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samedi, 24 octobre 2009

Curaçao, le 24 octobre 2009

Salut à tous,

Les volontaires s’occupant de Sully le globicéphale (pilot whale) échoué le 14 juillet dernier s’épuisant après plus de 3 mois, 24h/24h, de « baby sitting » ont lancé un appel au secours afin de trouver d’autres bénévoles désireux de leur donner un coup de main. Nous avons répondu présents, Marvin et moi, comme beaucoup de yachties, en consacrant selon nos disponibilités quelques heures à ce gros bébé de 400 kg.



Tout en faisant du « baby-sitting » auprès de Sully, nous améliorons nos connaissances sur ces gros mammifères. Les femelles ont un petit tous les 3 ans. Leur durée de gestation varie entre 13 et 15 mois. Le nouveau-né quant à lui mesure entre 1.30m.et 1.40m. Les globicéphales se nourrissent essentiellement de calamars, mais ne dédaignent par les poissons. Heureusement que le poisson fait partie de leur menu, sinon Georges et son équipe auraient été bien empruntés pour nourrir Sully. Il faut savoir qu’un adulte ingurgite entre 20 et 45 kg de nourriture par jour.



L’espèce est grégaire et les globicéphales tropicaux vivent en groupes familiaux très stables qui comptent généralement entre 20 et 50 individus. Les structures des groupes semblent très militarisées. Ce cétacé s’approche des navires à l’occasion et parfois des nageurs. Comme les dauphins, les globicéphales peuvent se projeter hors de l’eau et se déplacer par bonds successifs. Il fait surface toutes les 1 à 2 minutes pour respirer. Il lui arrive de demeurer immobile à la surface de l’eau pour se reposer. Il est capable de rester en immersion plus d’une heure et de plonger jusqu’à 600m. Sa vitesse de nage est de 2 à 4 nœuds, mais s’il est effrayé il peut pousser des pointes jusqu’à 25 nœuds.

Georges entraîne Sully tous les matins à suivre son bateau au large afin qu’il retrouve la force nécessaire pour que, le moment venu, il puisse suivre ses congénères. Tout le monde est à l’affût, et vendredi dernier on y a tous cru ; un groupe de globicéphales avait été repérés par des pêcheurs qui ont reporté l’information aux Coast Guard, mis sur pied également.
Malheureusement ces derniers n’ont pas relocalisé le groupe et Sully n’a pu être libéré. Ce qu’il faut savoir c’est que ce pauvre « gros bébé » ne pourrait pas survivre seul, sans l’appui d’un groupe qui l’adopterait et avec lequel il pourrait apprendre à chasser pour se nourrir et vivre sa vraie vie de globicéphale. De plus, Sully est incapable aujourd’hui de capter la fréquence sur laquelle les autres cétacés émettent leur son afin de se retrouver entre eux. Il a donc besoin de l’aide d’humains et c’est l’unique raison pour laquelle il est encore parmi nous.

Pendant que Jonnie et moi sommes autour de Sully, …



…Marvin et ses copains de Pickles s’en donnent à cœur joie au parc aquatique, ne venant nous trouver que pour les en-cas. La baleine c’est sympa un moment, mais bon, les potes et les jeux c’est encore mieux, même si parfois on se rate au toboggan et qu’on perd une dent.


Après cette aventure "dent perdue", le souci de notre moussaillon c’est que la dent a été avalée. Comment faire pour que la souris amène tout de même un cadeau ? Je n’ai même plus de dent à lui mettre sous l’oreiller et ça c’est prie que tout ! Me dit-il.

Effectivement c’est un problème, il va falloir trouver une solution. Le lendemain, je profite de la leçon de français en suggérant à Marvin d’écrire un mot à cette souris, de lui expliquer ce qui s’est passé, ensuite on verra bien ce qu’elle décidera.

