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dimanche, 18 janvier 2009

Deltaville-Beaufort par l'ICW, le 18 janvier 2009

Salut à tous,



Revenons pour quelques semaines en arrière. C’est parti, le 21 décembre pour New Life. Nous quittons Schroeder cet après-midi à marée haute, le chenal ne nous permettant pas de passer à un autre moment. Nous n’irons pas bien loin, seulement jusqu’à Jackson Creek à 5 miles d’où nous serons plus à l’aise pour quitter Deltaville au lever du jour le lendemain.

Nous amarrons New Life au ponton du Fisching bayYacht Club qui nous offre la nuit, ainsi que l’accès à leurs facilités, étant membres d’un autre yacht club. Dans la soirée le vent forcit, la météo annonce un avis de coup de vent valable jusqu’à lundi 13h00. A une autre période de l’année, aucun doute, nous restons à quai avec cette météo, mais Noël approche et nos amis de Shiver nous attendent à Norfolk. Ils ont aussi un petit matelot à bord. Nous pensons, tout comme eux, que d’attendre le Père Noël ensemble serait plus sympa pour les enfants.

Au lever du jour le vent s’en donne à cœur joie, il souffle en rafales à 40 nœuds. On n’hésite encore pour larguer les amarres. Nous laissons la VHF allumée afin de suivre l’évolution des prévisions, une légère amélioration est annoncée pour l’après-midi. Il nous faudrait une dizaine d’heures pour rallier Norfolk. Il est 10h00 du matin, en partant maintenant, on arriverait de nuit, c’est réalisable, faut-il encore vouloir se faire brasser. Le soleil est là, mais il fait un froid de canard. Les hublots intérieurs du bateaux sont gelés, à la poupe des glaçons pendent, les cordages sont cassant, il est impossible de les rouler.



Un simple regard avec le capitaine, on largue les amarres. On sait d’avance que Marvin - lorsque le temps lui paraîtra trop long ou trop froid à l’extérieur - ne demandera pas mieux que de se pelotonner sous son duvet en regardant un.DVD.



La navigation musclée au début se calme à partir de 15h00, la mer est gérable pour Bébek Tutu, le capitaine pouvant se relaxer un peu. On se réchauffe avec du thé ou du café, que l’on tient le plus longtemps possible entre les mains. Il ne faut pas longtemps à ce régime pour qu’une envie - qu’on refoule au plus profond de son esprit – apparaisse. Il faut bien éliminer ! Je vous laisse imaginer la gymnastique pour ôter les quatre couches et pour ses messieurs, de trouver «l’objet» du soulagement.

En arrivant à Norfolk à 21h00, un seul bateau au mouillage, Shiver. Je dois me cramponner pour atteindre l’ancre, le pont s’est transformé en une véritable patinoire. Une fois mouillé, la VHF crépite, c’est la voix de Red : Whaou you made it ! (vous l’avez fait !). Nice to see you (contents de vous voir). On se retrouvera demain pour déjeuner.

Les retrouvailles sont joyeuses pour Frédy et Marvin qui parlent déjà de la future visite du Père Noël et de ce qu’ils lui ont commandés. Nous décidons de passer Noël à Great Bridge. Entre l’écluse et le pont, il y a un quai où l’on peut rester gratuitement, les magasins sont à proximité, ainsi qu’un terrain de jeux pour les enfants. De plus, le Père Noël pourra aisément atterrir avec ses rennes.



Dans l’après-midi un troisième bateau passe l’écluse, Strider. A son bord un couple de sud-africains, Marguerite et Ferdi, ainsi que William, leur aide. Nous convenons avec Liz qu’il n’y a pas de raison qu’ils restent seuls le soir de Noël et nous les convions à notre petite fête. Nous étions un peu coincés à bord de New Life mais la soirée a été d’autant plus chaleureuse.



Avec Liz on s’est partagé les tâches : Liz et Red préparant la dinde, les petits légumes et le Xmas pudding. Je m’occupe de l’entrée : crevettes sur lit de salade, de l’accompagnement : gratin dauphinois, d’un flan caramel (le souhait de Marvin) et d’une tarte au citron (souhait du capitaine) pour le dessert. Quant au troisième bateau, comme ils n’avaient rien prévu, ils amènent le liquide.

