mardi, 17 novembre 2009

Curaçao, le 18 novembre 2009

Salut à tous,

Nos amis Brigitte et Roland ont repris possession de leur maison, les choses sont rentrées dans l’ordre pour notre petite famille qui a réintégré New Life avec son train-train quotidien.

Nous sommes le 24 octobre, notre autorisation de séjour, côté immigration, arrive à échéance. Au lieu de passer par toutes les tracasseries administratives (déjà vécues en 2007) en vue de son extension, nous décidons de faire d’une pierre deux coups. Rendre visite à des cops à Aruba, nous reposer quelques jours - ce qui fera le plus grand bien à Thierry qui travaille comme un fou - et par la même occasion étendre notre autorisation de séjour à Curaçao de trois mois.

Nous sautons donc dans un petit avion à hélices pour parcourir en 30 minutes de vol qui séparent Curaçao d’Aruba. Le temps de remplir les formalités d’entrée voilà que le train d’atterrissage sort et qu’il me faut relever la tablette devant moi.



Nous avons réservé 3 jours/2 nuits avec petit-déj. au Talk of the Town, un petit hôtel à 20 minutes de marche de l’aéroport. Inutile de préciser qu’à peine les affaires déposées en chambre, c’est direction piscine qu’on se dirige.



Après la baignade, un saut en ville avec le Crazy Shuttle de Maria,



pour prendre le lunch avec Xiomara, la sympathique adjointe de Renaissance Marina.



Une demi-heure de marche pour rentrer à l’hôtel, malgré la chaleur, ce n’est pas grand-chose, mais voilà, il suffit d’avoir des chaussures « Made in China » pour que ce trajet devienne un véritable supplice.



Le soir même Malou et Dominique de Catafjord,




nous invitent à partager un souper à bord de leur cata. Vous nous avez quitté à Curaçao, alors on vient à vous ! Nous passerons une belle soirée en leur compagnie. Ils continueront leur route sur la Colombie, San Blas et prévoient de passer dans le Pacifique l’année prochaine.

Tout comme Nathalie et Dominique de l’Etoile de Lune qui sont eux aussi à Aruba et que nous retrouvons le lendemain en ville pour nous « envoyer » une énorme, mais ENORME glace de chez Hägen Daz. Nath la gourmande, a même les yeux plus gros que le ventre et n’arrivera pas au bout de sa gourmandise. Pani problem, son capitaine chéri la connaît bien. Il l’épaule dans sa dure tâche en terminant sa glace !

Nous passons trois jours agréables sur Aruba, mais il est temps de reprendre l’avion pour rentrer. A notre arrivée à l’aéroport, je demande de nous préciser pour quelle période nous sommes autorisés à séjourner à Curaçao maintenant. A ma grande surprise, on me répond un mois. Cela n’arrange vraiment pas nos affaires ! Lorsque vous arrivez en avion vous n’avez droit qu’à un mois de séjour me répète-t-on, comme si j’étais sourde.

Dès le lendemain, Thierry reprend le boulot, je me rends à l’immigration en ville, où je dois effectuer à nouveau les formalités d’entrée (bien qu’elles aient été faites à l’aéroport) afin que tout l’équipage réintègre le bateau. Là, je repose la question de la durée autorisée de notre séjour et on me répond 3 mois.

J’ai la bouche qui m’en tombe ! L’employée voyant ma tête me demande s’il y a un problème. Je lui explique donc l’épisode de l’aéroport en lui disant qu’en décembre nous repartirons de Curaçao en avion pour nous rendre en Suisse et que je ne voudrai pas avoir à ce moment-là un souci. Et cette dernière de me répondre : De toute manière vous devez passer à nouveau par mon bureau pour faire les formalités de sortie des personnes du bateau, alors MOI je vous donne trois mois et c’est tout bon comme ça. OK, OK parfois vaut mieux ne pas insister, ni se poser mille et une questions !

Le jeudi suivant nous sautons à pieds joints l’happy hours de l’Asiento pour aller rendre visite à La Fée Verte. Monique et Jean-Claude nous ont préparé une surprise. A la fin de l’apéro, nous sentons une odeur que nous croyons reconnaître, mais sans en être vraiment sûrs. On se regarde, on a des doutes, mais on n’ose pas se prononcer. Tout à coup, c’en est trop, nos papilles gustatives en ébullition, on lance : ça ne sentirait pas la fondue par hasard ?




Les photos parlent d’elles-mêmes. Quel plaisir partagé cette fondue au milieu du carré de La Fée Verte, ce magnifique Islander 55. Complètement restauré avec amour par Jean-Claude et Monique qui aujourd’hui, cherchent à le vendre ou à l’échanger contre un bien immobilier. Pour les éventuels intéressés, voici les coordonnées internet de Jean-Claude et Monique (e-mail : passages3@hotmail.com . Ils se feront un plaisir de vous envoyer un descriptif complet de leur bateau qui est prêt à continuer le voyage.

Halloween le 31 octobre, on ne manque pas à la tradition depuis que nous l’avons découverte l’année dernière aux States. Une petite fête avec déguisements et prix pour le plus original, jeux, hot-dog, gâteaux, bonbons, etc. est organisée à Kima Kalki Marina par Pam de Sandals qui invite petits et grands à y participer. Je suis chargée des desserts; brownies, gâteaux aux amandes, beignets aux bananes occupent ma journée. Il fait plus de 30° à l’extérieur, mais pas moins de 40° à l’intérieur du bateau, le four aidant. Après une baignade réparatrice, nous voilà partis pour le « trick or treat », Marvin en tête.



Quant aux autres déguisements, ils ne manqueront pas d’originalité.



Beaucoup de bateaux arrivent et repartent en cette saison, c’est la grande migration des «yachties». Ca fait bizarre de rester sur place, l’envie de lever l’ancre nous prend parfois, mais on sait pourquoi on est là. Thierry est toujours occupé à plein temps sur le Science Mari, il a terminé le bac des eaux noires, avec clapets anti-retour,



et arrive bientôt au bout des trois hublots ouverts sur le pont



Roger, le capitaine du Science Mari en rajoute tant il est satisfait de son travail. Il souhaiterait même qu’on le suive jusqu’à Cartagena afin d’effectuer d’autres travaux lorsque le bateau sera à terre. Ce n’est pas dans nos projets pour l’instant, mais on verra car du boulot il y en aura certainement encore ici à notre retour de Suisse en janvier.

