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dimanche, 18 janvier 2009

Deltaville-Beaufort par l'ICW, le 18 janvier 2009

Salut à tous,



Revenons pour quelques semaines en arrière. C’est parti, le 21 décembre pour New Life. Nous quittons Schroeder cet après-midi à marée haute, le chenal ne nous permettant pas de passer à un autre moment. Nous n’irons pas bien loin, seulement jusqu’à Jackson Creek à 5 miles d’où nous serons plus à l’aise pour quitter Deltaville au lever du jour le lendemain.

Nous amarrons New Life au ponton du Fisching bayYacht Club qui nous offre la nuit, ainsi que l’accès à leurs facilités, étant membres d’un autre yacht club. Dans la soirée le vent forcit, la météo annonce un avis de coup de vent valable jusqu’à lundi 13h00. A une autre période de l’année, aucun doute, nous restons à quai avec cette météo, mais Noël approche et nos amis de Shiver nous attendent à Norfolk. Ils ont aussi un petit matelot à bord. Nous pensons, tout comme eux, que d’attendre le Père Noël ensemble serait plus sympa pour les enfants.

Au lever du jour le vent s’en donne à cœur joie, il souffle en rafales à 40 nœuds. On n’hésite encore pour larguer les amarres. Nous laissons la VHF allumée afin de suivre l’évolution des prévisions, une légère amélioration est annoncée pour l’après-midi. Il nous faudrait une dizaine d’heures pour rallier Norfolk. Il est 10h00 du matin, en partant maintenant, on arriverait de nuit, c’est réalisable, faut-il encore vouloir se faire brasser. Le soleil est là, mais il fait un froid de canard. Les hublots intérieurs du bateaux sont gelés, à la poupe des glaçons pendent, les cordages sont cassant, il est impossible de les rouler.



Un simple regard avec le capitaine, on largue les amarres. On sait d’avance que Marvin - lorsque le temps lui paraîtra trop long ou trop froid à l’extérieur - ne demandera pas mieux que de se pelotonner sous son duvet en regardant un.DVD.



La navigation musclée au début se calme à partir de 15h00, la mer est gérable pour Bébek Tutu, le capitaine pouvant se relaxer un peu. On se réchauffe avec du thé ou du café, que l’on tient le plus longtemps possible entre les mains. Il ne faut pas longtemps à ce régime pour qu’une envie - qu’on refoule au plus profond de son esprit – apparaisse. Il faut bien éliminer ! Je vous laisse imaginer la gymnastique pour ôter les quatre couches et pour ses messieurs, de trouver «l’objet» du soulagement.

En arrivant à Norfolk à 21h00, un seul bateau au mouillage, Shiver. Je dois me cramponner pour atteindre l’ancre, le pont s’est transformé en une véritable patinoire. Une fois mouillé, la VHF crépite, c’est la voix de Red : Whaou you made it ! (vous l’avez fait !). Nice to see you (contents de vous voir). On se retrouvera demain pour déjeuner.

Les retrouvailles sont joyeuses pour Frédy et Marvin qui parlent déjà de la future visite du Père Noël et de ce qu’ils lui ont commandés. Nous décidons de passer Noël à Great Bridge. Entre l’écluse et le pont, il y a un quai où l’on peut rester gratuitement, les magasins sont à proximité, ainsi qu’un terrain de jeux pour les enfants. De plus, le Père Noël pourra aisément atterrir avec ses rennes.



Dans l’après-midi un troisième bateau passe l’écluse, Strider. A son bord un couple de sud-africains, Marguerite et Ferdi, ainsi que William, leur aide. Nous convenons avec Liz qu’il n’y a pas de raison qu’ils restent seuls le soir de Noël et nous les convions à notre petite fête. Nous étions un peu coincés à bord de New Life mais la soirée a été d’autant plus chaleureuse.



Avec Liz on s’est partagé les tâches : Liz et Red préparant la dinde, les petits légumes et le Xmas pudding. Je m’occupe de l’entrée : crevettes sur lit de salade, de l’accompagnement : gratin dauphinois, d’un flan caramel (le souhait de Marvin) et d’une tarte au citron (souhait du capitaine) pour le dessert. Quant au troisième bateau, comme ils n’avaient rien prévu, ils amènent le liquide.

Les enfants ont terminé la soirée devant un DVD se posant encore la question de savoir par où le Père Noël avait passé pour déposer les cadeaux. Les cheminées de Shiver et New Life sont bien trop étroites pour le laisser entrer, surtout s’il est américain !