Les enfants ont terminé la soirée devant un DVD se posant encore la question de savoir par où le Père Noël avait passé pour déposer les cadeaux. Les cheminées de Shiver et New Life sont bien trop étroites pour le laisser entrer, surtout s’il est américain !




L’étape suivante : Great Bridge – Coinjock, 43 miles. Nous ouvrons la route, Shiver et Strider ayant un grand tirant d’eau, nous sondons les endroits délicats. Juste avant d’entrer dans le canal à Coinjock, les fonds remontent sérieusement. Je leur indique en permanence la profondeur par VHF pendant que Thierry trouve le meilleur passage, ils suivent notre trajectoire. Tout à coup, Strider, on ne sait pour quelle raison, sort complètement de la route et s’échoue. Ferdi tente une marche arrière, plein gaz, c’est pire, il a une quille longue et s’enfonce plus. Nous faisons demi-tour, lui lançons un bout et commençons à tirer, reprenant la manœuvre plusieurs fois, Strider ne bouge pas d’un poil, le bateau est lourd, nous ne faisons pas le poids cette fois-ci. Impossible pour Shiver de donner un coup de main, Red, s’échouerait à son tour. Strider n’a pas l’assurance TowBoat US - Compagnie de remorquage qui, pour 116$ par année de prime, vient vous sortir de n’importe quel mauvais pas, amène les pièces détachées pour la réparation ou du diesel en cas de panne sèche; leur intervention étant gratuite pour autant que l’assurance soit souscrite - il ne sert à rien donc de les appeler pour les tirer de là, ça coûterait bonbon. Des pêcheurs locaux avec deux gros hors-bords de 70 CV à l’arrière de leur barque, offrent leur aide en tirant sur la drisse de spinnaker afin de faire basculer Strider sur babord et dégager la quille pendant que Ferdi actionne du moteur. Ils ont beaucoup de peine, nous proposons alors de tirer à l’arrière pendant qu’ils tirent sur le côté. Finalement Strider se bouge et sort de ce mauvais pas. Les pêcheurs s’en vont, un salut de la main, sans rien demander. On peut dire que Ferdi a eu beaucoup de chance de s’en tirer à si bon compte, car les pêcheurs étaient en droit de se faire payer pour leur intervention et lorsqu’on sait que ce montant pour aller jusqu’à la moitié de la valeur du bateau dépanné. Ferdi peut les remercier de leur esprit marin et leur doit une fière chandelle.

Une fois Strider, tiré d’affaire, nous continuons notre route et amarrons les trois bateaux devant Midway marina. Les vents tournant au sud pour le week-end nous empêcheront de continuer. Qu’à cela ne tienne ; Thierry s’affère à vidanger le nouvel inverseur, après 25 heures d’utilisation, comme le précise le manuel. Je m’occupe de la lessive pendant que les enfants se déguisent en pompier ou policier à tour de rôle.



A voir la tête de mon capitaine, je sens que quelque chose cloche. L’huile est pleine de particules métalliques, acier et cuivre. Les hommes en discutent et pensent qu’il y a des produits de conservation dans les inverseurs neufs, raison de l’opacité de l’huile, mais ce n’expliquerait toutefois pas les particules. Thierry pense au pire, d’autant plus que dès les premiers essais à Deltaville, il avait signalé un bruit inhabituel au mécano qui nous accompagnait. Ce dernier avait répondu qu’avec un nouvel inverseur, qui plus est d’une démultiplication différente, les bruits et les vibrations seraient autres. On devrait s’y faire apparemment et tout devrait rentrer dans l’ordre sous peu.

Thierry passe sa soirée la tête dans le moteur, contrôle tout ce qu’il peut et constate que le moteur est complètement désaligné. Le bruit viendrait-il de là ? Il en doute.

29 décembre, la météo annonce des vents de NW 5/10 nœuds. On largue les amarres pour l’étape suivante : Coinjock-Aligator River (40miles). Nous passons le pont et ancrons à Deep Creek pour passer la nuit au milieu de nulle part. Le coucher de soleil est splendide.


Le lendemain, dès le lever du jour, nous partons pour Belhaven (35miles).