A 0600 le surlendemain, branle-bas de combat. Maman, maman, réveille-toi, regarde, j’ai un cadeau de la souris et un petit message de sa part. Elle m’a amené le livre de Moby Dick la baleine en m’écrivant qu’elle prendrait ma prochaine dent et qu’il ne fallait pas m’en faire. C’est génial.

A peine une demi-heure plus tard, c’est Peter (Limin Lady) notre voisin qui vient taper à la coque. Il a besoin de Thierry au plus vite ! Le Jonalisa, le bateau avec lequel il fait du charter à la journée sur Klein Curaçao est immobilisé depuis une semaine sur le chantier à Curaçao Marine pour maintenance et entretien. Tout ce qu’il y a de plus normal jusqu’à présent. Un de leur gouvernail était cassé depuis quelques mois déjà. Ils ont profité de la mise à terre du bateau pour demander au chantier de le réparer. Le chantier a accepté le travail mais voilà que deux jours avant la mise à l’eau du bateau, le gars qui devait faire le boulot leur dit : « Sorry, I’m going on holiday and I’will not do the job » (désolé je pars en vacances, et je ne ferai pas le travail) !

A une heure aussi matinale Thierry est encore dans les bras de Morphée. Je demande à Peter de repasser un peu plus tard, je vais voir ce que je peux faire en réveillant le capitaine avec un bon café. Il sait Thierry bien occupé sur le Science Mari en ce moment, mais il ne voit pas à qui, il pourrait faire appel, dans l’urgence.

Deux jours et demi pour faire un gouvernail, c’est court, mais Thierry va faire son possible. Il en parle au capitaine du Science Mari qui comprend cet impératif. Il lui propose même de le fixer à bord de son bateau, où il y a plus d’espace. Les Vrais Marins se comprennent.

Cela arrangé, on part directement avec Peter au chantier pour récupérer le gouvernail. Pas de chance, il manque 20 cm pour sortir la mèche. Le chantier qui est soi-disant trop occupé refuse une manutention de grue. Bien entendu cela après les « mots » que le capitaine du Jonalisa a eus avec eux suite à leur refus de dernière minute ! Peter, son équipe et Thierry tentent de trouver une solution, mais il serait trop risqué de lever le bateau avec des vérins, il pèse 25 tonnes.



Il faut attendre le grutage de sa mise à l’eau - programmé à vendredi - pour que le fameux gouvernail soit récupéré ! Le hic c’est que le bateau a un charter avec plus de 70 personnes à son bord dimanche. La réparation est impossible à réaliser dans un laps de temps si court. Le chantier n’en a rien à « foutre » (désolée pour l’expression). Curaçao Marine ne le mettra pas à l’eau avant vendredi au milieu de l’après-midi. Sympa, merci les gars pour votre coopération !

Pour que Thierry puisse faire le travail, Peter prend la décision d’aller dimanche à Klein avec un seul gouvernail. C’est risqué, mais ça devrait le faire.



Ce bateau fait 4 fois par semaine le trajet sur Klein. Thierry travaille d’arrache pied afin de ne pas tenter le diable car entre Curaçao et Klein la mer est houleuse et forte, la navigation se fait contre courant et vent. Qui plus est avec autant de passagers à bord, on ne voudrait pas qu’il leur arrive quelque chose avec le seul gouvernail restant.

Week-end mouvementé pour Thierry qui travaille même dimanche. Relax pour Marvin qui en profite pour inviter son ami Loïc.



Nous avions rencontré Loïc et ses parents sur Reine Marguerite, à Chipiona, l’année de notre départ. Grâce à l’informatique, nous avions gardé le contact sans que nos routes ne se croisent toutefois. Les voilà aujourd’hui à Spanish Water pour quelques semaines. Loïc qui avait 4 ans alors, en a maintenant 11. C’est un passionné d’optimiste. Marvin qui n’était qu’un bébé à l’époque n’en garde aucun souvenir, mais aujourd’hui, il écoute son copain et suit ses conseils à la lettre car les infos qu’il lui donne pour l’optimiste sont de premier ordre. Il les appliquera lors des prochaines leçons.