L’étape suivante : Great Bridge – Coinjock, 43 miles. Nous ouvrons la route, Shiver et Strider ayant un grand tirant d’eau, nous sondons les endroits délicats. Juste avant d’entrer dans le canal à Coinjock, les fonds remontent sérieusement. Je leur indique en permanence la profondeur par VHF pendant que Thierry trouve le meilleur passage, ils suivent notre trajectoire. Tout à coup, Strider, on ne sait pour quelle raison, sort complètement de la route et s’échoue. Ferdi tente une marche arrière, plein gaz, c’est pire, il a une quille longue et s’enfonce plus. Nous faisons demi-tour, lui lançons un bout et commençons à tirer, reprenant la manœuvre plusieurs fois, Strider ne bouge pas d’un poil, le bateau est lourd, nous ne faisons pas le poids cette fois-ci. Impossible pour Shiver de donner un coup de main, Red, s’échouerait à son tour. Strider n’a pas l’assurance TowBoat US - Compagnie de remorquage qui, pour 116$ par année de prime, vient vous sortir de n’importe quel mauvais pas, amène les pièces détachées pour la réparation ou du diesel en cas de panne sèche; leur intervention étant gratuite pour autant que l’assurance soit souscrite - il ne sert à rien donc de les appeler pour les tirer de là, ça coûterait bonbon. Des pêcheurs locaux avec deux gros hors-bords de 70 CV à l’arrière de leur barque, offrent leur aide en tirant sur la drisse de spinnaker afin de faire basculer Strider sur babord et dégager la quille pendant que Ferdi actionne du moteur. Ils ont beaucoup de peine, nous proposons alors de tirer à l’arrière pendant qu’ils tirent sur le côté. Finalement Strider se bouge et sort de ce mauvais pas. Les pêcheurs s’en vont, un salut de la main, sans rien demander. On peut dire que Ferdi a eu beaucoup de chance de s’en tirer à si bon compte, car les pêcheurs étaient en droit de se faire payer pour leur intervention et lorsqu’on sait que ce montant pour aller jusqu’à la moitié de la valeur du bateau dépanné. Ferdi peut les remercier de leur esprit marin et leur doit une fière chandelle.

Une fois Strider, tiré d’affaire, nous continuons notre route et amarrons les trois bateaux devant Midway marina. Les vents tournant au sud pour le week-end nous empêcheront de continuer. Qu’à cela ne tienne ; Thierry s’affère à vidanger le nouvel inverseur, après 25 heures d’utilisation, comme le précise le manuel. Je m’occupe de la lessive pendant que les enfants se déguisent en pompier ou policier à tour de rôle.



A voir la tête de mon capitaine, je sens que quelque chose cloche. L’huile est pleine de particules métalliques, acier et cuivre. Les hommes en discutent et pensent qu’il y a des produits de conservation dans les inverseurs neufs, raison de l’opacité de l’huile, mais ce n’expliquerait toutefois pas les particules. Thierry pense au pire, d’autant plus que dès les premiers essais à Deltaville, il avait signalé un bruit inhabituel au mécano qui nous accompagnait. Ce dernier avait répondu qu’avec un nouvel inverseur, qui plus est d’une démultiplication différente, les bruits et les vibrations seraient autres. On devrait s’y faire apparemment et tout devrait rentrer dans l’ordre sous peu.

Thierry passe sa soirée la tête dans le moteur, contrôle tout ce qu’il peut et constate que le moteur est complètement désaligné. Le bruit viendrait-il de là ? Il en doute.

29 décembre, la météo annonce des vents de NW 5/10 nœuds. On largue les amarres pour l’étape suivante : Coinjock-Aligator River (40miles). Nous passons le pont et ancrons à Deep Creek pour passer la nuit au milieu de nulle part. Le coucher de soleil est splendide.


Le lendemain, dès le lever du jour, nous partons pour Belhaven (35miles).



Un besoin de produits frais se fait sentir sur les bateaux. Nous renouvelons donc - l’expédition de cet été - en allant faire notre shopping avec les voitures de golf de River Forest Marina.




Marguerite et Ferdi nous retournent l’invitation de Noël, la soirée du 31 se déroulera donc à bord de Strider. Ça c’est ce qui était prévu, sans compter les caprices de la météo, qui se transforme en « gale warning » Avis de coup de vent d’ouest avec des pointes allant jusqu’à 40 nœuds, tout est annulé. Chacun profitant du spectacle de son bord, ballottés, tiraillés et malmenés au mouillage. Strider et nous dérapons, nous devons repositionner nos ancres. Pour la nuit nous mettrons l’alarme d’ancrage au GPS par sécurité. Nous serons au lit à 21h ne dormant que d’un œil.



Bonne année à tous, on se le souhaite par VHF en pensant à la nuit dernière. Red nous annonce qu’il a mesuré des pointes à 48 nœuds. Cet après-midi c’est le calme plat et nous pourrons fêter la nouvelle année comme il se doit à bord de Strider, qui n'a toutefois pas de chauffage.



