samedi, 24 octobre 2009

Curaçao, le 24 octobre 2009

Salut à tous,

Les volontaires s’occupant de Sully le globicéphale (pilot whale) échoué le 14 juillet dernier s’épuisant après plus de 3 mois, 24h/24h, de « baby sitting » ont lancé un appel au secours afin de trouver d’autres bénévoles désireux de leur donner un coup de main. Nous avons répondu présents, Marvin et moi, comme beaucoup de yachties, en consacrant selon nos disponibilités quelques heures à ce gros bébé de 400 kg.



Tout en faisant du « baby-sitting » auprès de Sully, nous améliorons nos connaissances sur ces gros mammifères. Les femelles ont un petit tous les 3 ans. Leur durée de gestation varie entre 13 et 15 mois. Le nouveau-né quant à lui mesure entre 1.30m.et 1.40m. Les globicéphales se nourrissent essentiellement de calamars, mais ne dédaignent par les poissons. Heureusement que le poisson fait partie de leur menu, sinon Georges et son équipe auraient été bien empruntés pour nourrir Sully. Il faut savoir qu’un adulte ingurgite entre 20 et 45 kg de nourriture par jour.



L’espèce est grégaire et les globicéphales tropicaux vivent en groupes familiaux très stables qui comptent généralement entre 20 et 50 individus. Les structures des groupes semblent très militarisées. Ce cétacé s’approche des navires à l’occasion et parfois des nageurs. Comme les dauphins, les globicéphales peuvent se projeter hors de l’eau et se déplacer par bonds successifs. Il fait surface toutes les 1 à 2 minutes pour respirer. Il lui arrive de demeurer immobile à la surface de l’eau pour se reposer. Il est capable de rester en immersion plus d’une heure et de plonger jusqu’à 600m. Sa vitesse de nage est de 2 à 4 nœuds, mais s’il est effrayé il peut pousser des pointes jusqu’à 25 nœuds.

Georges entraîne Sully tous les matins à suivre son bateau au large afin qu’il retrouve la force nécessaire pour que, le moment venu, il puisse suivre ses congénères. Tout le monde est à l’affût, et vendredi dernier on y a tous cru ; un groupe de globicéphales avait été repérés par des pêcheurs qui ont reporté l’information aux Coast Guard, mis sur pied également.
Malheureusement ces derniers n’ont pas relocalisé le groupe et Sully n’a pu être libéré. Ce qu’il faut savoir c’est que ce pauvre « gros bébé » ne pourrait pas survivre seul, sans l’appui d’un groupe qui l’adopterait et avec lequel il pourrait apprendre à chasser pour se nourrir et vivre sa vraie vie de globicéphale. De plus, Sully est incapable aujourd’hui de capter la fréquence sur laquelle les autres cétacés émettent leur son afin de se retrouver entre eux. Il a donc besoin de l’aide d’humains et c’est l’unique raison pour laquelle il est encore parmi nous.

Pendant que Jonnie et moi sommes autour de Sully, …



…Marvin et ses copains de Pickles s’en donnent à cœur joie au parc aquatique, ne venant nous trouver que pour les en-cas. La baleine c’est sympa un moment, mais bon, les potes et les jeux c’est encore mieux, même si parfois on se rate au toboggan et qu’on perd une dent.


Après cette aventure "dent perdue", le souci de notre moussaillon c’est que la dent a été avalée. Comment faire pour que la souris amène tout de même un cadeau ? Je n’ai même plus de dent à lui mettre sous l’oreiller et ça c’est prie que tout ! Me dit-il.

Effectivement c’est un problème, il va falloir trouver une solution. Le lendemain, je profite de la leçon de français en suggérant à Marvin d’écrire un mot à cette souris, de lui expliquer ce qui s’est passé, ensuite on verra bien ce qu’elle décidera.

A 0600 le surlendemain, branle-bas de combat. Maman, maman, réveille-toi, regarde, j’ai un cadeau de la souris et un petit message de sa part. Elle m’a amené le livre de Moby Dick la baleine en m’écrivant qu’elle prendrait ma prochaine dent et qu’il ne fallait pas m’en faire. C’est génial.