C’est incroyable les différentes personnes que l’on peut croiser sur l’eau et la disponibilité de certaines d’entre elles. Si un jour, vous voyez au mouillage le Mariposa, battant pavillon allemand,…



… n’hésitez pas d’aller faire un brin de causette avec son capitaine, le Dr Michael Leppert, qui a vendu sa clinique en Allemagne, il y a trois ans. Depuis Michael navigue avec son épouse sur un cata de 50 pieds, équipé entre autre d’une salle de radiographie. Son bateau peut être opérationnel en 20 minutes pour une intervention chirurgicale. La chaise du barreur n’est rien d’autre qu’une chaise de dentiste, inclinable et réglable à souhait.

Michael soigne, opère et guéri tout au long de sa route. Une de ses spécialités et croyez-moi il en a d’autres, le bec de lièvre chez les enfants. Michael intervient gratuitement. Il me disait que le seul regard des parents lorsque l’enfant pouvait parler normalement était largement suffisant et compensait tout salaire. Il a déjà opéré plus de 52 enfants nécessiteux durant son voyage. Michael est définitivement une personne à rencontrer.

Cette semaine nous allons devenir terriens. Nos amis Brigitte, Roland et les enfants partent en vacances. Ils nous confient leur maison, ainsi que Floyd, leur petit chien qu’ils ne peuvent embarquer avec eux. Nous délaissons donc Sully pour le toutou.

Floyd un peu timide au début a vite pris confiance. Marvin qui désire tant avoir un chien veut s’en occuper à 100%. Au bout de quelques jours, ils deviendront de bons amis, Marvin bougeant à peine le petit doigt que Floyd est près de la porte pour la balade ou assis vers sa gamelle attendant sa pitance.



Lorsque Sacha, le chien du voisin vient lui rendre visite, c’est une belle partie de jeu qui s’engage et mieux vaut ne pas se trouver sur leur passage lorsqu’ils entament un sprint.



On n’a pas l’habitude d’être à terre. Je fais les cent pas entre la cuisine et la terrasse lorsque nous passons à table, il manque toujours quelque chose.



La première nuit on trouve le quartier bruyant avec les chiens qui se passent le mot pour hurler de concert toute la nuit. Les hifis qui diffusent de la musique jusqu’à point d’heure. Le lit ne bouge pas, le bercement du bateau nous manque. Je cherche mes marquent, mes pieds se mettent à pomper pour obtenir de l’eau courante alors qu’il suffit d’actionner un robinet. Je tourne un interrupteur, espérant avoir de la lumière, voilà que c’est un ventilateur qui se met en route. Marvin tombe de lit en cherchant à se caler. On a de la peine à trouver le sommeil.

Mais au matin, on se réveille avec le chant des oiseaux. Floyd nous fait la fête. On prend le petit-déj. en terrasse après avoir promené le chien. La machine nous fait un bon café mousseux, le mixer un excellent jus de mangues avec des fruits juste tombés de l’arbre.



Thierry part au boulot, il rentrera pour midi. L’école se fait sur la terrasse où chaque lézard qui passe, chaque oiseau qui vole est une excuse pour lever la tête des cahiers. Floyd au pied de Marvin se fera lui aussi un plaisir de le distraire. En fin de matinée, je me retrouve avec du temps devant moi car pendant que j’officiais avec Marvin, la machine à laver le linge faisait mon boulot. Je peux feuilleter, les pieds en éventail quelques magazines en attendant Thierry.

L’après-midi retour sur New Life pour quelques heures afin de parer au quotidien, faire tourner le désalinisateur et se baigner. En fin de journée lorsque Thierry a terminé son travail, c’est le retour à la maison, promenade du chien et - ce que nous avons le plus apprécié je crois - une douche à grande eau. C’est fou comme ces petits rien prennent des allures de grand luxe tout-à-coup.