Le dimanche nous prenons plaisir de retrouver nos amis de Joyeux Dauphins, Loïc et Ghislaine, à Seru Boca Marina. Ghislaine nous concocte à chaque fois un excellent repas, pendant que Thierry et Loïc fixent quelques bricoles sur Joyeux Dauphins. Ghislaine m’offre également la possibilité de faire ma lessive à la marina qui est équipée d’une machine. Donc pendant que le linge sèche, au premier étage, on peut papoter ensemble et se prendre du bon temps.




Joyeux Dauphins est un bateau d’un tout autre type que nos voiliers traditionnels. C’est un catamaran, à moteur, avec un espace incroyable à l’intérieur, comme tout catamaran. A chaque fois qu’on revient sur New Life on se dit qu’on est bien petit. Leur bateau est aussi à vendre. Croyez-moi, vent ou pas, ce n’est pas ce qui arrêtera les deux moteurs de 190 CV de vous emmener où bon vous semble. Alors avis aux amateurs. Là aussi vous pouvez les contacter pour plus de renseignements et obtenir les détails de leur bateau (e-mail : joyeux.dauphins@hotmail.fr.

Puis nous voyons pointer à l’horizon un voilier jaune, que nous connaissions sur photos et par leur blog, le Cercamon (cherche le monde). C’est beau et original comme nom pour un bateau, d’autant plus que ses propriétaires sont bien déterminés à le parcourir et à le découvrir ce monde.



Nous avions rencontrés Doris et Régis, infirmiers tous deux, lorsque New Life réalisait ses premières brasses, sans bouée, à Ouchy, sur le Lac Léman. Ils avaient alors des points d’interrogation plein la tête ; quitter leur appartement pour larguer les amarres, laisser derrière le pays, leur boulot, les parents, les amis que l’on aime, vivre sur un bateau, budget, enfant, etc.



Ils sont venus frapper à notre coque, nous avons partagé un café. Ils sont repartis avec la ferme intention de réaliser un jour eux aussi leurs rêves. Les voici donc en train de découvrir le monde sur Cercamon. Suivez leurs aventures et leur périple sur : http://cercamon.unblog.fr/.

Nous passons quelques jours avec eux, mais voilà que la saison appelle tout le monde et qu’il est temps pour eux de continuer sur Aruba, Cartagena, Les San Blas et Panama comme tous ceux qui vont dans le Pacifique. Encore une fois, l’envie de lever l’ancre nous titille de plus en plus, surtout lorsqu’on voit les amis passer et continuer. Mais bon, il nous faut encore un peu de patience, notre tour viendra.

Que je vous donne des nouvelles de Sully aussi, car ce fameux jeudi où tous les volontaires se retrouvaient devant le verre de la solidarité, on y a tous cru. Un groupe de globicéphales est signalé au large par les Coast Guard.

Georges, la « nounou favorite » de Sully mais qui n’est pas moins que le responsable de SCCN et du programme cétacés du Dolphin Academy, est alerté immédiatement. Il arrive avec son skif, moteur à fond, son équipe ouvre « l’enclos » de Sully et le bateau l’entraîne vers le large. Sully qui a son exercice physique tous les matins, s’en étonne, mais tout content coopère et suit Georges pour ce nouveau marathon, de l’après-midi. Il ne sait pas encore que des congénères passent dans les parages et qu’il va pouvoir rejoindre les siens et retrouver la liberté.

Arrivé à la hauteur du groupe de pilot whales, Sully hésite, il laisse le bateau entre ses congénères et lui. Georges décide donc de contourner le groupe afin que Sully se retrouve parmi eux. Lorsqu’il les rejoint, toujours hésitant, les vieux mâles ne le rejettent pas, ils l’acceptent. Sully du coup plus hardi se met à jouer avec les plus jeunes, ils se paient de beaux surfs, se frottent entre eux. Tout paraît gagné. Georges nous faisant vivre par portable interposé les événements. Tout le monde retient son souffle et croise les doigts.

Comme Sully est habitué à suivre le skif, Georges éteint son moteur et laisse partir Sully avec les siens tout en les observant aux jumelles, un pincement au coeur, mais tout heureux que son "bébé" soit libre. Au centre de plongée où tous les volontaires sont réunis, c’est l’euphorie, on s’embrasse, on applaudit, c’est gagné, Sully a retrouvé l'immensité de l'océan.

Puis le groupe plonge, Georges continue à les suivre aux jumelles, il aperçoit Sully en surface, un peu « paumé » cherchant de tous côtés, ne sachant que faire. Il le voit faire demi-tour et rejoindre le skif. Oohh nooonn ! Il n’a pas plongé, il n’a pas suivi le groupe. C’est la grosse déception, la nouvelle tombe comme un coup de massue. Nous avons tous versé une larme. OK les âmes sensibles et croyez-moi ce soir-là il y en avait. Georges ramène Sully dans son « enclos ». Tout est à recommencer.




Quelques jours plus tard, une conférence est organisée au Seaquarium où nous pourrons tous voir le film tourné lors de la tentative de remise en liberté de Sully. Georges est bien entendu présent pour répondre à nos questions, à nos attendent. Il nous explique que dans un groupe lorsqu’un petit, effrayé par la profondeur, le bleu profond de l’océan ne plonge pas avec le groupe, sa mère refait surface, vient le rechercher, l’encourage et l’entraîne gentiment vers cet abysse. Sully n’a plus de maman, alors il faudra qu’il trouve lui-même le courage de plonger la prochaine fois.

Il ne nous reste plus qu’à espérer qu’un autre groupe passera dans les parages et que Sully saisisse sa chance cette fois-ci. Sinon le plan B se dessine à l’horizon, le Seaquarium de San Diego, qui fait pression depuis quelques mois déjà, afin d’obtenir Sully. Ce seaquarium a deux femelles globicéphales : Ninelifes et Bubbles et voudrait bien entendu que Sully puisse agir en beau mâle qu’il sera pour une reproduction en captivité. Cette solution n’enchante personne, Georges est tout ému lorsqu'il nous en parle et laissera lui-même échapper ses larmes. Mais d’un autre côté, si Sully ne retourne pas parmi les siens, il sera impossible de continuer à faire du « baby-sitting » forever. Il ne nous reste plus qu’à espérer que la prochaine fois il saisira sa chance.