A peine une demi-heure plus tard, c’est Peter (Limin Lady) notre voisin qui vient taper à la coque. Il a besoin de Thierry au plus vite ! Le Jonalisa, le bateau avec lequel il fait du charter à la journée sur Klein Curaçao est immobilisé depuis une semaine sur le chantier à Curaçao Marine pour maintenance et entretien. Tout ce qu’il y a de plus normal jusqu’à présent. Un de leur gouvernail était cassé depuis quelques mois déjà. Ils ont profité de la mise à terre du bateau pour demander au chantier de le réparer. Le chantier a accepté le travail mais voilà que deux jours avant la mise à l’eau du bateau, le gars qui devait faire le boulot leur dit : « Sorry, I’m going on holiday and I’will not do the job » (désolé je pars en vacances, et je ne ferai pas le travail) !

A une heure aussi matinale Thierry est encore dans les bras de Morphée. Je demande à Peter de repasser un peu plus tard, je vais voir ce que je peux faire en réveillant le capitaine avec un bon café. Il sait Thierry bien occupé sur le Science Mari en ce moment, mais il ne voit pas à qui, il pourrait faire appel, dans l’urgence.

Deux jours et demi pour faire un gouvernail, c’est court, mais Thierry va faire son possible. Il en parle au capitaine du Science Mari qui comprend cet impératif. Il lui propose même de le fixer à bord de son bateau, où il y a plus d’espace. Les Vrais Marins se comprennent.

Cela arrangé, on part directement avec Peter au chantier pour récupérer le gouvernail. Pas de chance, il manque 20 cm pour sortir la mèche. Le chantier qui est soi-disant trop occupé refuse une manutention de grue. Bien entendu cela après les « mots » que le capitaine du Jonalisa a eus avec eux suite à leur refus de dernière minute ! Peter, son équipe et Thierry tentent de trouver une solution, mais il serait trop risqué de lever le bateau avec des vérins, il pèse 25 tonnes.



Il faut attendre le grutage de sa mise à l’eau - programmé à vendredi - pour que le fameux gouvernail soit récupéré ! Le hic c’est que le bateau a un charter avec plus de 70 personnes à son bord dimanche. La réparation est impossible à réaliser dans un laps de temps si court. Le chantier n’en a rien à « foutre » (désolée pour l’expression). Curaçao Marine ne le mettra pas à l’eau avant vendredi au milieu de l’après-midi. Sympa, merci les gars pour votre coopération !

Pour que Thierry puisse faire le travail, Peter prend la décision d’aller dimanche à Klein avec un seul gouvernail. C’est risqué, mais ça devrait le faire.



Ce bateau fait 4 fois par semaine le trajet sur Klein. Thierry travaille d’arrache pied afin de ne pas tenter le diable car entre Curaçao et Klein la mer est houleuse et forte, la navigation se fait contre courant et vent. Qui plus est avec autant de passagers à bord, on ne voudrait pas qu’il leur arrive quelque chose avec le seul gouvernail restant.

Week-end mouvementé pour Thierry qui travaille même dimanche. Relax pour Marvin qui en profite pour inviter son ami Loïc.



Nous avions rencontré Loïc et ses parents sur Reine Marguerite, à Chipiona, l’année de notre départ. Grâce à l’informatique, nous avions gardé le contact sans que nos routes ne se croisent toutefois. Les voilà aujourd’hui à Spanish Water pour quelques semaines. Loïc qui avait 4 ans alors, en a maintenant 11. C’est un passionné d’optimiste. Marvin qui n’était qu’un bébé à l’époque n’en garde aucun souvenir, mais aujourd’hui, il écoute son copain et suit ses conseils à la lettre car les infos qu’il lui donne pour l’optimiste sont de premier ordre. Il les appliquera lors des prochaines leçons.

C’est incroyable les différentes personnes que l’on peut croiser sur l’eau et la disponibilité de certaines d’entre elles. Si un jour, vous voyez au mouillage le Mariposa, battant pavillon allemand,…



… n’hésitez pas d’aller faire un brin de causette avec son capitaine, le Dr Michael Leppert, qui a vendu sa clinique en Allemagne, il y a trois ans. Depuis Michael navigue avec son épouse sur un cata de 50 pieds, équipé entre autre d’une salle de radiographie. Son bateau peut être opérationnel en 20 minutes pour une intervention chirurgicale. La chaise du barreur n’est rien d’autre qu’une chaise de dentiste, inclinable et réglable à souhait.

Michael soigne, opère et guéri tout au long de sa route. Une de ses spécialités et croyez-moi il en a d’autres, le bec de lièvre chez les enfants. Michael intervient gratuitement. Il me disait que le seul regard des parents lorsque l’enfant pouvait parler normalement était largement suffisant et compensait tout salaire. Il a déjà opéré plus de 52 enfants nécessiteux durant son voyage. Michael est définitivement une personne à rencontrer.