Thierry change à nouveau l’huile de l’inverseur après 21 heures supplémentaires. Le résultat est le même voire pire. Nous envoyons donc des échantillons à Schroeder afin de connaître leur avis.

Samedi 3 janvier : Belhaven-Oriental (30 miles). Vent N 5/10noeuds. C’est nettement plus calme. Nous partons tôt le matin, au lever du jour, donc lorsque Marvin ouvre les yeux, il a établi un nouveau règlement à bord :

Quant on navigue, je prends mon petit-déj. au lit, comme ça je reste bien au chaud, me dit-il avec son petit air malin !



L’ancrage à Oriental n’est pas large, entre le mur de la marina et le chenal remontant sous le pont, peu de place pour trois bateaux où encore une fois les fonds remontent rapidement. Nous sondons et laissons Strider et Shiver choisir leur emplacement. Avec notre tirant d’eau plus faible, nous prendrons la place qui reste. Une fois notre mouillage terminé, nous constatons que tout l’équipage de Strider s’active sur le pont, tentant de le faire basculer d’un bord sur l’autre, ils se sont à nouveau échoués. Thierry et Red mettent les annexes à l’eau et poussent sur tribord pendant qu’un autre canot de passage les tire de l’autre côté.

Puis l’étape décisive pour nous : Oriental-Beaufort (NC) (20 miles). Thierry a décidé de ne pas continuer plus au sud, sans savoir ce qu’il y a avec l’inverseur. Les vibrations s’intensifient, l’huile est toujours remplies de particules et opaque, même 10 heures après la dernière vidange. En contrôlant mes courriers, j’ai un e-mail de Schroeder nous disant qu’à leur avis il n’y a rien d’anormal pour eux avec l’huile.

Nous voulons en avoir le cœur net. Grâce à la voiture, la gentillesse et la disponibilité de John, un ami de Gigi et Lulu, nous nous rendons directement chez ZF qui est à quelques miles du mouillage. Nous leur expliquons nos soucis, un ingénieur vient l’après-midi même à bord de New Life. Pour lui les échantillons d’huile contiennent une quantité trop importante de particules métalliques, la dernière huile sentant même le brûlé. Il les prend avec lui afin de les analyser à l’atelier Il fait un premier contrôle au moteur et constate, tout comme Thierry que celui-ci est complètement désaligné, mais précise que cela ne peut pas endommager un inverseur après seulement 52 heures.

Plusieurs échanges téléphoniques entre l’ingénieur et son atelier. Il se propose d’ouvrir l’inverseur, de le contrôler, mais précise bien que s’il ne trouve rien – ce dont il doute - les frais de déplacement, les heures de travail (95$/h) seront à notre charge bien que l’inverseur soit sous garantie. Nous prenons le risque.

Le lendemain, nous quittons la joyeuse compagnie de Shiver et Strider pour remonter l’ICW de 5 miles afin d’être à une distance raisonnable des ateliers ZF et de pouvoir remettre New Life à terre dans un chantier au tarif plus ou moins abordable, Bock Marine yard.



A peine hors de l’eau Thierry démonte l’inverseur. Le lendemain, Rodney, l’ingénieur de ZF vient nous chercher en voiture. L’inverseur sera ouvert en notre présence chez ZF. Rodney constate que les disques de friction sont complètement abîmés, que le métal sur ces disques part au moindre grattage, comme s’il n’y adhérait pas proprement, qu’un de ces disques a même perdu un morceau, visible à l’œil nu. Très mauvaise nouvelle pour nous : ZF ne garantit pas les disques !

Là, commencent discussions et investigations. Qu’est-ce qui a pu créer ce dommage ?

Nous sommes prêts à faire contrôler, l’arbre d’hélice, l’hélice, le nouveau tourteau qui avait été usiné à Deltaville, afin d’être sûrs que le problème ne vient pas de New Life mais nous ne pouvons accepter le fait que ZF ne prenne rien en charge, ni ne change l’inverseur si le mal vient de la pièce elle-même. Nous venons de payer une fortune pour ce nouvel inverseur et son installation. Le fait qu’il « foire » après 52 h. Non, non et non, ça c’est le trop plein. Il nous faut trouver un terrain d’entente bien que la fabrique en Italie ne rentrera pas en matière quant à un échange pur et simple. La maison mère pourrait éventuellement nous rembourser le prix de la réparation (plus de 1'000$) si notre cas est acceptable aux yeux de la garantie. Nous refusons catégoriquement cette idée puisqu’on sait que cette dernière ne fonctionnera pas sur les disques et que ce sont eux qui sont litigieux.


Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir supporté l’humeur du capitaine tout au long du trajet, mais mon sang n’a fait qu’un tour et j’ai entamé les discussions sous un autre angle, leur demandant quelle serait leur réaction si 52 h. après avoir acheté un produit neuf, il « pétait ». L’accepteraient-ils ? Plus que ferme sur ce coup-là, ils ont eu un avant goût de mon mauvais caractère et vont voir ce qu’ils peuvent faire. Ce soir Thierry m’a même remerciée d’avoir tenu bon.

La manager de ZF se sent vraiment concernée par notre mésaventure. Aucun autre inverseur de ce type n’est apparemment disponible aux USA. Elle va tenter de convaincre la fabrique de prendre en charge les heures de travail (démontage/remontage), les pièces de rechanges ou le remplacement de cet inverseur. Il nous faut attendre au minimum deux jours pour connaître leur décision.

De retour au bateau ce soir-là, les bras nous en tombent. Une équipe du chantier organisant un apéro puis une escapade dans un resto, nous les suivons.

Le lendemain, Thierry, démonte encore l’arrière du moteur (le plateau d’accouplement moteur/inverseur), ainsi que les supports du moteur (silent bloc) afin de tout faire contrôler. Nous sommes maintenant sûrs que tout est OK de notre côté. Il faut l’admettre; nous sommes tombés sur un mauvais numéro d’inverseur, celui du lundi matin ou du vendredi soir. Toutes les pièces contrôlées ont été soumises à l’équipe de ZF qui - tout comme nous - n’a pas plus d’explication. Faut-il encore arriver à convaincre la maison mère !

Finalement la nouvelle tombe : ZF nous remplacera notre inverseur, non pas en faisant fonctionner la garantie puisque la fabrique le refuse, mais à titre de « policy ». En effet, ZF Beaufort est l’importateur pour l’Amérique du nord et tient à nous laisser une bonne impression quant à leur image de marque. Ils sont vraiment navrés de ce qui nous arrive. Les seuls frais à notre charge seront ceux de l’envoi de l’inverseur depuis l’Italie et deux heures de main-d’œuvre pour son installation et les essais qu’ils tiennent à effectuer en mer afin que nous soyons satisfaits de leur service. L’envoi prendra environ deux semaines.

Avec nos meilleures pensées
Les New Life en balade

vendredi, 19 décembre 2008

Deltaville (inverseur, suite et fin) 20.12.08

Salut à tous,

Mardi 24 novembre nous recevons enfin l’inverseur en retour. Lorsque nous ouvrons le paquet, on n’en croit pas nos yeux, il est en mille pièces, complètement démonté, même ce qui n’était pas nécessaire l’a été.



Il faudra des heures et des heures de remontage pour le nouvel atelier qui s’en occupera. Ce qui nous soucie le plus, c’est que, normalement celui qui démonte une telle mécanique, doit la remonter, il est important que les pièces soient numérotées et remises dans le bon ordre au remontage, afin qu’il n’y ait aucun jeu entre elles. Nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge.

Cet après-midi même, l’inverseur repart chez Chesapeake Cove à Deltaville, un concessionnaire Volvo entre autres et - à ce qu’il paraît - serait hyper compétent pour la reconstruction d’inverseurs. Le lendemain nous avons déjà des nouvelles ; elles ne sont pas bonnes bien sûr. Le kit de réparation de certaines pièces, les heures de remontage - qui, comme ce n’est pas eux qui l’on démonté va prendre deux ou trois fois plus de temps - représenteraient pratiquement le prix d’un inverseur neuf, cela sans surprise au remontage on s’entend bien. De plus certaines pièces ne seraient pas accessibles sans un outil spécial, qui reste introuvable, même chez les professionnels de la marque, Volvo ne le fournissant pas. Laissez-nous rire ! Thierry le moral sous les talons a vraiment l’impression qu’on se « fou de nous ».

Face à une telle incompétence, nous prenons la décision de commander un inverseur neuf. Le hic c’est de trouver pile poil le même afin d’éviter de changer la flasque à l’arrière du moteur, le tourteau, les accouplements souple et dur, voire l’arbre d’hélice. On nous propose un ZF, qui serait une copie conforme de notre Hurth, puisque que ZF a racheté, il y a bien longtemps de cela, Hurth. On est donc sauvé, quoique…, la démultiplication ne serait pas la même mais on nous assure que cela ne changera rien et que cette démultiplication serait même mieux appropriée à notre bateau. Nous passons donc la commande, il ne nous reste plus qu’à attendre.

Jeudi 26 novembre c’est le fameux Thanksgiving (le jour de l’action de grâce), un jour férié important ici aux USA, dans certaines familles, ce jour est même plus important que Noël. L’origine et la signification de cette fête diffèrent entre les USA et le Canada.