Une dernière nouvelle, celle du capitaine en herbe qui a fait d’énormes progrès en optimiste. Samedi dernier Marvin et ses amis « voileux » sont partis gaillardement jusqu’à Barbara Beach, c’est à l’entrée de Spanish Water. Rosalie et Yopp, bien entendu les assistaient avec leur annexe.



Au départ Marvin était un peu tendu d’aller jusqu’à l’entrée de la baie. Faire face à la pleine mer, le retour se fera avec le vent dans le nez, non ? Il faudra donc tirer des bords. Mille questions tournent dans sa tête.
Voici ce que ça donne lorsque les petits se mesurent aux grands pour une mini-régate.



Au retour, il est tout sourire, heureux et fier d’avoir réalisé cette virée,...


...il ne pourra pas s'empêcher de faire le singe.


Voilà pour les belles rencontres et la magnifique vie qu’on peu mener en bateau. Malheureusement et je vais terminer ce message par une histoire nettement moins drôle, mais bon ça existe et il faut faire avec. Rappelez-vous, lors de la dernière publication, je vous avais laissé entendre qu’il fallait qu’on digère un événement avant de pouvoir en parler. Il est digéré, mais nous laissera un arrière goût amer au fond de la gorge.

Lorsque nous nous occupions de la maison de Brigitte et Roland, Thierry rentrait à bord pour dormir, n’étant pas tranquille de laisser New Life seul au mouillage pour plusieurs raisons. La première était la météo bien entendu, mais la seconde était que le catamaran Voyage, avec à son bord Philippe et Pascale, alias Les Biquets étaient dans les parages.

Afin que vous compreniez bien pourquoi nous étions méfiants, il faut faire un saut dans le dans le passé, c'est-à-dire à 2 ans en arrière, alors que nous étions tout comme aujourd’hui, à Spanish Water pour travailler et refaire une caisse de bord.


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A cette époque Les Biquets étaient intéressés par la réalisation d’un taud en époxy pour leur catamaran. Ils viennent donc nous trouver – alors que nous étions pratiquement prêts à quitter Curaçao - en nous demandant de le réaliser. Nous avons refusé vu notre proche départ. Ils passent plusieurs fois à notre bateau en insistant et en imposant le tarif de 1'400 $ pour les travaux. Une discussion s’installe et Thierry finalement acceptera de construire le taud mais en précisant bien que ça n’a jamais été le client qui fixe les tarifs, mais bien celui qui effectue le travail. Ils conviennent des modalités. Il nous faut maintenant trouver un endroit pour fabriquer le taux en question car il est impossible de le réaliser sur le catamaran et encore moins sur New Life.

Nous sollicitons Brigitte et Roland qui nous proposent amicalement le couvert qu’ils ont dans leur jardin. OK tout paraît normal jusque-là, nous différons notre départ.

Les Biquets sont prêts à acheter tout le matériel en une seule fois, alors que Thierry, plus prudent, propose d’acheter, surtout l’époxy qui coûte « bonbon » en quantité raisonnable pour le début des travaux et d’en racheter si nécessaire au fur et à mesure de leur avancement. Opération facile puisqu’il existe ici à Spanish Water des transports gratuits chaque jour pour se rendre chez Budget Marine et autres. Je pars avec Pascale pour les premiers achats qu’elle paie entièrement. Thierry et Philippe discutent de la manière de réaliser le taud, en précisant qu’il faudra quelques jours pour la préparation du couvert qui servira d’atelier et la mise en œuvre.

Durant ce temps, le Biquets n’arrêtera pas de venir à notre bord, avec mille et une questions, nous faisant part de ses doutes. Il obtiendra systématiquement la même réponse de Thierry : Ne touche à rien tant que je ne suis pas là. Un dimanche après-midi, nous voyons Voyage se déplacer, se mettre plus à l’abri du vent, et commencer la découpe du Nida-Core (mousse à alvéoles servant de support). Se sentant dépassé, Philippe, paniqué débarque sur New Life en demandant à Thierry de venir voir ce qu’il avait déjà fait. Ayant des visites à bord, Thierry passera plus tard.

Une fois sur place, Thierry réalise que le Nida-Core est coupé trop court, qu’il lui sera difficile de rattraper le coup. Il lui en fait part. Philippe s’énerve et lui répond qu’il a consulté ses copains et internet et que ces derniers ne sont pas du même avis quant à la manière de procéder. A cela Thierry lui répond simplement que s’il fait plus confiance à ses copains et à internet, il faut qu’il travaille dorénavant avec eux. Le Biquet rentre dans une rage folle, celle d’un enfant gâté qui a cassé son jouet. Thierry monte dans l’annexe en lui disant que lorsqu’il sera calmé, il pourra passer sur New Life pour en parler.

Vingt minutes plus tard, nous voyons Philippe se rendre sur Rose de Savannah, qui est ancré à moins de 50 mètres de notre bateau et propose à Yann – qui par courtoisie nous le rapportera le lendemain - 1’000$ pour construire son taud. Pour nous, l’affaire est close, le choix du Biquet est fait. Malheureusement pour lui, Yann est un ami. Nous sachant sur ce plan, il refuse de faire le travail. Voilà Les Biquets bien « emmerdés » personne, amis ou pas, personne n’accepte de construire le taud.

Le mardi suivant, Pascale et Philippe m’interpellent et me demandent d’intervenir auprès de Thierry pour qu’il change d’avis. Ce n’est pas la peine d’insister car vu votre comportement, la décision de Thierry est prise, qui plus est vous avez consulté quelqu’un d’autre sans rien nous dire, donc pour nous c’est terminé.

Etonnamment Philippe me dit n’avoir consulté personne. Yann nous a confirmé par la suite, par écrit, avoir été sollicité ! Sur ce, Les Biquets débarquent sur New Life, alors que je suis au Sarifundy’s en train de suivre des cours d’espagnol avec une dizaine de personnes. Ils insistent pendant plus d’une heure et demie auprès de Thierry, tentant par des larmes, de l’agressivité, des menaces ou de la fausse douceur, de le faire changer d’avis.