Cette semaine nous allons devenir terriens. Nos amis Brigitte, Roland et les enfants partent en vacances. Ils nous confient leur maison, ainsi que Floyd, leur petit chien qu’ils ne peuvent embarquer avec eux. Nous délaissons donc Sully pour le toutou.

Floyd un peu timide au début a vite pris confiance. Marvin qui désire tant avoir un chien veut s’en occuper à 100%. Au bout de quelques jours, ils deviendront de bons amis, Marvin bougeant à peine le petit doigt que Floyd est près de la porte pour la balade ou assis vers sa gamelle attendant sa pitance.



Lorsque Sacha, le chien du voisin vient lui rendre visite, c’est une belle partie de jeu qui s’engage et mieux vaut ne pas se trouver sur leur passage lorsqu’ils entament un sprint.



On n’a pas l’habitude d’être à terre. Je fais les cent pas entre la cuisine et la terrasse lorsque nous passons à table, il manque toujours quelque chose.



La première nuit on trouve le quartier bruyant avec les chiens qui se passent le mot pour hurler de concert toute la nuit. Les hifis qui diffusent de la musique jusqu’à point d’heure. Le lit ne bouge pas, le bercement du bateau nous manque. Je cherche mes marquent, mes pieds se mettent à pomper pour obtenir de l’eau courante alors qu’il suffit d’actionner un robinet. Je tourne un interrupteur, espérant avoir de la lumière, voilà que c’est un ventilateur qui se met en route. Marvin tombe de lit en cherchant à se caler. On a de la peine à trouver le sommeil.

Mais au matin, on se réveille avec le chant des oiseaux. Floyd nous fait la fête. On prend le petit-déj. en terrasse après avoir promené le chien. La machine nous fait un bon café mousseux, le mixer un excellent jus de mangues avec des fruits juste tombés de l’arbre.



Thierry part au boulot, il rentrera pour midi. L’école se fait sur la terrasse où chaque lézard qui passe, chaque oiseau qui vole est une excuse pour lever la tête des cahiers. Floyd au pied de Marvin se fera lui aussi un plaisir de le distraire. En fin de matinée, je me retrouve avec du temps devant moi car pendant que j’officiais avec Marvin, la machine à laver le linge faisait mon boulot. Je peux feuilleter, les pieds en éventail quelques magazines en attendant Thierry.

L’après-midi retour sur New Life pour quelques heures afin de parer au quotidien, faire tourner le désalinisateur et se baigner. En fin de journée lorsque Thierry a terminé son travail, c’est le retour à la maison, promenade du chien et - ce que nous avons le plus apprécié je crois - une douche à grande eau. C’est fou comme ces petits rien prennent des allures de grand luxe tout-à-coup.

Apéro, souper, puis au moment de mettre notre moussaillon au lit…,



…Thierry nous quitte pour dormir à bord, n’étant pas tranquille de laisser le bateau seul au mouillage toutes les nuits. Bien lui a pris, car un soir, s’il n’était pas rentré, je pense qu’on aurait eu de la visite à bord. On vous donnera les détails de cette affaire - qu’il nous faut digérer avant - dans la prochaine publication.

Une dernière machine, une bonne grosse douche avant de partager une bière avec Brigitte et Roland reprenant possession de leur bien à la fin de leurs vacances. Floyd quant à lui sera un peu emprunté, faut-il nous suivre ou rester à la maison avec ses maîtres ?

Avec nos meilleures pensées
Les New Life en balade

lundi, 21 septembre 2009

Curaçao, le 20 septembre 2009

Salut à tous,

Désolée pour ceux qui attendaient de nos nouvelles plus tôt. Tout arrive à qui sait attendre.
Voilà je vous avais quitté avec Bill, qui heureusement a décidé de poursuivre sa route au large sans ennuyer les îles, c’est toujours un soulagement que de voir la trajectoire d’un cyclone changer. Claudette, Danny, Erika, Fred ont suivis, ainsi que des dépressions tropicales. Il y en aura d’autres, c’est la saison ! Aujourd’hui grâce à l’informatique et à l’électronique que le navigateur moderne dispose, il peut éviter ces phénomènes, planifier sa route en conséquence, se mettre à l’abri si nécessaire, etc. Il est bon parfois de se remémorer les temps anciens où tout cela n’existait pas. On est persuadé qu’à l’époque l’esprit marin était tout autre que ce qu’il est de nos jours où tout doit passer d’abord par la case «payer » et où les nouveaux marins sont considérés comme des « banques en puissance ».