Les toutes premières « Actions de grâce » furent des fêtes de la moisson afin de remercier Dieu pour des récoltes abondantes. Elle ont donc toujours lieu à la fin de l’automne, après la rentrée des récoltes abondantes.

Selon d’autres sources, tout aurait commencé en 1620 quand les pèlerins puritains britanniques embarqués à bord du Mayflower, font escale à Plymouth (Massachussets). L’hiver rude et les difficultés dues aux manques d’installation et de nourriture décimèrent près de la moitié des pèlerins. Au printemps 1621 un indien surnommé Squanto,



et sa tribu visitèrent les nouveaux arrivants et les aidèrent en partageant leur savoir-faire en matière de pêche de chasse et de culture des terres.

Pour leur exprimer, ainsi qu’à Dieu, leur infinie gratitude, un banquet fut organisé à la fin de l’automne. Squanto et 90 autres indiens de la tribu furent conviés à la fête qui dura 3 jours. Deux ans plus tard, un nouveau festin est organisé à Plymouth. Thanksgiving était devenue une coutume qui est à présent fêtée par tous les Etats-Unis. Très vite on oublia l’intention originale et on ne conserva que sa signification religieuse.

Si depuis l’époque des pèlerins évangéliques, l’Action de grâce est, pour les américains, une manière de remercier Dieu de la qualité providentielle du Nouveau Monde et d’une bonne entente avec les populations indigènes, pour quelques groupes amérindiens, ce jour représente la destruction de leur continent et le point de départ des guerres indiennes. En 1676, le gouverneur de Charlestown (Massachusetts) profita même de ce jour pour célébrer une victoire sur les amérindiens. Depuis les années 1970, des manifestations sont organisées en mémoire des indiens natifs.

Quelque soit l’origine et la signification que l’on donne à ce jour, Thanksgiving restera pour les américains, une occasion de se réunir devant un énorme et frugal festin, de le partager en famille ou avec des amis. Quand au repas en lui-même, il est difficile de l’imaginer sans dinde, canneberges ou citrouilles, tous trois originaires d’Amérique, aliments qui étaient présents lors du premier banquet.

Rush (un travailleur du chantier) et son amie Lilly,



nous invitent à partager cette journée en compagnie de Liz et Chris, nos amis canadiens, qui vivent également sur le chantier. Pour ne pas manquer à la tradition, le repas se compose entre autres de dinde, de tarte à la courge, de confiture de canneberge, de patates douces, de purée de pommes-de-terre et comme cela ne suffit pas, il y a également du gratin d’épinards, du jambon au four, de la salade de pâtes aux crevettes, des olives et cornichons sucrés, du beurre de cacahouète et divers pains de mie ainsi que de la tarte aux noix de pécans avec crème fraîche.

Vous en avez une indigestion ?

Il a été difficile de quitter la maison de Rush et Lilly. Oh, rassurez-vous pas à cause de la nourriture mais de partir les mains vides. Trois petites boules de poils de quelques mois, adorables comme tout, tentaient de nous séduire. Quant à Cherokee, elle n’a pas quitté Marvin de la journée.



Le lendemain de Thanksgiving une soupe légère aura permis à nos estomacs de reprendre une taille normale en leur donnant un peu de répit.

Tout fonctionnera au ralenti pour cette fin de semaine, certaines entreprises faisant le pont jusqu’à lundi, aucune chance d’avoir des nouvelles de l’inverseur d’ici-là.

Nous tuons le temps en faisant de belles balades dans les bois ou aux alentours,



malgré le froid, nous allons même jouer sur la plage.




Nous commençons à connaître chaque brin d’herbe de Deltaville ! En tombant sur ce panneau,



nous nous sommes demandés ce qui allait nous arriver en poursuivant notre chemin. Rassurez-vous, nous sommes toujours là et n’avons pas été arrêtés, ni persécutés.

Ce pays est un paradoxe tant par la gentillesse, la disponibilité de certaines personnes, la qualité bonne ou mauvaise de ses services, que par ses interdictions, ses tabous et ses lois.

Comme la météo n’est plus toujours au beau fixe et que les jours de froid et de pluie sont fréquents, nous avons investi dans une nouvelle antenne pour capter les réseaux wifis disponibles tout en restant bien au chaud à l’intérieur et éviter de sortir dans le cockpit avec l’ordinateur. Radio Labs en a une excellente, la RV Marine. OK, pas vraiment bon marché, mais utile, elle capte un réseau à plus de 1,5 miles (3 km).


Nous apprenons, lors d’un téléphone à Martine d’excellentes nouvelles du CNED. Marvin a passé avec succès ses trois premières évaluations. Il doit travailler plus attentivement certains sujets, mais dans l’ensemble ses résultats sont acquis et son travail soigné et réfléchi. C’est un réel soulagement car je me faisais un sang d’encre.