Prétextant être à court de cigarettes et vu la tournure des événements, Thierry descend à l’intérieur du bateau et se muni d’un spray au poivre qu’il gardera dans sa poche. A bout de patience, il les prie de dégager immédiatement. En partant, Philippe détache notre annexe et précise que ça vaut bien les 2’000$ que nous lui avons volés ! Du coup Thierry sort son spray au poivre et lui dit : Essaie de partir avec l’annexe, juste pour voir. Sur ce, ils partent en rattachant, l’annexe. Fous de rage ils débarquent en plein cours d’espagnol en hurlant à tue-tête que nous sommes des voleurs, que Thierry les a agressé avec un gaz lacrymogène

Ne pouvant deviner ce qui s’est passé à bord de New Life, j’en tombe des nues, sachant pertinemment que nous n’avons pas de gaz lacrymogène à bord. Un américain, avec qui je conversais en espagnol, ne comprenant pas de quoi il en ressort m’offre son aide, vu le ton et la manière d’agir de ces gens, d’autant plus qu’ils parlent d’appeler la police.

Je quitte donc la table à laquelle j’étais assise en leur disant que nous n’avons rien à nous reprocher, la marchandise a été payée par leur soin, elle est en leur possession, nous n’avons demandé aucun acompte pour les travaux, il faut juste qu’ils trouvent une autre personne pour effectuer leur taud. De plus s’ils veulent appeler la police, je les laisse libres. Là, le Biquets, ne sachant que répondre, continue sur sa lancée, me traite de femme battue et me dit que je profiterai certainement de la venue de la police pour divorcer de mon mari qui est un malade, dangereux, etc.

Après que Thierry ait eu vent de ces derniers événements, il leur a demandé aux Biquets de me présenter leurs excuses en publics, tout comme ils m’ont insultée. La seule réponse à cela a été une promesse de leur part de nous pourrir la vie dans toute la Caraïbe étant donné leur renommée très appréciée….

Il est un moment où il faut savoir arrêter ce genre de gaminerie, suivre sa route en découvrant d’autres horizons. Ce que nous avons fait pendant deux ans en oubliant gentiment cette mauvaise rencontre.

Il y a trois ou quatre mois de ça, en Martinique, Voyage mouille à quelques bateaux derrière nous. Le Biquet descend à terre avec son annexe pour chercher des invités. Au passage, il leur pointe du doigt New Life. Même cela nous l’ignorons et n’y attachons pas d’importance, bien qu'on se doute de ce qu'il peut raconter à ses passagers.

Quelques semaines après notre arrivée à Curaçao, nous voyons se pointer le catamaran des Biquets. Nous nous ignorons le plus possible, ne nous saluant pas dans les bus, les happy hours, en évitant un maximum de passer à proximité de nos bateaux respectifs malgré les commentaires qu’ils font à notre sujet auprès de leurs « amis ».

Tout cela pour revenir à ce fameux mardi qu’il nous a fallu digérer avant de vous en parler. Soir où Thierry rentrait tranquillement dormir à bord alors que Marvin et moi étions dans la maison de Brigitte et Roland (manager de Budget Marine). C’est la pleine lune, Thierry distingue de loin, une annexe à l’arrière de New Life. Il met les gaz, plus il se rapproche, plus il reconnaît les personnes à bord de cette annexe : Les Biquets qui s’apprêtaient à monter sur New Life. L’entendant arriver, ils quitteront l’arrière du bateau à plein gaz. Thierry continue à leur foncer dessus, les évitant à 50 cm près, manquant de les faire passer à l’eau. Aucune protestation, aucun cri, aucun bruit ce fameux soir, ni de commentaires les jours suivant.

Qu’est-ce que cela veut dire ?
Comment interpréter un tel comportement, vu notre antécédent ?
Les Biquets ne viendront pas aux deux happy hours qui suivront ; chose qui n’est pas dans leurs habitudes.
Qu’on traite Thierry de voleur, de dangereux, de malade, ça ne le touche pas.
Qu’on m’insulte en public, c’est intolérable pour lui.
Mais qu’on s’en prenne au bateau, c’est une attaque dirigée directement contre sa famille et ça Thierry ne l’accepte pas.

Depuis ce dernier épisode, on décide de leur poser la question : Quelles étaient leurs intentions ce fameux soir ? Il faudra attendre une semaine avant qu’ils se décident de se repointer à l’Asiento.

A peine la question posée, le ton monte et dégénère. Aucune explication n’a été donnée de leur part, si ce n’est d’hurler plus fort que tout le monde, dans un langage qui se passe de commentaire et qui visait à nous faire tourner pour des bourriques.

Sur ce, les paroles de Thierry ont été : Si vous vous approchez encore une fois de notre bateau, je vous flingue.



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Nous tenions à clarifier cette sombre affaire, qui n'a que trop duré, afin que dorénavant certains navigateurs puissent juger les gens en ayant les deux sons de cloches.
Heureusement que ce type d’histoire n’arrive pas tous les jours, car je préfère vous parler de dauphins, de coucher de soleil, de belles rencontres, de découvertes merveilleuses, d’autres cultures, que de vous raconter ce genre d’événement. Cela existe toutefois et il faut bien en être conscient.
Donc tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.......


Avec nos meilleures pensées
Les New Life en balade

samedi, 24 octobre 2009

Curaçao, le 24 octobre 2009

Salut à tous,

Les volontaires s’occupant de Sully le globicéphale (pilot whale) échoué le 14 juillet dernier s’épuisant après plus de 3 mois, 24h/24h, de « baby sitting » ont lancé un appel au secours afin de trouver d’autres bénévoles désireux de leur donner un coup de main. Nous avons répondu présents, Marvin et moi, comme beaucoup de yachties, en consacrant selon nos disponibilités quelques heures à ce gros bébé de 400 kg.



Tout en faisant du « baby-sitting » auprès de Sully, nous améliorons nos connaissances sur ces gros mammifères. Les femelles ont un petit tous les 3 ans. Leur durée de gestation varie entre 13 et 15 mois. Le nouveau-né quant à lui mesure entre 1.30m.et 1.40m. Les globicéphales se nourrissent essentiellement de calamars, mais ne dédaignent par les poissons. Heureusement que le poisson fait partie de leur menu, sinon Georges et son équipe auraient été bien empruntés pour nourrir Sully. Il faut savoir qu’un adulte ingurgite entre 20 et 45 kg de nourriture par jour.