Apéro, souper, puis au moment de mettre notre moussaillon au lit…,



…Thierry nous quitte pour dormir à bord, n’étant pas tranquille de laisser le bateau seul au mouillage toutes les nuits. Bien lui a pris, car un soir, s’il n’était pas rentré, je pense qu’on aurait eu de la visite à bord. On vous donnera les détails de cette affaire - qu’il nous faut digérer avant - dans la prochaine publication.

Une dernière machine, une bonne grosse douche avant de partager une bière avec Brigitte et Roland reprenant possession de leur bien à la fin de leurs vacances. Floyd quant à lui sera un peu emprunté, faut-il nous suivre ou rester à la maison avec ses maîtres ?

Avec nos meilleures pensées
Les New Life en balade

lundi, 21 septembre 2009

Curaçao, le 20 septembre 2009

Salut à tous,

Désolée pour ceux qui attendaient de nos nouvelles plus tôt. Tout arrive à qui sait attendre.
Voilà je vous avais quitté avec Bill, qui heureusement a décidé de poursuivre sa route au large sans ennuyer les îles, c’est toujours un soulagement que de voir la trajectoire d’un cyclone changer. Claudette, Danny, Erika, Fred ont suivis, ainsi que des dépressions tropicales. Il y en aura d’autres, c’est la saison ! Aujourd’hui grâce à l’informatique et à l’électronique que le navigateur moderne dispose, il peut éviter ces phénomènes, planifier sa route en conséquence, se mettre à l’abri si nécessaire, etc. Il est bon parfois de se remémorer les temps anciens où tout cela n’existait pas. On est persuadé qu’à l’époque l’esprit marin était tout autre que ce qu’il est de nos jours où tout doit passer d’abord par la case «payer » et où les nouveaux marins sont considérés comme des « banques en puissance ».

Qu’il y ait un service ou pas, des facilités ou non à disposition, on nous attend au tournant pour un oui ou pour un non le porte-monnaie doit être ouvert ! Pire encore, lorsqu’il s’agit d’aider ou de rendre service à quelqu’un, boof, il n’y a pas foule au portillon puisqu’il n’y a aucun intérêt à en retirer. Ça en devient désolant !



Parlant argent, je vous avais dit dans ma précédente information que le chantier de Curaçao Marine avait augmenté ses prix de plus de 30 %. Je suis en mesure aujourd’hui de vous les communiquer. Accrochez-vous !

Sortie et mise à l’eau :
jusqu’à 39 pieds : 6US$/pied
de 40 à 49 pieds : 7US$/pied
de 50 pieds à + : 8US$/pied
Câlage (minimum 40 pieds) 1US$/pied
Entreposage par jour: 0.40US$/pied
Entreposage à long terme : 0.35US$/pied
Electricité :110/220 V : 0.80US$/KWH
Eau : 0.04US$ /Litre

Quant à la touche finale, qu’il ne faudra pas oublier d’additionner à votre devis, c’est :

Vie à bord : 4US$/par jour / par bateau

Si vous décidez de suer en faisant vos travaux vous-mêmes sur votre bateau vous serez pénalisés de 2 US$/pied à la fin de vos « vacances » au chantier ! Encore heureux que ce prix n’est pas par jour ! Voici leurs coordonnées si vous souhaitez vous faire arnaquer en sortant votre bateau chez eux.

Website curacaomarine: http://www.curacaomarine.com/
e-mail adresse : curacaomarine@intermeeds.net
tél. +(5999) 4658936

L’autre chantier de Curaçao, Opus Marine est fonctionnel à vos risques à périls. Quant aux autres renseignements pratiques sur l’île, je vous laisse lire l’article paru le 21 août 2009 concernant leur mise à jour.