Prendre en charge la scolarité de son enfant ce n’est pas une mince affaire c’est vrai. Il faut tenter de trouver un équilibre entre le rôle de maman et celui de la maîtresse, surtout lorsque l’enfant sait sur quelles ficelles tirer lorsqu’il veut faire céder l’une ou l’autre. Au vu du programme, je dois avouer qu’au début j’ai quelque peu paniqué en me demandant où et comment allait-on trouver 25 heures par semaine pour le suivre, allier la vie à bord et la navigation. Ce n’est pas comme si l’enfant se rend tous les matins à l’école, qu’une personne extérieure s’occupe de sa scolarité vous laissant une matinée entière pour les activités du bord. Non, non, non, il est là et bien là et ne demande qu’un moment d’inattention de la « maîtresse en herbe » pour en tirer profit.

Nous commençons tout de même à trouver un rythme malgré des jours meilleurs que d’autres. Nous survolons certains sujets dans les livres et tentons de les lui faire acquérir autrement qu’assis derrière ses cahiers. De cette manière Marvin n’a pas l’impression d’être à l’école et ça nous laisse un peu plus de liberté. Il est peut-être aussi plus facile en ce moment de tenir le rythme vu notre « sédentarité temporaire » à Deltaville ! On verra ce qu’il adviendra lorsque nous serons dans de beaux lagons aux eaux turquoises, sous un soleil de plomb.

Il faut que je vous parle aussi de mes péripéties pour tenter de changer des euros ou des francs suisses en dollars. Oh ça va très être court rassurez-vous : C’est impossible ! Eh oui, j’ai fait 6 banques différentes entre Deltaville, Gloucester et Kilmarnock. A chaque fois, la même réponse, il faut être client de la banque et ça va prendre une semaine pour les aller/retour car l’argent étranger doit être envoyé dans une autre succursale pour vérification, il pourrait s’agir de faux. Entre nous soi-dit, la monnaie la plus contrefaite dans le monde est bien le dollar !

Ah ! Il y a autre chose que des dollars sur terre ? J’avais l’impression de descendre d’une autre planète avec mon argent. - Qu’à cela ne tienne ouvrez-moi un compte, puisqu’il faut être client pour l’opération de change, ensuite je le refermerai et le tour sera joué.. Ça paraît simple, non ? Eh eh, nous sommes aux Etats-Unis….Impossible également, nous devons prendre des renseignements à votre sujet, le compte doit rester ouvert trois mois minimum et vous devez être présente pour le boucler, sans compter les frais que cela occasionnerait. Bref, j’ai laissé tomber. VIVE L’AMERIQUE !

Sur ce, notre nouvel inverseur arrive.
Vous savez quoi ? Ce n’est pas le même. Y a des jours meilleurs !

L’accouplement (le tourteau) que nous avons est femelle, celui de l’inverseur doit être mâle (comme notre ancien), afin que l’harmonie du couple soit respectée et que les deux pièces s’emboîtent correctement. Eh bien la sortie du nouvel inverseur est femelle. Oh, nous sommes larges d’esprit, nous comprenons ce genre d’accouplement, mais en mécanique, ça ne fonctionne pas comme ça ! En plus les trous de fixation sont décalés de 2,5 mm.

Au point où nous en sommes, nous allons changer l’accouplement.
Ça en devient désolant !

Il faudra 4 jours pour que l’accouplement souple arrive. Quant au dur, il nous faut encore attendre, ça va prendre du temps, il faut le fabriquer. Ça n’existe pas sur le marché avec le bon diamètre !

Je sais, je sais, vous croyez que je rallonge mon histoire pour vous donner quelque chose à lire durant vos longues soirées d’hiver. Eh bien non c’est la pure vérité, je l’abrège même.

Une fois cette pièce en possession de Schroeder, il faudra qu’elle passe entre les mains d’un autre atelier, afin d’y introduire la clavette et tourner le tourteau au diamètre de notre arbre d’hélice qui est de 25 mm. Le premier atelier qui confectionne la pièce complète n’est pas capable d’y introduire cette clavette et ne sait ou ne peut pas tourner du métrique.

Métrique ? Vous avez dit métrique ? Quel est ce mot, d’où est-ce que ça vient ?
Vous pensez que nous allons au devant de problèmes ?

Thierry regrette de ne pas avoir son tour mécanique et son atelier sous la main. Le problème serait réglé depuis longtemps. Les professionnels et les bricoleurs de chez nous jugeront aisément des compétences des professionnels américains !

On est ici depuis fin octobre. On peut dire que les jours passent mais ne se ressemblent guère, que ce soit côté météo où l’on passe de températures descendant en dessous de zéro à des températures estivales comme il y a quatre jours où l’on se promenait en T-shirt.