Qu’il y ait un service ou pas, des facilités ou non à disposition, on nous attend au tournant pour un oui ou pour un non le porte-monnaie doit être ouvert ! Pire encore, lorsqu’il s’agit d’aider ou de rendre service à quelqu’un, boof, il n’y a pas foule au portillon puisqu’il n’y a aucun intérêt à en retirer. Ça en devient désolant !



Parlant argent, je vous avais dit dans ma précédente information que le chantier de Curaçao Marine avait augmenté ses prix de plus de 30 %. Je suis en mesure aujourd’hui de vous les communiquer. Accrochez-vous !

Sortie et mise à l’eau :
jusqu’à 39 pieds : 6US$/pied
de 40 à 49 pieds : 7US$/pied
de 50 pieds à + : 8US$/pied
Câlage (minimum 40 pieds) 1US$/pied
Entreposage par jour: 0.40US$/pied
Entreposage à long terme : 0.35US$/pied
Electricité :110/220 V : 0.80US$/KWH
Eau : 0.04US$ /Litre

Quant à la touche finale, qu’il ne faudra pas oublier d’additionner à votre devis, c’est :

Vie à bord : 4US$/par jour / par bateau

Si vous décidez de suer en faisant vos travaux vous-mêmes sur votre bateau vous serez pénalisés de 2 US$/pied à la fin de vos « vacances » au chantier ! Encore heureux que ce prix n’est pas par jour ! Voici leurs coordonnées si vous souhaitez vous faire arnaquer en sortant votre bateau chez eux.

Website curacaomarine: http://www.curacaomarine.com/
e-mail adresse : curacaomarine@intermeeds.net
tél. +(5999) 4658936

L’autre chantier de Curaçao, Opus Marine est fonctionnel à vos risques à périls. Quant aux autres renseignements pratiques sur l’île, je vous laisse lire l’article paru le 21 août 2009 concernant leur mise à jour.

Le 23 août, les cours CNED sont enfin arrivés. Marvin est du coup moins joyeux puisqu’il faudra recommencer l’école. Avant tout, mettons la main sur le paquet, aucune adresse postale n’étant précisée que le formulaire de retrait. Brigitte propose de m’emmener en voiture dans les différentes postes de l’île (il y en a 3), car elle n’est pas certaine qu’on trouve le carton du premier coup. On se dirige vers le grand centre de tri où les paquets internationaux arrivent. Raté, il n’est pas là. Il se trouve à Paseata nous dit-on. Le problème c’est que Paseata, personne n’en a entendu parler. Finalement on trouve une personne qui nous dit que Paseata est un centre commercial et qu’il devrait y avoir un bureau de poste, c’est à Santa-Rosa. Après 45 min. de queue dans cette minuscule poste, nous récupérons enfin le paquet. Ne serait-il pas plus simple de mettre l’adresse de la poste à Santa-Rosa que le nom d’un centre commercial dont personne n’a jamais entendu qu’il existait ?



S’il y a des retrouvailles qui nous font plaisir, il y en a d’autres qui nous tiennent particulièrement à cœur. C’est non sans émotion que nous avons vu arriver au mouillage de Spanish water Samsara,




à son bord notre ami argentin Eduardo Klenk (vous trouverez toute l’histoire d’Eduardo dans le blog, septembre 2007).




Depuis qu’il peut naviguer à nouveau, Eduardo, 73 ans, ne tient plus en place, il aligne les miles ; Trinidad, Guadeloupe, Les Saintes, Grenade, Margarita, Curaçao. Il se déplace au rythme des saisons en vendant ses belles peintures qui lui permettent de vivre et de voyager en appréciant la vie à sa juste valeur. Vous imaginez bien que pour ces retrouvailles, il faudra plus d’une soirée pour épuiser nos récits réciproques.

Pendant que Thierry et Marvin s’occupent à la décoration du wake board,…



je couds des housses de jerrican d’essence pour un voisin.

Le boulot commence gentiment, nous sommes seulement fin août et il y a encore peu de monde au mouillage.

Afin de nous remercier d’un petit service rendu, Ono sur Sogno d’Azul nous invite pour une journée baignade/barbecue à Fuik Baai. Peter et Trudy que nous avons retrouvé aussi avec plaisir nous accompagnent pour cette joyeuse journée. Il y a deux ans Thierry avant fabriqué en époxy les réservoirs d’eau d’Aguilla, leur bateau. Ça nous fait plaisir d’entendre qu’ils en sont toujours satisfaits. Nous sachant de retour, ils feront passer le mot quant à la qualité du travail de mon capitaine.