Le 23 août, les cours CNED sont enfin arrivés. Marvin est du coup moins joyeux puisqu’il faudra recommencer l’école. Avant tout, mettons la main sur le paquet, aucune adresse postale n’étant précisée que le formulaire de retrait. Brigitte propose de m’emmener en voiture dans les différentes postes de l’île (il y en a 3), car elle n’est pas certaine qu’on trouve le carton du premier coup. On se dirige vers le grand centre de tri où les paquets internationaux arrivent. Raté, il n’est pas là. Il se trouve à Paseata nous dit-on. Le problème c’est que Paseata, personne n’en a entendu parler. Finalement on trouve une personne qui nous dit que Paseata est un centre commercial et qu’il devrait y avoir un bureau de poste, c’est à Santa-Rosa. Après 45 min. de queue dans cette minuscule poste, nous récupérons enfin le paquet. Ne serait-il pas plus simple de mettre l’adresse de la poste à Santa-Rosa que le nom d’un centre commercial dont personne n’a jamais entendu qu’il existait ?



S’il y a des retrouvailles qui nous font plaisir, il y en a d’autres qui nous tiennent particulièrement à cœur. C’est non sans émotion que nous avons vu arriver au mouillage de Spanish water Samsara,




à son bord notre ami argentin Eduardo Klenk (vous trouverez toute l’histoire d’Eduardo dans le blog, septembre 2007).




Depuis qu’il peut naviguer à nouveau, Eduardo, 73 ans, ne tient plus en place, il aligne les miles ; Trinidad, Guadeloupe, Les Saintes, Grenade, Margarita, Curaçao. Il se déplace au rythme des saisons en vendant ses belles peintures qui lui permettent de vivre et de voyager en appréciant la vie à sa juste valeur. Vous imaginez bien que pour ces retrouvailles, il faudra plus d’une soirée pour épuiser nos récits réciproques.

Pendant que Thierry et Marvin s’occupent à la décoration du wake board,…



je couds des housses de jerrican d’essence pour un voisin.

Le boulot commence gentiment, nous sommes seulement fin août et il y a encore peu de monde au mouillage.

Afin de nous remercier d’un petit service rendu, Ono sur Sogno d’Azul nous invite pour une journée baignade/barbecue à Fuik Baai. Peter et Trudy que nous avons retrouvé aussi avec plaisir nous accompagnent pour cette joyeuse journée. Il y a deux ans Thierry avant fabriqué en époxy les réservoirs d’eau d’Aguilla, leur bateau. Ça nous fait plaisir d’entendre qu’ils en sont toujours satisfaits. Nous sachant de retour, ils feront passer le mot quant à la qualité du travail de mon capitaine.



Nous apprenons qu’il y a une baleine pilote « pilot whale » qui s’est échouée il y a deux mois sur la plage du Zanzibar, Jan Thiel Resort. Cette baleine était paraît-il dans un état lamentable lorsqu’elle a été récupérée. Un abri de fortune avec pontons flottants et filets a été construit sur la plage de cet hôtel afin de lui sauver la vie, de la nourrir, de la soigner, pour qu’elle retrouve une bonne condition physique et qu’elle puisse rejoindre ses congénères en toute liberté.

C’est une excellente occasion d’aller se dégourdir les jambes, malgré la chaleur, en allant rendre visite à Sully,…



… cette baleine mâle de 3 ans qui, comme je l’ai dit est arrivée en très mauvaise posture. Georges du Dolphin Academy Center, ainsi qu’un groupe de volontaires, se relaient plusieurs fois par jour pour lui apporter les soins nécessaires, notamment le gratter afin d’éviter qu’une trop grande quantité de coquillages ne s’accrochent à sa peau. Tôt le matin, lorsque la plage du Zanzibar est déserte, Georges ouvre l’enclos de fortune, habitue Sully à suivre son bateau dans la baie, pour qu’il puisse d’une part avoir de l’exercice et d’autre part pour qu’il soit en mesure de l’emmener au large rejoindre les siens lorsqu’un groupe de pilot whales sera repéré par les Coast guards lors de leur prochaine migration. On espère tous que Sully retrouvera rapidement le grand large.



Comme nous sommes sur la plage du Zanzibar, Marvin profite du mini parc aquatique faisant des expériences en ouvrant et fermant des vannes d’eau apprenant par la même occasion le système des vases communicantes. Quel plaisir de se prendre un baquet d’eau sur la tête, lorsque les vannes inférieures sont fermées.




