture. Vous l’aurez compris le bateau est en acier. Du moment que ces durs travaux étaient entrepris, l’emplacement du mât a été avancé de 17cm pour rendre le bateau moins hardant, le cockpit, la descente et le roof ont été modifiés. La poupe a été rallongée et la proue a été habillée d’un beaupré. New Life ne ressemble et ne se comporte désormais plus comme le Vulcain IV qu’il était à l’origine, mais reste un plan Caroff.


Les dix autres années ont été consacrées aux aménagements intérieurs et à toute la partie technique. Le 80% du bateau a été fait avec des matériaux de récupération qu’il a fallu reconditionner, par exemple les planchers et les mains-courantes intérieurs sont en acajou, ce bois provient de montants de fenêtres. Tout le bois extérieur est en iroco (teck du pauvre) il provient de marches d’escalier qui ont fait l’objet d’une exposition. Quant au lest - à base de plomb - il a été complètement fondu en lingots de 8kg Ce dernier provient de plomb d’équilibrage de voiture, tuyauterie de bâtiment et manchons d’étanchéité de câble téléphonique sous-terrain. Ce n’est pas parce que nous avons fait de la récupération que le bateau n’a rien coûté. Il nous a donc fallu continuer nos jobs respectifs afin de trouver le financement à sa construction et économiser l’argent du voyage. Nos soirées, nos week-ends et nos vacances ont été mis au profit du projet.

Cela dit, notre petit moussaillon, né au mois d’août a vécu ses premiers mois sur le lac Léman où nous avons passé l’hiver 2002 afin de gréer le bateau, de le tester et d’organiser notre future vie à bord.


Au printemps 2003 New life a été transporté par camion jusqu’à Port Camargue où notre voyage a débuté.



Partis du Sud de la France donc, nous avons fait nos seconds ronds dans l’eau en suivant la côte, puis une traversée sur les Baléares nous dirigeant vers Gibraltar. De là nous n’avons pas suivi la route des alizés. Nous avions l’idée de commencer notre voyage par le nord. Donc une remontée des côtes espagnole, portugaise en été, à contre courant et contre vent – pas facile à vivre – puis nous voilà lancés dans la traversée du Golfe de Gascogne, nous avons dû faire demi-tour sur La Corona à notre premier essai à cause du mauvais temps. Nous attendrons une meilleure météo et repartirons. 4 jours et 4 nuits plus tard nous serons en Bretagne.

Nous avons encore des travaux de finitions à l’intérieur de New Life et nous nous dirigeons donc sur Morlaix pour y passer l’hiver. Thierry pouvant travailler au bateau à son aise, quant à Marvin et moi nous serons dans notre petite maison qui se situe à 40km du port. L’hiver 2003/2004 se déroule en travaux. Tout ce qui est à peindre et à vernir est amené à la maison, je m’en occupe pendant que le capitaine fixe d’autres choses à bord, construit un nouveau frigo et modifie des détails qui nous changera la vie en navigation. L’intérieur du bateau ne ressemble plus maintenant à un atelier flottant, tout est en place et nous aurons plus d’espace pour vivre.



Printemps 2004, nous repartons, toujours avec notre idée de grand nord. Nous naviguons un peu en Bretagne avant de nous rendre dans les anglo-normandes Jersey, Guernsey, Aldernay. Puis la traversée de la Manche jusqu’en Angleterre où nous y passerons tout l’été en en navigations côtières en direction des îles Scilly et de l’Irlande que nous avons vraiment envie de revoir. Malheureusement durant cette période le temps a été complètement pourri, nous avons eu que 2 semaines sans pluie. La mer, 13° dans ses moments les plus chauds… rien ne sèche à bord, beaucoup d’humidité, on allume régulièrement le chauffage, même en plein été On se pose des questions quant à nos futures navigations nordiques. Puis notre vieux moteur (30 ans) lâche, Thierry fait une réparation de fortune - travaillant au rythme des marées – réparation qui tiendra puisque nous continuons notre périple estival, mais notre Arona nous joue quelques mauvais tours, on ne peut pas vraiment lui faire confiance.



De Falmouth donc nous décidons de retourner en Bretagne pour changer le moteur, ce qui est plus pratique puisque le capitaine peut démonter le bateau en faisant les travaux qui s’imposent, sans que Marvin et moi ne soyons dans ses pattes. Nous profitons des rabais offerts durant le salon nautique de Paris pour acheter un Volvo Penta 40 CV (l’ancien n’en avait que 24CV, ce qui rendait parfois les manœuvres périlleuses par forts courant ou vent).


Allons-nous continuer notre escapade nordique ? Tout l’hiver cette discussion animera nos soirées au coin du feu. Au printemps 2005 nous déciderons de faire route au sud et d’aller au soleil où la vie semble plus simple avec un petit moussaillon, qui pourra profiter de la baignade, le capitaine gardant dans un recoin de sa tête son envie de fraîcheur. Plus tard peut-être.