Un besoin de produits frais se fait sentir sur les bateaux. Nous renouvelons donc - l’expédition de cet été - en allant faire notre shopping avec les voitures de golf de River Forest Marina.




Marguerite et Ferdi nous retournent l’invitation de Noël, la soirée du 31 se déroulera donc à bord de Strider. Ça c’est ce qui était prévu, sans compter les caprices de la météo, qui se transforme en « gale warning » Avis de coup de vent d’ouest avec des pointes allant jusqu’à 40 nœuds, tout est annulé. Chacun profitant du spectacle de son bord, ballottés, tiraillés et malmenés au mouillage. Strider et nous dérapons, nous devons repositionner nos ancres. Pour la nuit nous mettrons l’alarme d’ancrage au GPS par sécurité. Nous serons au lit à 21h ne dormant que d’un œil.



Bonne année à tous, on se le souhaite par VHF en pensant à la nuit dernière. Red nous annonce qu’il a mesuré des pointes à 48 nœuds. Cet après-midi c’est le calme plat et nous pourrons fêter la nouvelle année comme il se doit à bord de Strider, qui n'a toutefois pas de chauffage.



Thierry change à nouveau l’huile de l’inverseur après 21 heures supplémentaires. Le résultat est le même voire pire. Nous envoyons donc des échantillons à Schroeder afin de connaître leur avis.

Samedi 3 janvier : Belhaven-Oriental (30 miles). Vent N 5/10noeuds. C’est nettement plus calme. Nous partons tôt le matin, au lever du jour, donc lorsque Marvin ouvre les yeux, il a établi un nouveau règlement à bord :

Quant on navigue, je prends mon petit-déj. au lit, comme ça je reste bien au chaud, me dit-il avec son petit air malin !



L’ancrage à Oriental n’est pas large, entre le mur de la marina et le chenal remontant sous le pont, peu de place pour trois bateaux où encore une fois les fonds remontent rapidement. Nous sondons et laissons Strider et Shiver choisir leur emplacement. Avec notre tirant d’eau plus faible, nous prendrons la place qui reste. Une fois notre mouillage terminé, nous constatons que tout l’équipage de Strider s’active sur le pont, tentant de le faire basculer d’un bord sur l’autre, ils se sont à nouveau échoués. Thierry et Red mettent les annexes à l’eau et poussent sur tribord pendant qu’un autre canot de passage les tire de l’autre côté.

Puis l’étape décisive pour nous : Oriental-Beaufort (NC) (20 miles). Thierry a décidé de ne pas continuer plus au sud, sans savoir ce qu’il y a avec l’inverseur. Les vibrations s’intensifient, l’huile est toujours remplies de particules et opaque, même 10 heures après la dernière vidange. En contrôlant mes courriers, j’ai un e-mail de Schroeder nous disant qu’à leur avis il n’y a rien d’anormal pour eux avec l’huile.

Nous voulons en avoir le cœur net. Grâce à la voiture, la gentillesse et la disponibilité de John, un ami de Gigi et Lulu, nous nous rendons directement chez ZF qui est à quelques miles du mouillage. Nous leur expliquons nos soucis, un ingénieur vient l’après-midi même à bord de New Life. Pour lui les échantillons d’huile contiennent une quantité trop importante de particules métalliques, la dernière huile sentant même le brûlé. Il les prend avec lui afin de les analyser à l’atelier Il fait un premier contrôle au moteur et constate, tout comme Thierry que celui-ci est complètement désaligné, mais précise que cela ne peut pas endommager un inverseur après seulement 52 heures.

Plusieurs échanges téléphoniques entre l’ingénieur et son atelier. Il se propose d’ouvrir l’inverseur, de le contrôler, mais précise bien que s’il ne trouve rien – ce dont il doute - les frais de déplacement, les heures de travail (95$/h) seront à notre charge bien que l’inverseur soit sous garantie. Nous prenons le risque.

Le lendemain, nous quittons la joyeuse compagnie de Shiver et Strider pour remonter l’ICW de 5 miles afin d’être à une distance raisonnable des ateliers ZF et de pouvoir remettre New Life à terre dans un chantier au tarif plus ou moins abordable, Bock Marine yard.