L’espèce est grégaire et les globicéphales tropicaux vivent en groupes familiaux très stables qui comptent généralement entre 20 et 50 individus. Les structures des groupes semblent très militarisées. Ce cétacé s’approche des navires à l’occasion et parfois des nageurs. Comme les dauphins, les globicéphales peuvent se projeter hors de l’eau et se déplacer par bonds successifs. Il fait surface toutes les 1 à 2 minutes pour respirer. Il lui arrive de demeurer immobile à la surface de l’eau pour se reposer. Il est capable de rester en immersion plus d’une heure et de plonger jusqu’à 600m. Sa vitesse de nage est de 2 à 4 nœuds, mais s’il est effrayé il peut pousser des pointes jusqu’à 25 nœuds.

Georges entraîne Sully tous les matins à suivre son bateau au large afin qu’il retrouve la force nécessaire pour que, le moment venu, il puisse suivre ses congénères. Tout le monde est à l’affût, et vendredi dernier on y a tous cru ; un groupe de globicéphales avait été repérés par des pêcheurs qui ont reporté l’information aux Coast Guard, mis sur pied également.
Malheureusement ces derniers n’ont pas relocalisé le groupe et Sully n’a pu être libéré. Ce qu’il faut savoir c’est que ce pauvre « gros bébé » ne pourrait pas survivre seul, sans l’appui d’un groupe qui l’adopterait et avec lequel il pourrait apprendre à chasser pour se nourrir et vivre sa vraie vie de globicéphale. De plus, Sully est incapable aujourd’hui de capter la fréquence sur laquelle les autres cétacés émettent leur son afin de se retrouver entre eux. Il a donc besoin de l’aide d’humains et c’est l’unique raison pour laquelle il est encore parmi nous.

Pendant que Jonnie et moi sommes autour de Sully, …



…Marvin et ses copains de Pickles s’en donnent à cœur joie au parc aquatique, ne venant nous trouver que pour les en-cas. La baleine c’est sympa un moment, mais bon, les potes et les jeux c’est encore mieux, même si parfois on se rate au toboggan et qu’on perd une dent.


Après cette aventure "dent perdue", le souci de notre moussaillon c’est que la dent a été avalée. Comment faire pour que la souris amène tout de même un cadeau ? Je n’ai même plus de dent à lui mettre sous l’oreiller et ça c’est prie que tout ! Me dit-il.

Effectivement c’est un problème, il va falloir trouver une solution. Le lendemain, je profite de la leçon de français en suggérant à Marvin d’écrire un mot à cette souris, de lui expliquer ce qui s’est passé, ensuite on verra bien ce qu’elle décidera.

A 0600 le surlendemain, branle-bas de combat. Maman, maman, réveille-toi, regarde, j’ai un cadeau de la souris et un petit message de sa part. Elle m’a amené le livre de Moby Dick la baleine en m’écrivant qu’elle prendrait ma prochaine dent et qu’il ne fallait pas m’en faire. C’est génial.

A peine une demi-heure plus tard, c’est Peter (Limin Lady) notre voisin qui vient taper à la coque. Il a besoin de Thierry au plus vite ! Le Jonalisa, le bateau avec lequel il fait du charter à la journée sur Klein Curaçao est immobilisé depuis une semaine sur le chantier à Curaçao Marine pour maintenance et entretien. Tout ce qu’il y a de plus normal jusqu’à présent. Un de leur gouvernail était cassé depuis quelques mois déjà. Ils ont profité de la mise à terre du bateau pour demander au chantier de le réparer. Le chantier a accepté le travail mais voilà que deux jours avant la mise à l’eau du bateau, le gars qui devait faire le boulot leur dit : « Sorry, I’m going on holiday and I’will not do the job » (désolé je pars en vacances, et je ne ferai pas le travail) !

A une heure aussi matinale Thierry est encore dans les bras de Morphée. Je demande à Peter de repasser un peu plus tard, je vais voir ce que je peux faire en réveillant le capitaine avec un bon café. Il sait Thierry bien occupé sur le Science Mari en ce moment, mais il ne voit pas à qui, il pourrait faire appel, dans l’urgence.

Deux jours et demi pour faire un gouvernail, c’est court, mais Thierry va faire son possible. Il en parle au capitaine du Science Mari qui comprend cet impératif. Il lui propose même de le fixer à bord de son bateau, où il y a plus d’espace. Les Vrais Marins se comprennent.

Cela arrangé, on part directement avec Peter au chantier pour récupérer le gouvernail. Pas de chance, il manque 20 cm pour sortir la mèche. Le chantier qui est soi-disant trop occupé refuse une manutention de grue. Bien entendu cela après les « mots » que le capitaine du Jonalisa a eus avec eux suite à leur refus de dernière minute ! Peter, son équipe et Thierry tentent de trouver une solution, mais il serait trop risqué de lever le bateau avec des vérins, il pèse 25 tonnes.



Il faut attendre le grutage de sa mise à l’eau - programmé à vendredi - pour que le fameux gouvernail soit récupéré ! Le hic c’est que le bateau a un charter avec plus de 70 personnes à son bord dimanche. La réparation est impossible à réaliser dans un laps de temps si court. Le chantier n’en a rien à « foutre » (désolée pour l’expression). Curaçao Marine ne le mettra pas à l’eau avant vendredi au milieu de l’après-midi. Sympa, merci les gars pour votre coopération !

Pour que Thierry puisse faire le travail, Peter prend la décision d’aller dimanche à Klein avec un seul gouvernail. C’est risqué, mais ça devrait le faire.



Ce bateau fait 4 fois par semaine le trajet sur Klein. Thierry travaille d’arrache pied afin de ne pas tenter le diable car entre Curaçao et Klein la mer est houleuse et forte, la navigation se fait contre courant et vent. Qui plus est avec autant de passagers à bord, on ne voudrait pas qu’il leur arrive quelque chose avec le seul gouvernail restant.

Week-end mouvementé pour Thierry qui travaille même dimanche. Relax pour Marvin qui en profite pour inviter son ami Loïc.