Côté mécanique, je vous en ai suffisamment parlé. Liz, Red et Frédy du bateau Shiver sont de retour à bord. Ça n’a pas duré plus d’une minute pour que Marvin et Frédy se retrouvent et fassent à nouveaux les « folos ». Ils partent demain, mais nous tenterons de les retrouver plus bas afin de passer Noël ensemble pour autant que New Life puisse continuer à temps.



Depuis le 1er décembre, New Life est décoré,
notre moussaillon ouvre ses calendriers de l’Avent. Dans l’un une petite surprise pour chaque jour, dans l’autre il redécouvre des images qu’il avait dessinées lors d’un bricolage. Il attend le Père Noël avec impatience en se demandant par où il pourra bien passer pour déposer ses cadeaux, notre cheminée étant bien trop étroite pour le laisser descendre.



Mercredi 17 décembre, le nouveau tourteau arrive, il repart directement à l’atelier mécanique pour que le tourneur le fraise au diamètre de l’arbre, soit 25 mm en faisant la rainure pour la clavette.

Jeudi 18 dans l’après-midi, le tourneur ramène le tourteau, il se perd dans ses explications quant aux problèmes rencontrés pour l’usiner correctement. Il précise qu’il faudra recourir au marteau pour le mettre en place, il sera serré sur l’arbre. Ça promet !

Thierry et Bobby ne perdent pas de temps, ils fixent le tourteau, mais comme il est différent de l’original, l’arbre d’hélice se trouve trop court de 4 cm, impossible donc de le raccorder à l’inverseur. Pour couronner le tout, boulons et écrous de serrage ne correspondent pas aux filetages. Nous trouvons les fournisseurs parfaits. Par vous ?

Afin d’éviter de prolonger notre séjour à Deltaville, il faut trouver le moyen maintenant de ne pas changer l’arbre. La rage passée, Thierry a la solution, comme à chaque fois. On pourrait gagner ces 4 cm en enlevant l’anode d’arbre d’hélice, posée cet été lors du carénage. Pour ce faire, il faut ressortir New Life. Une fois le bateau hors de l’eau, l’anode ôtée ils peuvent avancer l’arbre pour l’assemblage et aligner le tout. Ça y est enfin !
Les essais sont programmés au lendemain.

Vendredi 19, nous attendons avec impatience la marée de l’après-midi pour faire les essais. Depuis ce matin, il pleut à verse, nous sortons tout de même, il faut qu’on soit fixé, un front doit passer en fin de journée et samedi avec des rafales de vent à 25/30 nœuds. Bobby nous accompagne pour cette sortie. Le moteur est lancé à différentes vitesses, l’inverseur ne siffle pas, ne patine plus, il fonctionne correctement et comme par enchantement le soleil pointe son nez, juste cinq minutes, en signe de VICTOIRE.

Nous retournons au port tout sourire, reste maintenant à régler la douloureuse. Quel beau cadeau de Noël ! En détaillant la note, je constate que la place d’amarrage du bateau, depuis le 30 octobre, n’a pas été facturée, je questionne Jeff à ce sujet, qui me dit que nous avons eu assez d’ennuis et de contretemps, du fait qu’on leur ait donné du boulot, il ne nous la facture pas. Vous en connaissez beaucoup des chantiers qui feraient ça ? Merci encore une fois au chantier Schroeder que je ne peux que recommander à ceux qui passeront dans le coin.

Avec nos meilleures pensées.
Les New Life en balade

dimanche, 26 octobre 2008

Deltaville, le retour, la mise à l'eau, le 26 octobre 2008

Salut à tous,

Sur le trajet du retour Genève-Londres-Washington nous avons profité de notre journée à Heathrow pour revoir Steve, notre ami anglais. Que de choses à se raconter lorsqu’on se retrouve après 4 ans ! Bien sûr Thierry et lui ont évoqué l’époque du Dragon Rally et leurs souvenirs de motos.

A Washington, une fois les bagages récupérés nous sautons dans une voiture de location pour parcourir les 300km qui nous séparent de Deltaville. Marvin ne réclame rien d’autre que la banquette arrière pour tomber dans les bras de Morphée. Arrivés à un 60 km de de Deltaville, nous nous perdons en pleine campagne, confondant Rappannok, Tappahanok, Kilmarnok Saluda, Hannover, Friedrieschsburg. Quelle direction prendre ? Est, Ouest, Nord, Sud ? Faute de carte détaillée difficile de trouver où nous nous trouvons exactement, nous tournons donc en rond pendant plus d’une heure avant de décider de faire un petit somme dans la voiture attendant une âme sœur qui pourrait nous indiquer le bon chemin. Au milieu de la nuit les stations services sont fermées et il n’y a pas grand monde dehors. Par chance la marchande de journaux passait dans les parages, elle nous renseigne et nous reprenons la route pour atteindre Deltaville à 3heures du matin.