Le Curaçao cruisers net est toujours en fonction le matin sur canal VHF 72 à 0745. Je reprends du service le samedi, jour où pour nous l’école commence un peu plus tard. Martin et Pim se chargent de la météo, Pam, Babette se partagent les autres jours de la semaine. Comme nous resterons à Curaçao quelques mois, il est sympa de participer aux activités locales en donnant un petit coup de main.

Thierry vient de décrocher un gros boulot. La création d’un énorme bac en époxy pour les eaux noires sur un bateau scientifique ancré non loin de nous. Je dis énorme car il utilise plus t'un gallon d'époxy par jour. L’équipe est très sympa et il travaille dans la bonne humeur générale. Une fois que le bac sera terminé, le capitaine du Science Mari a trouvé une autre occupation pour Thierry ; la création de capots en bois et époxy sur le pont afin d’aérer au mieux les cabines de l’avant.




Deux autres bateaux où des devis ont été établis attendent la visite de Thierry maintenant. Premier sur la liste, premier servi, mais vu comme c’est parti, le capitaine du Science Mari n’est pas prêt de se séparer de Thierry.

A la radio ce matin une annonce concernant une journée portes ouvertes au Curaçao Dolphin Therapy Center (CDTC). C’est une occasion unique pour nous que de pouvoir assister au travail entrepris par ce centre afin d’améliorer, avec l’aide de dauphins, le bien-être d’enfants ou de jeunes handicapés. Ce matin nous courberons le CNED pour une autre école.

http://www.curacaodolphintherapy.com/

Un petit film d’une vingtaine de minutes nous présente les activités du centre, notamment les diverses thérapies dans lesquelles l'interaction avec des dauphins particulièrement formés est un élément essentiel. Combinées avec des séances de physiothérapie, d’orthophonie et d’ergothérapie, ces thérapies permettent une amélioration de plus 80% de la vie d’enfants handicapés.

Lorsque les lumières de la salle se rallument, il faudra un petit moment – tant l’émotion était grande – pour que les premières questions soient posées à Markus, le thérapeute fondateur du centre.

Markus, nous entraînera ensuite dans les salles de soins nous présentant le matériel adéquat avant de nous emmener le long des bassins où des enfants sont actuellement en thérapie. Quelle image magnifique que de voir cet enfant de 6 ans, ne pouvant maîtriser ses gestes, arriver à prendre des nageoires d’un dauphin une balle que ce dernier lui présente. Dans chaque bassin, il y a un thérapeute, le dresseur du dauphin et l’enfant. Parfois les parents rejoignent le groupe afin que tous contribuent, dans un climat de plaisir et de jeu, au bien-être de leur enfant.

Le programme CDTC comprend 10 jours durant lesquels un enfant a une session de thérapie de 2 heures par jour. Les familles sont entourées et encadrées, toujours dans cet esprit d’amélioration des aptitudes de l’enfant qu’il soit handicapé mental, physique ou psychique. Tous font un travail extraordinaire, c’est certain. Cette journée ne nous laissera pas indifférents.

Ce genre de thérapie coûte cher et je trouve déplorable, voire scandaleux que les assurances ne remboursent pas les traitements, n’aident les familles, ni ne subventionnent ces centres de soins. Une participation de leur part permettrait de diminuer sensiblement le coût des thérapies les rendant plus accessibles aux familles dans le besoin. Les résultats sont pourtant là : plus de 80 % d’amélioration sur l’état physique des patients.

Après cette journée remplie d’émotion, les pirouettes des dauphins, les clowneries des otaries du Seaquarium, juste à côté, nous paraîtront bien fades.




En rentrant au bateau Marvin nous bombarde de questions. Nous n’avons pas perdu notre temps aujourd’hui et je pense que l’école de la vie c’est aussi d’apprendre qu’il y a des enfants différents, moins chanceux, qu’il ne faut en tout cas pas exclurent.