Nous apprenons qu’il y a une baleine pilote « pilot whale » qui s’est échouée il y a deux mois sur la plage du Zanzibar, Jan Thiel Resort. Cette baleine était paraît-il dans un état lamentable lorsqu’elle a été récupérée. Un abri de fortune avec pontons flottants et filets a été construit sur la plage de cet hôtel afin de lui sauver la vie, de la nourrir, de la soigner, pour qu’elle retrouve une bonne condition physique et qu’elle puisse rejoindre ses congénères en toute liberté.

C’est une excellente occasion d’aller se dégourdir les jambes, malgré la chaleur, en allant rendre visite à Sully,…



… cette baleine mâle de 3 ans qui, comme je l’ai dit est arrivée en très mauvaise posture. Georges du Dolphin Academy Center, ainsi qu’un groupe de volontaires, se relaient plusieurs fois par jour pour lui apporter les soins nécessaires, notamment le gratter afin d’éviter qu’une trop grande quantité de coquillages ne s’accrochent à sa peau. Tôt le matin, lorsque la plage du Zanzibar est déserte, Georges ouvre l’enclos de fortune, habitue Sully à suivre son bateau dans la baie, pour qu’il puisse d’une part avoir de l’exercice et d’autre part pour qu’il soit en mesure de l’emmener au large rejoindre les siens lorsqu’un groupe de pilot whales sera repéré par les Coast guards lors de leur prochaine migration. On espère tous que Sully retrouvera rapidement le grand large.



Comme nous sommes sur la plage du Zanzibar, Marvin profite du mini parc aquatique faisant des expériences en ouvrant et fermant des vannes d’eau apprenant par la même occasion le système des vases communicantes. Quel plaisir de se prendre un baquet d’eau sur la tête, lorsque les vannes inférieures sont fermées.




Le Curaçao cruisers net est toujours en fonction le matin sur canal VHF 72 à 0745. Je reprends du service le samedi, jour où pour nous l’école commence un peu plus tard. Martin et Pim se chargent de la météo, Pam, Babette se partagent les autres jours de la semaine. Comme nous resterons à Curaçao quelques mois, il est sympa de participer aux activités locales en donnant un petit coup de main.

Thierry vient de décrocher un gros boulot. La création d’un énorme bac en époxy pour les eaux noires sur un bateau scientifique ancré non loin de nous. Je dis énorme car il utilise plus t'un gallon d'époxy par jour. L’équipe est très sympa et il travaille dans la bonne humeur générale. Une fois que le bac sera terminé, le capitaine du Science Mari a trouvé une autre occupation pour Thierry ; la création de capots en bois et époxy sur le pont afin d’aérer au mieux les cabines de l’avant.




Deux autres bateaux où des devis ont été établis attendent la visite de Thierry maintenant. Premier sur la liste, premier servi, mais vu comme c’est parti, le capitaine du Science Mari n’est pas prêt de se séparer de Thierry.

A la radio ce matin une annonce concernant une journée portes ouvertes au Curaçao Dolphin Therapy Center (CDTC). C’est une occasion unique pour nous que de pouvoir assister au travail entrepris par ce centre afin d’améliorer, avec l’aide de dauphins, le bien-être d’enfants ou de jeunes handicapés. Ce matin nous courberons le CNED pour une autre école.

http://www.curacaodolphintherapy.com/

Un petit film d’une vingtaine de minutes nous présente les activités du centre, notamment les diverses thérapies dans lesquelles l'interaction avec des dauphins particulièrement formés est un élément essentiel. Combinées avec des séances de physiothérapie, d’orthophonie et d’ergothérapie, ces thérapies permettent une amélioration de plus 80% de la vie d’enfants handicapés.

Lorsque les lumières de la salle se rallument, il faudra un petit moment – tant l’émotion était grande – pour que les premières questions soient posées à Markus, le thérapeute fondateur du centre.

Markus, nous entraînera ensuite dans les salles de soins nous présentant le matériel adéquat avant de nous emmener le long des bassins où des enfants sont actuellement en thérapie. Quelle image magnifique que de voir cet enfant de 6 ans, ne pouvant maîtriser ses gestes, arriver à prendre des nageoires d’un dauphin une balle que ce dernier lui présente. Dans chaque bassin, il y a un thérapeute, le dresseur du dauphin et l’enfant. Parfois les parents rejoignent le groupe afin que tous contribuent, dans un climat de plaisir et de jeu, au bien-être de leur enfant.