A peine hors de l’eau Thierry démonte l’inverseur. Le lendemain, Rodney, l’ingénieur de ZF vient nous chercher en voiture. L’inverseur sera ouvert en notre présence chez ZF. Rodney constate que les disques de friction sont complètement abîmés, que le métal sur ces disques part au moindre grattage, comme s’il n’y adhérait pas proprement, qu’un de ces disques a même perdu un morceau, visible à l’œil nu. Très mauvaise nouvelle pour nous : ZF ne garantit pas les disques !

Là, commencent discussions et investigations. Qu’est-ce qui a pu créer ce dommage ?

Nous sommes prêts à faire contrôler, l’arbre d’hélice, l’hélice, le nouveau tourteau qui avait été usiné à Deltaville, afin d’être sûrs que le problème ne vient pas de New Life mais nous ne pouvons accepter le fait que ZF ne prenne rien en charge, ni ne change l’inverseur si le mal vient de la pièce elle-même. Nous venons de payer une fortune pour ce nouvel inverseur et son installation. Le fait qu’il « foire » après 52 h. Non, non et non, ça c’est le trop plein. Il nous faut trouver un terrain d’entente bien que la fabrique en Italie ne rentrera pas en matière quant à un échange pur et simple. La maison mère pourrait éventuellement nous rembourser le prix de la réparation (plus de 1'000$) si notre cas est acceptable aux yeux de la garantie. Nous refusons catégoriquement cette idée puisqu’on sait que cette dernière ne fonctionnera pas sur les disques et que ce sont eux qui sont litigieux.


Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir supporté l’humeur du capitaine tout au long du trajet, mais mon sang n’a fait qu’un tour et j’ai entamé les discussions sous un autre angle, leur demandant quelle serait leur réaction si 52 h. après avoir acheté un produit neuf, il « pétait ». L’accepteraient-ils ? Plus que ferme sur ce coup-là, ils ont eu un avant goût de mon mauvais caractère et vont voir ce qu’ils peuvent faire. Ce soir Thierry m’a même remerciée d’avoir tenu bon.

La manager de ZF se sent vraiment concernée par notre mésaventure. Aucun autre inverseur de ce type n’est apparemment disponible aux USA. Elle va tenter de convaincre la fabrique de prendre en charge les heures de travail (démontage/remontage), les pièces de rechanges ou le remplacement de cet inverseur. Il nous faut attendre au minimum deux jours pour connaître leur décision.

De retour au bateau ce soir-là, les bras nous en tombent. Une équipe du chantier organisant un apéro puis une escapade dans un resto, nous les suivons.

Le lendemain, Thierry, démonte encore l’arrière du moteur (le plateau d’accouplement moteur/inverseur), ainsi que les supports du moteur (silent bloc) afin de tout faire contrôler. Nous sommes maintenant sûrs que tout est OK de notre côté. Il faut l’admettre; nous sommes tombés sur un mauvais numéro d’inverseur, celui du lundi matin ou du vendredi soir. Toutes les pièces contrôlées ont été soumises à l’équipe de ZF qui - tout comme nous - n’a pas plus d’explication. Faut-il encore arriver à convaincre la maison mère !

Finalement la nouvelle tombe : ZF nous remplacera notre inverseur, non pas en faisant fonctionner la garantie puisque la fabrique le refuse, mais à titre de « policy ». En effet, ZF Beaufort est l’importateur pour l’Amérique du nord et tient à nous laisser une bonne impression quant à leur image de marque. Ils sont vraiment navrés de ce qui nous arrive. Les seuls frais à notre charge seront ceux de l’envoi de l’inverseur depuis l’Italie et deux heures de main-d’œuvre pour son installation et les essais qu’ils tiennent à effectuer en mer afin que nous soyons satisfaits de leur service. L’envoi prendra environ deux semaines.

Avec nos meilleures pensées
Les New Life en balade

samedi, 12 juillet 2008

L'IntraCostal Waterway (ICW) Beaufort à Norfolk, du 12 juillet 2008

Salut à tous,

Partis de Beaufort 14 juin 08, nous avons commencé notre remontée par l’ICW (IntraCoastal Waterway.