Dimanche dernier, le jeune équipage de Pickles était sur New life pour une belle partie de rigolade. Des pirates de toute part ont attaqué Peter Pan et Capitaine Crochet. Lorsque cette joyeuse équipe se retrouve sur un bateau ou sur un autre, autant dire que les voisins posent leur bouquin et suivent les va-et-vient du pont supérieur, les pirouettes au bout des drisses, les plongeons ou autres inventions, leur quiétude étant quelque peu dérangée.





Un cours d’optimistes commence pour les enfants à l’Asiento. Nous demandons à Marvin si ça l’intéresse. Une semaine d’attente avant le premier cours,… c’est long,… mais la patience sera récompensée. Rosalie et Yoop donnent aux moussaillons les explications de base et c’est parti, chacun troquant son titre de "mousse" pour celui de "capitaine".




Quelques abordages entre les bateaux au départ, un ou deux coups de bôme sur le front leur fait comprendre la direction du vent, on tire sur l’écoute pour border, on largue lorsqu’on gîte trop afin de redresser l’optimiste, on s’assied au vent sinon on chavire,…c’est le début.




A la fin de la première leçon, Marvin sera en larmes. Le bateau ne veut pas faire ce que je veux, aller là où je le souhaite ! Comme je suis sur le ponton à prendre des photos, il se vexe et abandonne son optimiste pour venir me pleurer dans le gilet. Rosalie le prend à part et lui dit que c’est un « capitaine » de bateau, qu’on ne l’abandonne pas de la sorte pour aller se plaindre vers sa maman. C’est nul, je ne veux plus continuer, ni revenir samedi prochain !

Quand les autres petits « navigateurs en herbe » reviennent, Rosalie arrive à persuader Marvin qu’il fait partie d’une équipe maintenant, qu’il faut abandonner sa maman mais non son bateau et qu’il doit participer au rinçage, au rangement des bateaux et aider ses petits camarades. Un briefing en fin de cours lui permettra de comprendre que tout n’est pas si simple sur un bateau, qu’il faut de la patiente et que tout s’apprends avec le temps.

Après un « give me five » avec Rosalie et Yoop, Marvin promet d’être présent samedi prochain pour le second cours. Yeah !


Avec nos meilleures pensées
Les New Life en balade

dimanche, 30 septembre 2007

lettre du 30.09.07

Salut à tous,

Beaucoup de bateaux arrivent en ce moment à Curaçao et le mouillage de Spanish water devient quelque peu encombré. Pour nous c’est le moment de bouger un peu, et de prendre l’air du large et surtout de retrouver une vie de famille normale. La fin du mois de septembre approchant, c’est un peu ce que nous avions planifié en continuant notre route vers l’ouest.

Ces dernières semaines Thierry s’est occupé de terminer tous les travaux qu’il avait entrepris. Peter est enchanté de son réservoir d’eau de 400 litres construit en époxy à même la quille. La tête en bas par une chaleur variant entre 35° et 40° à l’intérieur du bateau, je vous laisse imaginer, c’est certain Thierry n’a pas pris un gramme en effectuant ce travail.

Le catamaran de Reiner quant à lui, a retrouvé de sa solidité et les coffres avant ne prendront désormais plus l’eau.




Quant au coffre contenant le groupe électrogène et des bouteilles de gaz, du catamaran de Robert, il est maintenant séparé et ventilé. Plus de risque d’explosion en vue.
Je vous passe les détails de tous ce qui Thierry a fait durant notre long séjour à Spanish water, mais des vacances il en mérite et ça va nous faire un bien fou de bouger un peu afin de découvrir d’autres endroits et de rencontrer d’autres personnes.