Nous avions rencontré Loïc et ses parents sur Reine Marguerite, à Chipiona, l’année de notre départ. Grâce à l’informatique, nous avions gardé le contact sans que nos routes ne se croisent toutefois. Les voilà aujourd’hui à Spanish Water pour quelques semaines. Loïc qui avait 4 ans alors, en a maintenant 11. C’est un passionné d’optimiste. Marvin qui n’était qu’un bébé à l’époque n’en garde aucun souvenir, mais aujourd’hui, il écoute son copain et suit ses conseils à la lettre car les infos qu’il lui donne pour l’optimiste sont de premier ordre. Il les appliquera lors des prochaines leçons.

C’est incroyable les différentes personnes que l’on peut croiser sur l’eau et la disponibilité de certaines d’entre elles. Si un jour, vous voyez au mouillage le Mariposa, battant pavillon allemand,…



… n’hésitez pas d’aller faire un brin de causette avec son capitaine, le Dr Michael Leppert, qui a vendu sa clinique en Allemagne, il y a trois ans. Depuis Michael navigue avec son épouse sur un cata de 50 pieds, équipé entre autre d’une salle de radiographie. Son bateau peut être opérationnel en 20 minutes pour une intervention chirurgicale. La chaise du barreur n’est rien d’autre qu’une chaise de dentiste, inclinable et réglable à souhait.

Michael soigne, opère et guéri tout au long de sa route. Une de ses spécialités et croyez-moi il en a d’autres, le bec de lièvre chez les enfants. Michael intervient gratuitement. Il me disait que le seul regard des parents lorsque l’enfant pouvait parler normalement était largement suffisant et compensait tout salaire. Il a déjà opéré plus de 52 enfants nécessiteux durant son voyage. Michael est définitivement une personne à rencontrer.

Cette semaine nous allons devenir terriens. Nos amis Brigitte, Roland et les enfants partent en vacances. Ils nous confient leur maison, ainsi que Floyd, leur petit chien qu’ils ne peuvent embarquer avec eux. Nous délaissons donc Sully pour le toutou.

Floyd un peu timide au début a vite pris confiance. Marvin qui désire tant avoir un chien veut s’en occuper à 100%. Au bout de quelques jours, ils deviendront de bons amis, Marvin bougeant à peine le petit doigt que Floyd est près de la porte pour la balade ou assis vers sa gamelle attendant sa pitance.



Lorsque Sacha, le chien du voisin vient lui rendre visite, c’est une belle partie de jeu qui s’engage et mieux vaut ne pas se trouver sur leur passage lorsqu’ils entament un sprint.



On n’a pas l’habitude d’être à terre. Je fais les cent pas entre la cuisine et la terrasse lorsque nous passons à table, il manque toujours quelque chose.



La première nuit on trouve le quartier bruyant avec les chiens qui se passent le mot pour hurler de concert toute la nuit. Les hifis qui diffusent de la musique jusqu’à point d’heure. Le lit ne bouge pas, le bercement du bateau nous manque. Je cherche mes marquent, mes pieds se mettent à pomper pour obtenir de l’eau courante alors qu’il suffit d’actionner un robinet. Je tourne un interrupteur, espérant avoir de la lumière, voilà que c’est un ventilateur qui se met en route. Marvin tombe de lit en cherchant à se caler. On a de la peine à trouver le sommeil.

Mais au matin, on se réveille avec le chant des oiseaux. Floyd nous fait la fête. On prend le petit-déj. en terrasse après avoir promené le chien. La machine nous fait un bon café mousseux, le mixer un excellent jus de mangues avec des fruits juste tombés de l’arbre.



Thierry part au boulot, il rentrera pour midi. L’école se fait sur la terrasse où chaque lézard qui passe, chaque oiseau qui vole est une excuse pour lever la tête des cahiers. Floyd au pied de Marvin se fera lui aussi un plaisir de le distraire. En fin de matinée, je me retrouve avec du temps devant moi car pendant que j’officiais avec Marvin, la machine à laver le linge faisait mon boulot. Je peux feuilleter, les pieds en éventail quelques magazines en attendant Thierry.

L’après-midi retour sur New Life pour quelques heures afin de parer au quotidien, faire tourner le désalinisateur et se baigner. En fin de journée lorsque Thierry a terminé son travail, c’est le retour à la maison, promenade du chien et - ce que nous avons le plus apprécié je crois - une douche à grande eau. C’est fou comme ces petits rien prennent des allures de grand luxe tout-à-coup.

Apéro, souper, puis au moment de mettre notre moussaillon au lit…,



…Thierry nous quitte pour dormir à bord, n’étant pas tranquille de laisser le bateau seul au mouillage toutes les nuits. Bien lui a pris, car un soir, s’il n’était pas rentré, je pense qu’on aurait eu de la visite à bord. On vous donnera les détails de cette affaire - qu’il nous faut digérer avant - dans la prochaine publication.

Une dernière machine, une bonne grosse douche avant de partager une bière avec Brigitte et Roland reprenant possession de leur bien à la fin de leurs vacances. Floyd quant à lui sera un peu emprunté, faut-il nous suivre ou rester à la maison avec ses maîtres ?

Avec nos meilleures pensées
Les New Life en balade

lundi, 21 septembre 2009

Curaçao, le 20 septembre 2009

Salut à tous,

Désolée pour ceux qui attendaient de nos nouvelles plus tôt. Tout arrive à qui sait attendre.
Voilà je vous avais quitté avec Bill, qui heureusement a décidé de poursuivre sa route au large sans ennuyer les îles, c’est toujours un soulagement que de voir la trajectoire d’un cyclone changer. Claudette, Danny, Erika, Fred ont suivis, ainsi que des dépressions tropicales. Il y en aura d’autres, c’est la saison ! Aujourd’hui grâce à l’informatique et à l’électronique que le navigateur moderne dispose, il peut éviter ces phénomènes, planifier sa route en conséquence, se mettre à l’abri si nécessaire, etc. Il est bon parfois de se remémorer les temps anciens où tout cela n’existait pas. On est persuadé qu’à l’époque l’esprit marin était tout autre que ce qu’il est de nos jours où tout doit passer d’abord par la case «payer » et où les nouveaux marins sont considérés comme des « banques en puissance ».