Le programme CDTC comprend 10 jours durant lesquels un enfant a une session de thérapie de 2 heures par jour. Les familles sont entourées et encadrées, toujours dans cet esprit d’amélioration des aptitudes de l’enfant qu’il soit handicapé mental, physique ou psychique. Tous font un travail extraordinaire, c’est certain. Cette journée ne nous laissera pas indifférents.

Ce genre de thérapie coûte cher et je trouve déplorable, voire scandaleux que les assurances ne remboursent pas les traitements, n’aident les familles, ni ne subventionnent ces centres de soins. Une participation de leur part permettrait de diminuer sensiblement le coût des thérapies les rendant plus accessibles aux familles dans le besoin. Les résultats sont pourtant là : plus de 80 % d’amélioration sur l’état physique des patients.

Après cette journée remplie d’émotion, les pirouettes des dauphins, les clowneries des otaries du Seaquarium, juste à côté, nous paraîtront bien fades.




En rentrant au bateau Marvin nous bombarde de questions. Nous n’avons pas perdu notre temps aujourd’hui et je pense que l’école de la vie c’est aussi d’apprendre qu’il y a des enfants différents, moins chanceux, qu’il ne faut en tout cas pas exclurent.

Dimanche dernier, le jeune équipage de Pickles était sur New life pour une belle partie de rigolade. Des pirates de toute part ont attaqué Peter Pan et Capitaine Crochet. Lorsque cette joyeuse équipe se retrouve sur un bateau ou sur un autre, autant dire que les voisins posent leur bouquin et suivent les va-et-vient du pont supérieur, les pirouettes au bout des drisses, les plongeons ou autres inventions, leur quiétude étant quelque peu dérangée.





Un cours d’optimistes commence pour les enfants à l’Asiento. Nous demandons à Marvin si ça l’intéresse. Une semaine d’attente avant le premier cours,… c’est long,… mais la patience sera récompensée. Rosalie et Yoop donnent aux moussaillons les explications de base et c’est parti, chacun troquant son titre de "mousse" pour celui de "capitaine".




Quelques abordages entre les bateaux au départ, un ou deux coups de bôme sur le front leur fait comprendre la direction du vent, on tire sur l’écoute pour border, on largue lorsqu’on gîte trop afin de redresser l’optimiste, on s’assied au vent sinon on chavire,…c’est le début.




A la fin de la première leçon, Marvin sera en larmes. Le bateau ne veut pas faire ce que je veux, aller là où je le souhaite ! Comme je suis sur le ponton à prendre des photos, il se vexe et abandonne son optimiste pour venir me pleurer dans le gilet. Rosalie le prend à part et lui dit que c’est un « capitaine » de bateau, qu’on ne l’abandonne pas de la sorte pour aller se plaindre vers sa maman. C’est nul, je ne veux plus continuer, ni revenir samedi prochain !

Quand les autres petits « navigateurs en herbe » reviennent, Rosalie arrive à persuader Marvin qu’il fait partie d’une équipe maintenant, qu’il faut abandonner sa maman mais non son bateau et qu’il doit participer au rinçage, au rangement des bateaux et aider ses petits camarades. Un briefing en fin de cours lui permettra de comprendre que tout n’est pas si simple sur un bateau, qu’il faut de la patiente et que tout s’apprends avec le temps.

Après un « give me five » avec Rosalie et Yoop, Marvin promet d’être présent samedi prochain pour le second cours. Yeah !


Avec nos meilleures pensées
Les New Life en balade

mercredi, 19 août 2009

Curaçao, le 21 août 2009

Salut à tous,


Voilà un mois que nous sommes à Curaçao. Au mouillage de Spanish Water, nous avons retrouvé des connaissances et amis. Certains malheureusement ont quitté ce monde pour se reposer dans un endroit plus paisible qu'eux seuls connaissent.

La ville de Willemstad n'a pas beaucoup changé en deux ans, le pont flottant relie toujours Punda à Octobanda, s'ouvrant au passage des cargos se rendant à la raffinerie ou au port commercial,



... ainsi qu'aux plaisanciers se rendant au chantier de Curaçao Marine (http://www.curacaomarine.com/) pour le carénage, l'entreposage ou encore pour entreprendre des travaux à leur bateau.
Je profite de mettre à jour les infos concernant les chantiers. Curaçao Marine reste en fonction, ils ont agrandi leur surface d'entreposage, disposent maintenant d'une grande halle pour effectuer des travaux de peinture, à l'abri de toute poussières. Leurs prix ont toutefois augmentés de 30 %.