L’ICW peut paraître bien large par endroit, mais il n’est pas exclu d’y trouver des bancs de sable au milieu. Fort heureusement le balisage est irréprochable, le tirant d’air sous les ponts signalé à chaque fois ; aucun souci donc pour se laisser guider par le courant, suivant les balises tout en admirant la nature.



Oriental sera l’étape suivante ; une petite ville paisible où nous profitons de nous dégourdir les jambes tout comme les écureuils qui gambadent de toute part.



Chaque soir au couché de soleil, les pêcheurs de crevettes sortent, nous gratifiant d’un beau spectacle.



Des amis américains Maroth et Janice du bateau Antidote, nous avaient parlé d’un« petit coin de Suisse » aux US. Nous décidons donc de remonter la Neuse River depuis Oriental, jusqu’à New Bern. La ville est construite au confluent de la Neuse et de la Trent River. Elle a été découverte et nommée ainsi en 1710 par des colonisateurs suisses et allemands qui avaient à leur tête le Baron Christopher de Graffenried, de Berne, d’où son nom. L’origine du nom « bern » vient du mot allemand « bear » (ours) qui a la même signification en anglais. Vous ne serez donc pas étonnés de découvrir un peu partout en ville des ours, ainsi que le drapeau de Berne flottant un peu partout.



Il n’y a pas foule dans les rues du Conté de Craven, on a l’impression que tout fonctionne au ralenti. On tente de trouver un peu d’animation, on visite le musée des pompiers – qui fait partie des attractions locales - (nous sommes seuls), nous tentons les places de jeux pour notre moussaillon (4 enfants au grand maxi), nous continuons à déambuler dans la ville, en se demandant où sont passé les gens. Nous arrivons devant la pharmacie historique Caleb Bradham où a été concocté en 1898 le « Brad’s Drink », une mixture de sirop de coca, d’extrait de kola, et d’eau carbonique ce qui a donné naissance au Pepsi-Cola. A travers les siècles, nous découvrons l’histoire de ce soda. Rien de bien transcendant, mais bon il y avait 3 personnes dans la boutique ! Nous prenons un lunch en ville. Là encore, il y a dans le resto un autre couple et nous.

Dans un dépliant touristique, je vois pour ce soir (20.6.) au Tryon Palace concert RetroRock de 1800 à 2000, concert qui transportera son public paraît-il à travers les racines du rock en passant par Elvis et Buddy Holly. Super ce n’est pas trop tard, Marvin pourra nous accompagner, et on verra du monde. Hardi petit, en fin d’après-midi nous retournons à terre pour assister au concert et visiter par la même occasion le Tryon Palace, un château géorgien aux magnifiques jardins où les horticulteurs se sont inspirés des jardins de la reine en Angleterre. En nous approchant, nous entendons déjà des brides de musique… fifres et tambours… bizarre ! Une centaine de personnes réunies aux abords du Tryon Palace. Nous pensons à une soirée privée, pas du tout, on nous donne un programme en nous pointant où en est la soirée.

En entrant nous découvrons des gens en perruques, queues de pie, longues robes, des trappeurs habillés d’époque avec le produit de leur chasse sur les épaules. Tout ce petit monde écoute un discours. On nous regarde un peu bizarrement, nous sommes habillés à la mode 21ème siècle (tong et short). Nous pensons que c’est le début des festivités, je parcours discrètement le programme et m’aperçois que c’est une soirée remémorant l’histoire de la ville et ce au profit du Tryon Palace. Et notre concert rock alors ? Nous quittons cette assemblée discrètement.

Bon il est vendredi soir, il doit bien y avoir de l’animation quelque part dans New Bern. Nous retournons au Trent River Coffee où nous avions fait la connaissance de son tenancier, Ed Ruiz à qui nous demanderons de nous orienter. Bien nous a pris, puisque ce soir dans son établissement il y a une soirée irlandaise avec le groupe Silver Spire qui s’y produit. La musique irlandaise, c’est toujours sympa. Ed nous présente son tableau de consommations avec le « Tonight Special » il s’agit de café Costa Rica pur arabica, il y a aussi de l’expresso et du mocca. Voyant nos têtes, il s’empresse d’ajouter qu’il y a également du thé, si nous ne sommes pas amateurs de café. Nous commandons notre « special evening drink » et passons une bonne soirée. Ce sera bien la première fois que nous boirons du café en écoutant de la musique irlandaise !