Route au sud donc ce qui veut dire qu’on redescend tout et qu’on retraverse Gascogne, sans soucis cette fois-ci et plus rapidement (3j.) puisque nous sommes au portant. Nous profitons des escales en Galice et au Portugal avant de traverser sur Porto Santo, Madère et les Canaries. A Las Palmas nous aurons quelques soucis lors de la révision de notre survie, nous y passerons trop de temps à notre goût. Contents de quitter cette île nous nous dirigeons sur le Cap Vert où nous découvrons une nouvelle culture, des paysages si variés d’une île à l’autres et des gens extraordinaires.

Nous quitterons le Cap Vert le 29 novembre 2005 pour entreprendre notre première Transat. 20 jours de Mindelo en Guadeloupe. 20 jours de traversée en famille avec ses calmes,


ses moments stressants, surtout au passage de la dépression tropicale Upsilon et ses joies lorsqu’un poisson mord à la ligne.


Durant cette traversée nous avons été routés par Daniel 10. Un radio amateur sur Paris qui connaît la météo comme sa poche et qui chaque matin était au rendez-vous BLU nous donnant toutes les infos et nous conseillant sur notre route. Merci encore à lui qui nous a sorti une épine du pied en nous dirigeant plein sud afin d’éviter les avatars d’Upsilon.

Arrivés en Guadeloupe, nous avons quitté New Life en le laissant à la marina pour passer les fêtes de fin d’année à l’hôtel avec toute notre famille qui était venue nous rejoindre pour l’occasion. Heureuses retrouvailles et quel changement de vivre à l’hôtel après 20 jours de traversée, c’était comme dans un comte de fée. Nous avions réussi notre première Transat, étions dans les temps pour retrouver notre famille, les décorations de Noël brillaient de mille feux au son de la biguine et le Ti-punch coulait à flot. Marvin quant à lui prenait un malin plaisir à se laver les mains dix fois par jour en laissant les robinets d’eau couler sans que maman ou papa lui demande d’économiser ce liquide, si précieux à bord.

Les fêtes passées, il nous faut nous séparer et quitter la famille qui retourne en Suisse, ces moments sont toujours difficiles à vivre. Notre voyage continue par Les Saintes, la Dominique, puis en Martinique, nous récupérerons ma maman qui viendra passer quelques semaines à bord, profitant un max de son petit-fils. Là encore la séparation sera difficile lorsque maman rentrera de ses vacances.

L’étrave de New Life continue son voyage par la descente de toutes les îles sous le vent. Les escales sont plus ou moins longues selon nos affinités, nos découvertes sous-marines ou terrestres, les rencontres locales ou avec d’autres navigateurs avec lesquels nous partagerons un bout de chemin et le travail que nous trouverons en cours de route. Car il ne faut pas oublier que parfois nous travaillons. Eh oui, il faut bien remplir de temps à autre la caisse de bord. Divers travaux sur les bateaux, soudure, époxy, bois, réparations en tout genre, ça c’est le domaine du capitaine et plongée pour changement d’anodes, nettoyage de coque, graissage d’hélice, ou couture en ce qui me concerne.

Puis à Grenade, nous sommes bien occupés, nous trouvons un travail fixe dans une marina qui avait été détruite au passage du cyclone tropical Ivan il y a trois ans. Thierry s’occupe à la reconstruction de pontons, pose de carrelage dans les sanitaires, amélioration en tout genre, réparations sur des bateaux, quant à moi je fais de l’entretien courant sur les bateaux, de la plongée pour nettoyage de carène et du « public relations » pour ramener du monde dans ce joli petit coin qui a été délaissé ces dernières années. Marvin gambadant entre papa et maman, aidant l’un ou l’autre à sa plus grande joie. Il perdra un ongle en « travaillant » avec papa et en voulant utiliser de vrais outils, les siens en plastiques ne l’intéressant plus du tout. Au cours des mois qui suivent notre engagement, le « boss » ne tiendra pas ses promesses, ne nous payant pas et ne nous obtenant pas le permis de travail sollicité au départ. Comme quoi, des gens malhonnêtes et irrespectueux, il y en a partout !

Nous quitterons là, les îles caraïbes, sans qu’elles nous laissent un souvenir mémorable. C’est beau oui, nous avons eu beaucoup de plaisir à les découvrir que ce soit lors de nos expéditions terrestres ou lors de nos navigations, mais - à notre goût – il y a un peu trop de navigateurs qui ont perdu l’esprit marin.