Qu’il y ait un service ou pas, des facilités ou non à disposition, on nous attend au tournant pour un oui ou pour un non le porte-monnaie doit être ouvert ! Pire encore, lorsqu’il s’agit d’aider ou de rendre service à quelqu’un, boof, il n’y a pas foule au portillon puisqu’il n’y a aucun intérêt à en retirer. Ça en devient désolant !



Parlant argent, je vous avais dit dans ma précédente information que le chantier de Curaçao Marine avait augmenté ses prix de plus de 30 %. Je suis en mesure aujourd’hui de vous les communiquer. Accrochez-vous !

Sortie et mise à l’eau :
jusqu’à 39 pieds : 6US$/pied
de 40 à 49 pieds : 7US$/pied
de 50 pieds à + : 8US$/pied
Câlage (minimum 40 pieds) 1US$/pied
Entreposage par jour: 0.40US$/pied
Entreposage à long terme : 0.35US$/pied
Electricité :110/220 V : 0.80US$/KWH
Eau : 0.04US$ /Litre

Quant à la touche finale, qu’il ne faudra pas oublier d’additionner à votre devis, c’est :

Vie à bord : 4US$/par jour / par bateau

Si vous décidez de suer en faisant vos travaux vous-mêmes sur votre bateau vous serez pénalisés de 2 US$/pied à la fin de vos « vacances » au chantier ! Encore heureux que ce prix n’est pas par jour ! Voici leurs coordonnées si vous souhaitez vous faire arnaquer en sortant votre bateau chez eux.

Website curacaomarine: http://www.curacaomarine.com/
e-mail adresse : curacaomarine@intermeeds.net
tél. +(5999) 4658936

L’autre chantier de Curaçao, Opus Marine est fonctionnel à vos risques à périls. Quant aux autres renseignements pratiques sur l’île, je vous laisse lire l’article paru le 21 août 2009 concernant leur mise à jour.

Le 23 août, les cours CNED sont enfin arrivés. Marvin est du coup moins joyeux puisqu’il faudra recommencer l’école. Avant tout, mettons la main sur le paquet, aucune adresse postale n’étant précisée que le formulaire de retrait. Brigitte propose de m’emmener en voiture dans les différentes postes de l’île (il y en a 3), car elle n’est pas certaine qu’on trouve le carton du premier coup. On se dirige vers le grand centre de tri où les paquets internationaux arrivent. Raté, il n’est pas là. Il se trouve à Paseata nous dit-on. Le problème c’est que Paseata, personne n’en a entendu parler. Finalement on trouve une personne qui nous dit que Paseata est un centre commercial et qu’il devrait y avoir un bureau de poste, c’est à Santa-Rosa. Après 45 min. de queue dans cette minuscule poste, nous récupérons enfin le paquet. Ne serait-il pas plus simple de mettre l’adresse de la poste à Santa-Rosa que le nom d’un centre commercial dont personne n’a jamais entendu qu’il existait ?



S’il y a des retrouvailles qui nous font plaisir, il y en a d’autres qui nous tiennent particulièrement à cœur. C’est non sans émotion que nous avons vu arriver au mouillage de Spanish water Samsara,




à son bord notre ami argentin Eduardo Klenk (vous trouverez toute l’histoire d’Eduardo dans le blog, septembre 2007).




Depuis qu’il peut naviguer à nouveau, Eduardo, 73 ans, ne tient plus en place, il aligne les miles ; Trinidad, Guadeloupe, Les Saintes, Grenade, Margarita, Curaçao. Il se déplace au rythme des saisons en vendant ses belles peintures qui lui permettent de vivre et de voyager en appréciant la vie à sa juste valeur. Vous imaginez bien que pour ces retrouvailles, il faudra plus d’une soirée pour épuiser nos récits réciproques.

Pendant que Thierry et Marvin s’occupent à la décoration du wake board,…



je couds des housses de jerrican d’essence pour un voisin.

Le boulot commence gentiment, nous sommes seulement fin août et il y a encore peu de monde au mouillage.

Afin de nous remercier d’un petit service rendu, Ono sur Sogno d’Azul nous invite pour une journée baignade/barbecue à Fuik Baai. Peter et Trudy que nous avons retrouvé aussi avec plaisir nous accompagnent pour cette joyeuse journée. Il y a deux ans Thierry avant fabriqué en époxy les réservoirs d’eau d’Aguilla, leur bateau. Ça nous fait plaisir d’entendre qu’ils en sont toujours satisfaits. Nous sachant de retour, ils feront passer le mot quant à la qualité du travail de mon capitaine.



Nous apprenons qu’il y a une baleine pilote « pilot whale » qui s’est échouée il y a deux mois sur la plage du Zanzibar, Jan Thiel Resort. Cette baleine était paraît-il dans un état lamentable lorsqu’elle a été récupérée. Un abri de fortune avec pontons flottants et filets a été construit sur la plage de cet hôtel afin de lui sauver la vie, de la nourrir, de la soigner, pour qu’elle retrouve une bonne condition physique et qu’elle puisse rejoindre ses congénères en toute liberté.

C’est une excellente occasion d’aller se dégourdir les jambes, malgré la chaleur, en allant rendre visite à Sully,…



… cette baleine mâle de 3 ans qui, comme je l’ai dit est arrivée en très mauvaise posture. Georges du Dolphin Academy Center, ainsi qu’un groupe de volontaires, se relaient plusieurs fois par jour pour lui apporter les soins nécessaires, notamment le gratter afin d’éviter qu’une trop grande quantité de coquillages ne s’accrochent à sa peau. Tôt le matin, lorsque la plage du Zanzibar est déserte, Georges ouvre l’enclos de fortune, habitue Sully à suivre son bateau dans la baie, pour qu’il puisse d’une part avoir de l’exercice et d’autre part pour qu’il soit en mesure de l’emmener au large rejoindre les siens lorsqu’un groupe de pilot whales sera repéré par les Coast guards lors de leur prochaine migration. On espère tous que Sully retrouvera rapidement le grand large.



Comme nous sommes sur la plage du Zanzibar, Marvin profite du mini parc aquatique faisant des expériences en ouvrant et fermant des vannes d’eau apprenant par la même occasion le système des vases communicantes. Quel plaisir de se prendre un baquet d’eau sur la tête, lorsque les vannes inférieures sont fermées.