Le lendemain, un gros orage nous fera quitter New Bern pour retourner à Oriental. Il est impossible de faire un tantinet d’approvisionnement à New Bern, les supermarchés sont à plus de 5 miles à l’extérieur, il n’y a pas de transport public, avec la chaleur (104°F = 40°C et l’humidité ambiante + de 82 %), nous n’avons aucune envie de marcher si loin.

Une nouvelle journée à Oriental avec une énorme glace pour Marvin et un peu d’approvisionnement, en précisant pour la petite histoire, qu’il est impossible d’acheter du vin le dimanche au supermarché, il refuse la vente de ce nectar le jour du Seigneur, c’est ainsi dans toute la Caroline du Nord, tout comme il est interdit de consommer de l’alcool sur la voie publique, quel que soit le jour de la semaine.



Le lendemain nous levons l’ancre, pour une étape de 43 miles jusqu’à Belhaven (beau port). La Palmico River est large sur une partie du trajet, nous en profitons pour faire un peu de voile, les vents étant favorables. Quelques heures après notre départ, le ciel s’assombrit, le vent monte, on sort les cirés, on prend un déluge sur la tête avec coup de tonnerre et éclairs, la visibilité sous le grain est mauvaise, on ne voit pas à 1 mile. Les Coast Guard lancent régulièrement à la VHF des avis spéciaux concernant les conditions météos ce qui fait qu’il n’y a aucune surprise et qu’on sait exactement ce qui va arriver, où et à quelle vitesse l’orage se déplace. Une fois l’orage passé, le soleil pointe à nouveau son nez, la chaleur devient épouvantable. Nous continuons en remontant la Pungo River au moteur cette fois-ci puisque plus étroite.

Nous pensions faire cette étape en deux fois, en nous arrêtant dans une crique sauvage sur le trajet. Les deux baies où nous projetions d’y passer la nuit étaient remplies de petites bouées, ne sachant pas si c’était des filets ou des casiers, nous avons préféré continuer. Nous sommes arrivés à Belhaven vers les 20h00. Dès notre arrivée, nous mettons les pieds sous la table, un poulet cuisiné sur le trajet n’attendait plus qu’à être mangé. Au mouillage nous retrouvons nos amis Gigi et Lulu de Roi Soleil.

Je profite de la laverie de Belhaven pour faire une grosse lessive (lavage/séchage 4US$).Les supermarchés ici aussi sont à quelques miles, il nous faut trouver un moyen pour faire des courses car là encore aucun transport en commun. La solution on l’a trouvée : croyez-vous qu’on fasse un peu tache au parking ?



Pour 5 US$ nous avons loué cette petite voiture de golf en se disant que : l’aventure c’est l’aventure, non ? On a bien rigolé avec Marvin en sortant du supermarché, avec le caddie remplit à ras bord. Comment allons-nous caser tout ça dans « coffre ». ? Il n’y a pas de coffre ! Thierry a un peu râlé, mais a fini par se joindre à l’humeur générale une fois que tout était en place, bien ficelé. Nous avons repris la route et sommes rentrés tout « guillerets ».



Belhaven est réputé pour son défilé et son feu d’artifice du 4 juillet (Independance Day). Pour cela il nous faudrait y rester une douzaine de jours supplémentaires. Pas grand chose à faire de plus ici, nous décidons de lever l’ancre et de continuer notre route. Au réveil le lendemain, on se croirait en Bretagne en automne.



Nous différons notre départ d’une journée. Jeudi 26 nous suivons la Pungo River sous génois et moteur jusqu’au canal d’Alligator River. Le capitaine est en permanence à la barre. Impossible de solliciter l’aide de notre pilote, électrique ou aérien dans les canaux. Il contrôle à tout moment le sondeur pour être sûr qu’il reste dans le lit de la rivière.



On croise parfois des barges,…



… qu’il nous faut éviter en serrant le plus possible les berges.

Marvin quant à lui ne coupe pas à sa corvée quotidienne : l’école. Pas d’excuse ici pour dire que le bateau gite ou que le temps est trop mauvais.