Après bien des hésitations, nous nous rendrons au Vénézuéla ou nous y passerons plus de 8 mois. Là aussi nouvelles découvertes une nouvelle culture, une nouvelle langue. Pas très rassurés au départ, nous commencerons notre périple en naviguant à plusieurs bateaux par Los Testigos, puis Margarita et La Blanquilla. Ensuite nous descendrons sur la côte même en passant plus de 3 mois dans le golfe de Cariaco visitant en autres ses magnifiques Laguna Chica et Laguna Grande qui débordent d’oiseaux. Les groupes de bateaux se font et se défont, chacun reprenant sa route, son itinéraire. A Cumana nous délaisserons New Life pour chausser baskets, sac à dos pour nous rendre dans les Andes. Un superbe séjour dans les montagnes fera découvrir à notre petit mousse les joies de monter à cheval et à dos d’âne. Nous reviendrons enchantés de cette escapade terrestre. Quelques semaines plus tard nous quitterons à nouveau le bateau mais pour rentrer en Suisse afin de passer les fêtes de fin d’année en famille.

Malgré tout ce que « radio-ponton » diffuse, nous ne rencontrerons aucun souci au Vénézuéla, bien au contraire. Il ne faut pas nier que certaines agressions ont lieu et qu’il faut rester vigilent, certains navigateurs ont été moins chanceux que nous et en ont été victimes. Nous avons peut-être eu de la chance ou notre « petit-bout » est un véritable passeport voyage. On n’en sait rien, toutes les hypothèses sont permises.

En janvier 2007, nous réintégrons le bord et continuerons notre périple vénézuélien, en passant notamment par Puerto La Cruz, La Tortuga, Los Roques et Los Aves, etc. Dorénavant et à partir de janvier, vous pourrez lire en détail nos aventures sur les lettres publiées dans le blog.

Bonne lecture et meilleures pensées à tous.

Patricia, Thierry et Marvin

samedi, 23 juin 2007

lettre de juin 2007

Salut à tous,

Comme je le disais le mois précédent, nous décidons d’étendre - non sans peine d’ailleurs - notre séjour à Curaçao. L’administration et la bureaucratie sont les mêmes partout; désordonnées, lentes, avec des employés incompétents et qui plus est adorent faire attendre le « blanc » dans ses démarches en lui faisant bien sentir que le pouvoir est de leur côté maintenant. Je n’aime pas parler ainsi, mais malheureusement je ne peux que le constater.

Cela fait plus de 2 semaines que je cours d’un bureau à l’autre, faisant la queue pendant des heures en attendant un numéro que je n’obtiendrai pas pour remplir des formulaires, qui ne sont jamais les bons et toujours insuffisants. Le 13 juin – jour précédant la date limite de notre séjour autorisé - on me rend nos passeports en me disant que : le délai pour la prolongation est trop court maintenant, il vous faut aller au le bureau du gouverneur, qui se situe de l’autre côté de la ville. Je me fâche tout rouge et demande si c’est une plaisanterie, cela fait bientôt 15 jours que j’ai entrepris les démarches. Non, c’est la vérité, il vous faut aller voir le bureau du gouverneur, on ne peut plus rien faire pour vous. J’en reste la bouche ouverte. Heureusement que Marvin et Thierry sont restés au bateau. Je me déplace donc dans la foulée au dit bureau et je recommence toutes les démarches… avec le sourire ! En fin de semaine, sans nouvelles de leur part, je leur téléphone et on me dit : veuillez passer lundi pour remplir encore des formulaires. Je pends mon mal en patience et y retourne. A mon arrivée on me donne 4 formulaires à remplir, je demande pour qui est le 4ème puisque nous sommes 3. Ah c’est une erreur….. Patience, patience… une fois remplis les formulaires on me fait payer 15 nafl (env. 9US$) pour les estampilles. Tiens, tiens vais-je aboutir à une fin heureuse ? Rappelez vendredi, on vous donnera un numéro. Avec ce dernier vous retournerez au bureau de l’immigration de la poste pour obtenir votre prolongation d’un mois. Non non non, je vous demande une extension de 3 mois et non d’un mois. Ah, où avez-vous demandé 3 mois Maaadaaame ? Mais dans ma lettre si vous preniez la peine de la lire ! Alors rappelez vendredi et vous obtiendrez 3 mois….

Entre temps, les pâles de notre éolienne sont arrivées. 7 jours de l’Angleterre à Curaçao, mais 7 jours supplémentaires pour nous être livrées, ceci après plusieurs appels téléphoniques bien sûr. Incroyable mais vrai.


Quant à nos voiles (génois et trinquette) elles ont été raccourcies et modifiées, avec les années elles s’étaient détendues et la toile de protection UV était déchirée. En attendant la fin des démarches administratives autant profiter de l’escale pour faire ce genre de réparations.