Nous amis José et Fanfan sont arrivés avec un jour d’avance le 19 alors qu’on les attendait 20 ! Ils devaient être pressés de retrouver Amuitz. Ils nous ont ramené des cadeaux de France dont un bon morceau de gruyère. On avait presque oublié le goût d’un bon fromage à pâte dur, car le gouda…. Boof boof et re-boof.. Il leur faudra quelques jours ou semaines pour préparer leur bateau et faire feu à leur tour. On se retrouvera plus loin, à Aruba ou sur la côte Colombienne. Vous pouvez suivre leurs aventures sur http://www.sextan.com/. Marvin quant à lui est tout content de sa nouvelle combinaison que José et Fanfan lui ont ramenée de France pour son anniversaire. Il se prend maintenant pour un vrai surfeur ou plongeur, c'est selon.



Le 27 septembre nous levons l’ancre et quittons nos amis et connaissances. Nous nous retrouverons avec certains un peu plus tard puisqu’ils font la même route, d’autres amitiés resteront gravées au fonds de nos cœurs, internet sera là pour rester en contact et qui sait recroiserons-nous l’étrave de leur bateau. Nous laisserons aussi derrière nous, sans regrets, d’autres navigateurs, qui ne valent même pas la peine d’être appelés de la sorte et que nous espérons ne jamais retrouver sur notre route, si peu intéressants sont-ils. S’ils lisent ces lignes, ils se reconnaîtront sans peine ! Une fois notre tension apaisée, nous écrirons un article sur cette nouvelle mentalité prétendue marine, qui malheureusement devient de plus en plus courante.

Nous sortons de Spanish water sous un gros grain, ce qui rend la passe délicate. Nous faisons demi-tour, le temps que le grain passe et nous nous lançons à nouveau quand un second grain nous tombe dessus au milieu de la passe et c’est le moteur à 3500 tours qui sera nécessaire pour faire face et sortir de là. Bien trempés, on avait oublié l’effet d’un coup d’adrénaline après 6 mois de sédentarité. Une fois dehors, les grains se succèdent, mais le plus dur est passé, puis le soleil réapparaît, la mer se calme, nous continuons donc notre route jusqu’à l’anse de Sta-Martha distante de 20 miles (position GPS 12°17’N – 69°07’75W). Nous sommes seuls et très heureux de mouiller dans un endroit tranquille, loin des histoires de pontons.



A peine arrivés, nous commençons le nettoyage de l’annexe qui s’était bien encrassée à Spanish water. Notre petit matelot et tout content de frotter à cul nu et d’aider maman. Le capitaine quant à lui assure le mouillage et prend du repos.



Pour nos 12 ans de mariage, farniente et playa sont au programme du week-end. Le centre de plongée Sunset Diving Center et Resort nous offre gentiment le wifi d’où je profite de publier ce message. Nous sommes chaleureusement invités ce soir à participer aux festivités données en l’honneur de l’anniversaire de la « Manager » du centre de plongée.



Quel souffle de grand air, d’espace et de bien-être !

Avant de vous quitter, je voudrais vous faire partager, juste pour le plaisir des yeux, quelques peintures d’Edouardo, qui a déjà retrouvé, grâce à la solidarité de chacun, une grand-voile, un génois, un enrouleur, un feu tricolore pour sa tête de mât et plein de petit matos. Il continue à chercher une bôme, d’une longueur de 3.80 m., faites donc passer le message et si quelqu’un peut mettre la main sur cette denrée rare, qu’il se dirige sur Curaçao, Edouardo est preneur. Contactez-le auparavant pour savoir ce dont il aurait encore besoin eksamsara@gmail.com. L’action de solidarité doit continuer malgré les routes de chacun et je ne peux que vous encourager à lui commander une peinture de votre bateau, un portrait ou autre. Il peint pour son plaisir et pour se faire un peu d’argent bien entendu, mais ces œuvres, vu leur qualité ne sont vraiment pas chères.






Comme nous avons fait notre clearence de sortie dans le courant de la semaine précédente, je pense que lundi nous quitterons Curaçao pour Aruba, île distante de 45 miles. Une belle navigation en perspective puisque les vents souffleront d’est-sud-est. C’est d’Aruba que je vous donnerai d’autres nouvelles.

Avec nos meilleures pensées à tous. Les New Life en balade