Toutefois on fait quelques pauses pour observer sur le balisage les nids des Osprey, le faucon local. Les petits, nés au printemps ont déjà une bonne taille, mais les parents sont encore là pour veiller sur eux.


Le long du canal d’Alligator River, nous ne pouvons que constater les cicatrices laissées par le passage de cyclones ou de tornades.



D’un côté de la rive, la nature est bien verte et les arbres en vie,



de l’autre tout a été rasé.



Nous nous arrêtons pour la nuit à la sortie de ce canal, au milieu de nulle part, « Deep pointe, mes deux hommes s’occupent à pêcher le crabe, avec un coup de poulet attaché à un long fil. Une fois bien accrochées à l’appât, ces petites bestioles ne lâchent prise qu’une fois hors de l’eau. Là il faut être rapides et bien entraînés – ce que nous ne sommes pas encore – car elles se débattent et retombent à l’eau, notre épuisette n’est en plus pas assez grande, ils perdent leurs prises à la grande déception de Marvin qui se voyait déjà les décortiquer pour le souper. La prochaine fois peut-être.

Le lendemain, plus de 50 miles à parcourir, alors debout avec le lever du soleil,


pour continuer sur Alligator River, jusqu'à son pont tournant cette fois-ci,


et remonter le Pasquotank River jusqu’à Elizabeth City. Quant à Roi Soleil, ils suivront la Virginia Cut, on se retrouvera plus tard.
Elizabeth City est désignée Welcome Harbour (Port de bienvenue).



La ville offre notamment 14 places gratuites pour 48h00, un petit bouquet de roses et un verre de vin, afin de souhaiter la bienvenue aux plaisanciers de passage, Incroyable.

Côté Riverside, il y a la plus grande base de Coast Guard de la région. Plusieurs avions nous survolent, à chaque fois, nous recevons un petit salut des ailes.



Sur le waterfront, beaucoup d’animation surtout le samedi avec un marché fruits et légumes, et un marché artisanal où nous rencontrerons notamment un artiste qui redonne vie à du bois flotté,



nous faisons de sympathiques rencontres, Marvin trouvant quelques copines (eh oui) pour jouer au foot. Il a, à nouveau de la peine à faire le premier pas, ça fait plus d’un mois qu’il est resté dans mes jupons ; bien que je n’en porte plus depuis longtemps !



Un nouveau front froid arrive et avons écoulé notre temps admis gratuitement aux pontons de la ville. Nous demandons à Siam (Harbour master) si moyennant paiement nous pouvons étendre notre séjour en attendant que le front passe. Aucun souci, vous pouvez rester ici le temps que vous souhaiter, sans payer quoi que ce soit, il n’y a de toute manière personne (1 ou 2 bateaux de passage), ce n’est pas la pleine saison, en plus votre petit bonhomme met un peu de vie dans le coin. Il faut dire que Marvin, qui peut aller-venir comme bon lui semble, n’arrête pas de faire le singe, de sortir trottinette, ballon de foot et autres, il n’a pas une minute, une fois l’école terminée bien sûr. En plus il vient de recevoir d’un voisin un énorme cerf-volant en forme de bateau de pirate (2m de long). Sur le gazon bien dégagé du waterfront c’est un régal de le faire aller. Je me demande parfois qui a le plus de plaisir : papa ou Marvin ?

Pour le shopping, il suffit de téléphoner à Farm Fresh qui se situe dans un môle commercial à 5 miles du port, en voiture ils viennent chercher les plaisanciers, leur laissant le temps de faire leurs achats avant de les ramener au port. Tous cela gratuitement. Au musée d’Albemarle nous apprendrons notamment l’histoire de la ville, du Dismal Swamp et de son canal que nous emprunterons pour rejoindre le Chesapeake en quittant Elizabeth City.

En passant le front froid nous a apporté un bon coup de vent, un peu de pluie, de beaux éclairs et coups de tonnerre. Une fois le front derrière, ne voulant pas abuser de l’hospitalité, nous quittons cette petite ville charmante. Bill et Pat des « recycleurs » du coin nous offrent, en apprenant notre itinéraire, trois tapettes à mouches car il paraît qu’on en aura besoin en traversant le Dismal Swamp canal !