Le lendemain matin, nous retrouvons Gigi et Lulu qui nous avaient préparés le petit-déj. Ils vont rejoindre l’élément liquide sous peu avec un tout nouvel arbre d’hélice. Le chantier, en tous professionnels qu’ils sont ont pris en charge la totalité de la réparation suite à la mésaventure qu’avait subie Roi Soleil lors de sa mise à terre.



On doit avouer franchement que depuis que nous naviguons, nous avons rarement vu autant de professionnalisme que sur ce chantier. En plus d’être sympathiques, le team de Schroeder Yacht Systems font face à toutes les demandes des « yachties », travaillant le bois, la fibre, la peinture, la mécanique en plus des travaux de maintenance courant sur les bateaux. Que le propriétaire du bateau soit présent ou non, le travail est fait correctement. Il est facile de critiquer, mais lorsque l’on trouve un bon service, il faut également savoir le dire et c’est ce que nous faisons aujourd’hui en recommandant chaudement ce chantier à tous ceux qui passeraient par Deltaville. Encore merci à toute l’équipe de Jeff.



Une fois nos affaires rangées, Thierry attaque les derniers travaux, à savoir la transformation du support pour poser nos nouveaux panneaux solaires, des Sunwise 55 watt, monocristallins. Commandés par internet chez MrSolar, ces panneaux ont été livrés durant notre absence, ils attendaient patiemment notre retour pour être fixés.



Ce week-end au musée nautique de Deltaville, un « Crab Festival » est organisé, c’est une bonne occasion pour aller déguster ses petites bestioles bleues, spécialité du Chesapeake, de rencontrer Black Beard en personne ainsi que quelques-uns de ses acolytes.




En cette saison les journées sont plus fraîches, surtout le matin où il faut attendre que la brume se dissipe pour enlever quelques couches. Le poêle a donc repris du service à bord, la cheminée sur le pont laissant échapper ses volutes de fumée.



Les fronts froids sont bien présents, lorsqu’ils passent c’est de l’eau en trombe qui se déverse comme ce vendredi 17 où une journée DVD s’annonce pour nous. Nous espérons que le temps soit plus clément en Suisse pour l’anniversaire à Bluette. Samedi le terrain est détrempé, l’air pique, le chauffage donne en plein.

Dimanche nous nous rendons à Gloucester avec Liz et Chris pour assister à une reproduction de la bataille de Hook pour l’Indépendance de la Virginie. En 1781 cela faisait cinq ans que l’Indépendance avait été déclarée, mais, les anglais, toujours gourmands à cette époque continuaient leur avancée en « grignotant » les Etats du sud sous la direction du général Lord Cornwallis. Les troupes anglaises sont donc arrivées à prendre possession des villes de York et de Gloucester le 1er août 1781.



Le général Washington, avec l’aide des forces alliées américaines et françaises du général deGrasse, sa flotte de 28 bateaux et 3'000 hommes ont réussi à percer par la rivière York, pendant qu’un détachement de 200 hommes, commandé par Armand Louis de Gontaud, Duc de Lauzun, appuyé par l’infanterie et la cavalerie de Hongrie attaquaient par ce qui est aujourd’hui la Route 17. Quant à la milice de Virginie, elle attaquait férocement par la forêt, ce qui fait que le général Cornwallis a dû capituler le 17 octobre 1781 après plusieurs jours de siège en arborant le drapeau blanc de la défaite.



Plus de 600 figurants, hommes, femmes et enfants ont joué le jeu et ont vécu- le temps d’un week-end - au 17ème siècle pour faire revivre, juste pour le plaisir la bataille de Hook. Intéressant pour nous de se trouver là au bon moment pour en apprendre un peu plus sur l’histoire du pays.




Une fois l’antifouling peint, New Life peut retourner à l’eau,…



… quel plaisir simple que de pouvoir réutiliser les WC, de laisser les éviers s’écouler, sans devoir monter et descendre une échelle pour vider les bidons, de se faire bercer pour s’endormir. Nous avons l’impression que le bateau reprend vie.



Un dernier apéro à bord avec les copains du chantier,



… et c’est le départ du chantier Schroeder pour une bonne heure de navigation jusqu’à Jackson Creek où nous retrouvons quelques copains navigateurs, faisons le plein d’eau, diesel et avitaillement. Nous pouvons commencer maintenant notre descente plus au sud, nous sommes fin prêts. A un de ces 4 pour la suite de nos news.

Avec nos meilleures pensées.
Les New Life en balade