Quant à l'autre chantier - ex propriété de Charlton Liendo, Opus marine - situé à Piscadera Baai, il a été vendu et racheté par des vénézuéliens qui ont tout simplement triplés les prix. Ils étaient plus chers que Curaçao Marine, il y a quelques mois. N’ayant plus le même succès, ils se sont mis en faillite, le chantier tourne au ralenti, les prix sont variables changeant du jour au lendemain, le personnel joue à cache-cache : « Tu m’a vu aujourd’hui, mais je ne sais pas quand je reviendrai !» Malgré un tarif agréé à la sortie du bateau, ce dernier peut varier lors de la mise à l’eau ! Pour l’instant ils s’occupent plus de leurs tractations juridiques que des éventuels clients. Je ne saurais donc recommander ce chantier pour le moment; ça fonctionne, mais c'est une loterie. Un conseil si vous prenez tout de même la décision de sortir votre bateau dans ce chantier, mettez tout par écrit.

Budget marine ( http://www.budgetmarine.com/ ) est toujours présent sur le chantier de Curaçao Marine ainsi qu’à Caracasbaiweg. Rob Harms s’occupe toujours aussi bien de vos voiles à modifier ou à réparer. Barry Day sur Witchcaft est là, si vous avez des soucis avec votre désalinateur, vous pourrez le contacter sur le canal 72 VHF. Louis Ruyssenaem s’occupe entre autre de réfrigération et d’air conditionné ( http://www.kivahotmail.com/ ). Gijs Sijbranda ( http://www.curacaorigging.com/ ) a maintenant ouvert sa propre entreprise pour tout ce qui tourne autour du gréement.

Quant à nous, on répondra aussi présents – pour vos travaux d’epoxy, soudure, bois, mécaniques, travaux sous-marins, couture, etc. - pour la durée de notre séjour à Curaçao. Pour l’instant nous sommes dans le lagon de Spanish water. Nous planifions d’y rester plusieurs mois afin de refaire la caisse de bord, qui s’est percée rapidement lors de nos soucis d’inverseur aux Etats-Unis l’année dernière. D’habitude nous travaillons tout en nous déplaçant, mais là, nous sommes en saison cyclonique, bouger dans La Caraïbe n’est pas la meilleure des idées pour le moment, nous allons donc rester sédentaires pour quelques mois.

Comme le Sarifundy a brûlé, il y a une année…,



…l’Asiento…



…lui a succédé pour les Happy Hours du mardi et jeudi. Ces soirées sont l’occasion pour les yachties et professionnels de se retrouver devant un verre, de partager des informations quant aux navigations et aux expériences de chacun, de rencontrer de nouvelles personnes et pour les enfants de jouer ensemble, sans que les parents soient derrières eux.

Dès le mois de septembre/octobre prochain, une partie de la communauté va reprendre la route en direction de la Colombie, des San Blas, Panama, etc. L’idée germe entre ceux qui y sont déjà allés de mettre sur pied une conférence pour passer certaines infos à ceux qui s’y rendent. Annoncée sur le Curaçao Cruiser’s net (VHF 72) la conférence aura permis de réunir entre 35 et 40 personnes sous le couvert de l’Asiento. J’avais préparé pour l’occasion un diaporama, accompagnant mes explications, Helena avait amené ses molas, Hans son ordinateur avec pour appui une bonne cartographie MaxSea afin que tous se situent au fil de la conférence.



Les Tyee sont arrivés de Bonaire il y a quelques jours, c’est l’occasion pour les enfants de se retrouver, de se faire de nouveaux copains, de partager l’anniversaire de Théo tous ensemble.


Bien entendu après plusieurs heures passées à faire les fous dans l’eau, ce petit monde est affamé. Lucie avait préparé salades, burger, hot-dog, gâteaux, boissons, tout était prévu pour calmer ces ventres affamés.




Lucie, John et les enfants restent une bonne semaine à Spanish water, puis ils reprennent leur route direction Panama. On en profite pour leur demander s’ils ne voudraient pas se charger d’emmener jusqu’à Portobello – qui est sur leur chemin - les deux psis de 150m2 que nous transportons de St-Martin et de Martinique pour nos amis José et Fanfan d’Amuitz. Ils acceptent volontiers. Du coup New Life retrouve un peu d’espace. Il n’est pas si petit notre bateau finalement ! La poste maritime fonctionne nettement mieux que la poste terrestre, y'a pas de doute!