La Pasquotank River continue, sinueuse et étroite, on peut en admirer sa beauté en profitant du chant des oiseaux, parfois on se dit qu’un moteur électrique ça ne serait pas plus mal côté silence.



Puis nous entrons dans le fameux Dismal Swamp Canal. Nous restons bien au milieu, notre tirant d’eau est pratiquement le même que celui indiqué sur les cartes. Il nous faut donc garder un œil permanant sur le sondeur, sans oublier de lever la tête de temps en temps, les arbres passant à quelques centimètres du mât.



Le Dismal Swamp est un refuge naturel pour la vie sauvage de plus de 109'000 acres de forêts et terres humides. Il abrite notamment quantité d’oiseaux, papillons, insectes. Il y a encore des opossums, renards roux, ratons laveurs, chats sauvages, cerfs, et ours noirs qui habitent cette forêt. Quant aux amphibiens et reptiles, ils sont bien présents. Inutile de préciser que ce n’est pas uniquement la couleur chocolat de l’eau qui nous a dissuadés de la baignade. Quant aux tapettes à mouches elles se sont avérées très utiles contre l’agressivité des mouches jaunes.

L’aventure humaine du Dismal a débuté il y a plus de 13'000 ans, avec les indiens, premiers natifs de l’Amérique qui s’y étaient installés, vivant de chasse et de pêche, jusqu’à ce qu’on les dissémine. Bien des années plus tard, en 1665 William Drummond, gouverneur de la Caroline du Nord a découvert, au cœur de cette forêt un lac, qui porte encore aujourd’hui son nom. C’est notamment sur ce lac que l’on peut profiter d’une grande colonie d’oies sauvages du Canada, d’oiseaux et de petits mammifères. Malheureusement, nous n’avons pas pu nous y rendre pour les admirer, ce tronçon de canal étant fermé pour cause d’incendie. Ça fait plus d’un mois que le Dismal Swamp est en feu, sans que personne ne puisse le maîtriser, la forêt brûlant par ses racines.

En 1763, George Washington, lors d’une visite dans le Swamp, a décidé de créer la Dismal Swamp Land Company, dont il s’est déclaré propriétaire, bien entendu, et d’y faire creuser un canal reliant la Caroline du Nord à la Virginie, à travers la forêt afin d’y faciliter le transport du coton, du bois ainsi que les échanges commerciaux en développant l’agriculture. En premier lieu c’est une ligne de chemin de fer qui a été creusée à travers la forêt,



puis le Dismal Swamp canal a été excavé, uniquement à la force des bras des esclaves. On imagine sans peine le boulot et l’énergie qu’il a fallu dépenser pour traverser ces milliers d’hectares de forêt sauvage, c’est un véritable délire.

Sur le canal, il y a deux écluses et ponts qui s’ouvrent en coordination à heures fixes. Ne pouvant faire les deux écluses le même jour, nous passons la première, celle de South Mills et restons la nuit au centre de bienvenue pour visiteurs.
En fait ce centre est une aire d’autoroute, partagée par deux mondes différents, puisque le canal longe sur une petite partie la voie rapide. Le contraste entre automobilistes et navigateurs est intéressant; il y a ceux qui se rendent d’un endroit à l’autre le plus rapidement possible, les autres qui se baladent au fil de l’eau, au rythme de la nature.

Le lendemain, avant de continuer notre route, nous visitons le petit musée du canal, qui nous apprendra beaucoup sur l’écosystème, la faune et la flore du canal, qui sera le thème du jour pour l’école.

La seconde partie du canal est moins drôle, nous devons passer à travers un épais mur de fumée, due aux incendies dans la forêt.



Nous nous protégeons en portant des bandanas humides pour éviter de nous intoxiquer.


Les mouches jaunes quant à elles envahissent l’intérieur du bateau cherchant un refuge hors de cette fumée. Nous ne passerons pas la deuxième nuit comme prévu à Deep Creek afin de prolonger notre balade dans le canal la fumée s’étendant jusqu’à cet endroit, Nous passerons donc pont et écluse,
continuerons notre route en lançant un dernier coup d’œil à la nature,



avant de pénétrer dans un autre monde : Le Chesapeake, plus exactement l’entrée à Norfolk.



La suite c’est pour bientôt. Avec nos meilleures pensées.

Les New Life en balade