Le Curaçao cruisers net est toujours en fonction le matin sur canal VHF 72 à 0745. Je reprends du service le samedi, jour où pour nous l’école commence un peu plus tard. Martin et Pim se chargent de la météo, Pam, Babette se partagent les autres jours de la semaine. Comme nous resterons à Curaçao quelques mois, il est sympa de participer aux activités locales en donnant un petit coup de main.

Thierry vient de décrocher un gros boulot. La création d’un énorme bac en époxy pour les eaux noires sur un bateau scientifique ancré non loin de nous. Je dis énorme car il utilise plus t'un gallon d'époxy par jour. L’équipe est très sympa et il travaille dans la bonne humeur générale. Une fois que le bac sera terminé, le capitaine du Science Mari a trouvé une autre occupation pour Thierry ; la création de capots en bois et époxy sur le pont afin d’aérer au mieux les cabines de l’avant.




Deux autres bateaux où des devis ont été établis attendent la visite de Thierry maintenant. Premier sur la liste, premier servi, mais vu comme c’est parti, le capitaine du Science Mari n’est pas prêt de se séparer de Thierry.

A la radio ce matin une annonce concernant une journée portes ouvertes au Curaçao Dolphin Therapy Center (CDTC). C’est une occasion unique pour nous que de pouvoir assister au travail entrepris par ce centre afin d’améliorer, avec l’aide de dauphins, le bien-être d’enfants ou de jeunes handicapés. Ce matin nous courberons le CNED pour une autre école.

http://www.curacaodolphintherapy.com/

Un petit film d’une vingtaine de minutes nous présente les activités du centre, notamment les diverses thérapies dans lesquelles l'interaction avec des dauphins particulièrement formés est un élément essentiel. Combinées avec des séances de physiothérapie, d’orthophonie et d’ergothérapie, ces thérapies permettent une amélioration de plus 80% de la vie d’enfants handicapés.

Lorsque les lumières de la salle se rallument, il faudra un petit moment – tant l’émotion était grande – pour que les premières questions soient posées à Markus, le thérapeute fondateur du centre.

Markus, nous entraînera ensuite dans les salles de soins nous présentant le matériel adéquat avant de nous emmener le long des bassins où des enfants sont actuellement en thérapie. Quelle image magnifique que de voir cet enfant de 6 ans, ne pouvant maîtriser ses gestes, arriver à prendre des nageoires d’un dauphin une balle que ce dernier lui présente. Dans chaque bassin, il y a un thérapeute, le dresseur du dauphin et l’enfant. Parfois les parents rejoignent le groupe afin que tous contribuent, dans un climat de plaisir et de jeu, au bien-être de leur enfant.

Le programme CDTC comprend 10 jours durant lesquels un enfant a une session de thérapie de 2 heures par jour. Les familles sont entourées et encadrées, toujours dans cet esprit d’amélioration des aptitudes de l’enfant qu’il soit handicapé mental, physique ou psychique. Tous font un travail extraordinaire, c’est certain. Cette journée ne nous laissera pas indifférents.

Ce genre de thérapie coûte cher et je trouve déplorable, voire scandaleux que les assurances ne remboursent pas les traitements, n’aident les familles, ni ne subventionnent ces centres de soins. Une participation de leur part permettrait de diminuer sensiblement le coût des thérapies les rendant plus accessibles aux familles dans le besoin. Les résultats sont pourtant là : plus de 80 % d’amélioration sur l’état physique des patients.

Après cette journée remplie d’émotion, les pirouettes des dauphins, les clowneries des otaries du Seaquarium, juste à côté, nous paraîtront bien fades.




En rentrant au bateau Marvin nous bombarde de questions. Nous n’avons pas perdu notre temps aujourd’hui et je pense que l’école de la vie c’est aussi d’apprendre qu’il y a des enfants différents, moins chanceux, qu’il ne faut en tout cas pas exclurent.

Dimanche dernier, le jeune équipage de Pickles était sur New life pour une belle partie de rigolade. Des pirates de toute part ont attaqué Peter Pan et Capitaine Crochet. Lorsque cette joyeuse équipe se retrouve sur un bateau ou sur un autre, autant dire que les voisins posent leur bouquin et suivent les va-et-vient du pont supérieur, les pirouettes au bout des drisses, les plongeons ou autres inventions, leur quiétude étant quelque peu dérangée.





Un cours d’optimistes commence pour les enfants à l’Asiento. Nous demandons à Marvin si ça l’intéresse. Une semaine d’attente avant le premier cours,… c’est long,… mais la patience sera récompensée. Rosalie et Yoop donnent aux moussaillons les explications de base et c’est parti, chacun troquant son titre de "mousse" pour celui de "capitaine".




Quelques abordages entre les bateaux au départ, un ou deux coups de bôme sur le front leur fait comprendre la direction du vent, on tire sur l’écoute pour border, on largue lorsqu’on gîte trop afin de redresser l’optimiste, on s’assied au vent sinon on chavire,…c’est le début.




A la fin de la première leçon, Marvin sera en larmes. Le bateau ne veut pas faire ce que je veux, aller là où je le souhaite ! Comme je suis sur le ponton à prendre des photos, il se vexe et abandonne son optimiste pour venir me pleurer dans le gilet. Rosalie le prend à part et lui dit que c’est un « capitaine » de bateau, qu’on ne l’abandonne pas de la sorte pour aller se plaindre vers sa maman. C’est nul, je ne veux plus continuer, ni revenir samedi prochain !

Quand les autres petits « navigateurs en herbe » reviennent, Rosalie arrive à persuader Marvin qu’il fait partie d’une équipe maintenant, qu’il faut abandonner sa maman mais non son bateau et qu’il doit participer au rinçage, au rangement des bateaux et aider ses petits camarades. Un briefing en fin de cours lui permettra de comprendre que tout n’est pas si simple sur un bateau, qu’il faut de la patiente et que tout s’apprends avec le temps.

Après un « give me five » avec Rosalie et Yoop, Marvin promet d’être présent samedi prochain pour le second cours. Yeah !


Avec nos meilleures pensées
Les New Life en balade