Le mercredi, jour de location de la voiture, nous visitons l’île avant de déposer Marvin à l’école pour une heure. La séparation est toujours difficile, mais j’apprends de la maîtresse que notre petit moussaillon se gêne moins et commence à dire quelques mots en anglais à ses copains de cours, qu’il participe plus en classe, ce qui est une bonne chose. Malheureusement les vacances d’été approchent, il ne reste plus qu’un seul cours. L’expérience aura tout de même été positive, nous la renouvellerons.
Avec l’été c’est la saison cyclonique qui commence (officiellement du 16 mai au 30 novembre). Nous devons donc doubler de vigilance par rapport aux prévisions météo, aux dépressions qui traversent l’Atlantique, suivre leur trajectoire afin d’avoir le temps de se mettre à l’abri et d’assurer le bateau (doubler l’ancrage ou le mettre dans la mangrove) au cas où une de ces petites bêtes décidait de se diriger par ici. Curaçao n’a été que très rarement touché par ce genre de phénomène, mais comme on ne peut plus s’appuyer sur les statistiques, vaut mieux rester attentif. Internet à bord grâce au wifi simplifie la vie et nous permet de suivre cela de près pour une poignée de dollars.

En l’espace de 15 minutes, les deux photos qui suivent, vous donneront une idée du changement de décors que nous avons subi au mouillage lors du passage d’un coup de vent, non annoncé :




En effet ce jour-là, il faisait une chaleur terrible, on profitait de la baignade. Tout à coup le ciel s’est assombri, le vent est monté gentiment et le temps de se sécher, de fermer le bateau, de remonter le moteur de l’annexe, de contrôler l’ancre, 47 nœuds de vent (88km/h) s’est abattu sur Spanish water, avec des accélérations à plus de 50 nœuds. Nous avons lancé le moteur afin de soulager l’ancre et éviter de déraper. A l’extérieur du mouillage, derrière la péninsule on entendait la mer gronder tel un tonnerre. Une heure après le passage de ce front, c’était le calme le plus total.

A part ça, nous avons fait l’acquisition d’une nouvelle annexe, fond en dur, avec des boudins plus gros, ce qui fait que nous ne sommes plus complètement trempés lorsque nous nous rendons à quelque part et qu’un léger clapot s’est levé. Marvin en profite pour se faire tirer à l’arrière avec sa planche. Une vraie partie de rigolade avec papa.




Quant à moi j’ai cassé ma tirelire pour m’acheter une machine à laver. Fini de frotter la lessive à la main. Avec cette machine hyper moderne il suffit d’y mettre de l’eau et du produit de lessive, de la faire chauffer au soleil avec le linge sale durant une ou deux heures en secouant de temps en temps, dès que le couvercle gonfle, faire le vide d’air. Ensuite rincer, la lessive est propre. Le secret ? C’est le vacuum. Il fallait y penser.



Maintenant que nous avons un peu de temps, nous en profitons pour visiter l’île qui est très différente d’un bout à l’autre. Beaucoup de cactus dans l’ouest et sur la côte au vent qui est très découpée. Quant à la côte sous le vent, c’est de belles plages aux eaux cristallines qui s’offrent à nous, avec une végétation très verdoyante. Avec la pluie qui accompagne la saison cyclonique, les flamboyants, les frangipaniers, les bougainvilliers se disputent les couleurs les plus chatoyantes et embaument l'île. En quelques jours le décors a complètement changé, c’est un vrai régal.




La capitale Willenstad, déborde toujours d’activités avec ses boutiques de luxe, ses petits bistrots, son marché flottant - où l’on peut acheter fruits, légumes et poissons du Vénézuéla - ses étales colorés dans les rues qui s’animent à chaque passage de Cruising Liner.






Le pont ouvrant - le plus long et le plus vieux en service au monde - quant à lui laisse passer cargos et tanker pour le ravitaillement en brut du Vénézuéla qui est raffiné à Curaçao, au cœur même de la ville.












Bonjour donc la pollution pour les autochtones qui habitent sous le vent des raffineries (journal officiel 40 décès par an dû à la pollution, sans parler des infections pulmonaires et autres maladies). Comme par enchantement, les belles maisons se situent à l’est de la raffinerie, ceux qui ont moins d’argent, vous l’aurez compris, sont sous le vent des usines et subissent 24h/24h les retombées de sulfure des nuages acides !








Avant de terminer le petit message du mois, je reviens au paragraphe « immigration » vendredi donc et comme demandé j’appelle pour obtenir le fameux numéro tant attendu afin de pouvoir étendre notre séjour ; nous ne l’avons toujours pas Maaadaaaame, il vous faut encore attendre. On vous rappellera dès que possible. Alors nous attendons… ne vous pressez surtout pas ! La suite au prochain épisode.










Avec nos meilleures pensées à tous. Les New Life en balade