Côté boulot, c’est encore calme, nous en profitons pour nous occuper de notre bateau qui en a grand besoin. Il suffit d’être un peu négligents et voilà que la rouille profite de s’installer. Ça c’est l’avantage d’avoir un bateau en acier, on ne s’ennuie jamais, les pinceaux et la peinture sont à portée de mains !

A St-Martin (SXM) nous avions fait un échange de moteur hors bord avec Olivier et Paty d’Iron qui cherchaient un petit moteur. Nous avons donc maintenant en plus de notre 5cv, un 10 cv au lieu de notre petit 3cv. Seulement le moteur 10cv dispose d’un arbre long, ce qui fait que l’annexe s’enfonce de l’arrière lorsque nous l’utilisons à pleine puissance. Qu’à cela ne tienne, Thierry modifie l’arrière de l’annexe en créant une chaise pour surélever le moteur et fabrique des ailettes - avec un profil ailes d’avion - pour que celui-ci porte mieux.



Le résultat en est concluant, grâce aux ailettes, l’annexe ne s’enfonce plus et lorsque nous tirons Marvin à l’arrière avec sa petite planche de plage, il peut déjauger, se mettre à genoux, ce qui est loin d’être évident sur une planche en mousse et un 10cv.




Comme notre moussaillon semble s’intéresser de plus en plus au surf, ski nautique, wake board, planche à voile, que les discussions avec les copains tournent souvent autour de ce sujet, que son anniversaire approche, l’idée de lui acheter un vrai wake surf germe dans notre esprit.

Discrètement, à chaque fois que nous partons en courses, on s’informe, on se renseigne, on cherche ce qui serait l’idéal pour lui. Nous sommes un peu largués sur le sujet ! Mais tout ce que nous trouvons est complètement hors de prix ici. De plus il faut attendre plus d’un mois pour que de nouvelles planches enfants soient disponibles. Thierry décide donc de lui en construire une en époxy. On se documente donc sur la question.
Quand on lui a annoncé la nouvelle – impossible de faire autrement l’atelier étant à bord - nous avons vu les yeux de notre bonhomme briller de mille feux. Il veut participer à la construction de son wake surf, aider papa à scier la mousse, poncer la fibre. Marvin a déjà des idées très claires quant aux motifs qui décoreront sa planche. Thierry travaille d’arrache pied pour qu’elle soit terminée à temps.



Samedi 15 août se sont les premiers essais de flottabilité…



… puis le 16, le jour de son anniversaire, après avoir laissé sécher la première couche de peinture, Marvin la teste. Là, il nous « scotche » sur place après trois essais seulement le voilà déjà debout sur la planche !



Il ne reste maintenant plus que le design, mais ça, se sera pour plus tard car nous organisons une fête d’anniversaire avec les copains et copines, ce lundi 17 et Marvin veut absolument faire une démonstration à ses amis, et leur proposer d'essayer sa planche. De mon côté je ne sors pas tellement de la cuisine, occupée depuis dimanche matin à cuire les cakes et gâteaux d’anniversaire.





Faire la fête c’est bien, mais nous gardons un œil ouvert sur l’activité cyclonique qui devient plus active ces derniers temps avec le passage des dépressions tropicales Ana et Claudette. St-Martin (SXM) a été un peu venté (40 nœuds) lors du passage d’Ana. Claudette a bien rincé la Floride. Quant au cyclone Bill, le premier de la saison, il a atteint ce matin la catégorie 4 (l’échelle de Saffir et Simpson compte 5 catégories), il est encore à 700 miles des Petites Antilles, se dirigeant WNW à une vitesse de 16 nœuds. Déjà des vents à plus de 130km/h, une mer qui se forme à 35/40 pieds, qui vont en s’intensifiant.



Les météorologues prévoient son passage entre les Bermudes et la Côte Est des USA, mais chaque jour sa progression est analysée et sa courbe varie en fonction des hautes pressions situées dans son nord. Nous pensons à nos amis et aux gens qui seraient sur sa trajectoire si ce cyclone ne meurt pas en mer.
Aujourd'hui (21 août 2009), Bill change sa trajectoire et monte plein Nord en déminuant d'intensité, il est passé en catégorie 3.

Je vais vous quitter là pour aujourd’hui en vous souhaitant une toute belle journée.

Avec nos meilleures pensées
Les New Life en balade