vendredi, 16 septembre 2011

En Suisse, Gruyères, Solalex, Vugelles, La Blécherette

Salut à tous,



La balade helvétique continue puisque nous vous emmenons aujourd’hui au cœur d’un paysage verdoyant des Préalpes fribourgeoises, plus exactement à Gruyères.







Le château construit en 1270 domine majestueusement cette belle contrée, ombragée et parsemée d’essences alpestres. Une légende prétend que le mot « Gruyère » vient de Gruérius, capitaine de la 6ème légion de vandales qui choisit de s’établir dans cette région en 436 et à qui le roi de Bourgogne aurait inféodé la terre et le pays de Gruyères en 510. Ce guerrier, premier ancêtre des comtes vit en cet endroit riche en forêts, en eaux et en gibiers une terre prospère pour y installer ses vassaux qui trouveront des remparts protecteurs à l’heure du danger. Et voilà comment Gruérius fonda la ville de Gruyères ainsi qu’un édifice fortifié qui, au fil de l’histoire, devint l’actuel château.



Contemplant ses terres un soir où le ciel s’était empourpré de rose, une grue blanche s’en vint confiante, se poser sur l’épaule de ce vandale. Voilà dit-il un oiseau d’heureux présage et il choisit dès lors d’en décorer son blason et ses armes.







Mais il convient de distinguer la légende de la réalité. Selon l’historien Hisely qui fit des recherches minutieuses au milieu du siècle passé, que le terme « Gruyère » vient de « grand-gruyer » ce qui en langue romane signifie « garde-forestier ». Cet officier juge des eaux et des forêts était chargé d’administrer et de réprimander les délits de tout un secteur que l’on nommait la Gruerie.



Légende ou réalité, qui dit vrai ? Ce que l’on peut affirmer c’est que les origines de ce château ne sont actuellement pas connues avec précision alors que cette maison comtale figure parmi les plus importante de Suisse romande. Nous savons néanmoins que du XIe au XVIe siècle, dix-neuf comtes y sont attestés. Michel, le dernier comte de Gruyères dut affronter des difficultés financières et annonça sa banqueroute en 1554 (comme quoi, ces soucis-là ne datent pas d’aujourd’hui). Les créanciers des villes de Fribourg et Berne, se partagèrent donc ses terres. Le château fut dès lors le siège des baillis fribourgeois, puis la résidence des préfets jusqu’en 1848. Mis en vente en 1849 il devint la propriété des familles Bovy et Balland qui, tout en y séjournant l’été, s’occupèrent de sa restauration avec l’aide de leurs amis artistes.









Environ 90 ans plus tard l’Etat de Fribourg racheta le château pour y fonder un musée. Sa visite est un passionnant voyage à travers huit siècles d’architecture, de culture et d’histoire.









Les galeries en bois magnifiquement décorées furent construites en 1586-1587, c’est-à-dire près de 300 ans après l’édification du château, ce qui explique que les rayons du soleil ne viennent même plus éclairer l’horloge solaire qui renseignait les châtelains sur le temps qui s’écoulait.







Les vieilles portes, façades et une ancienne mesure à grains donnent de l’originalité au petit village de Gruyères où….








… il fait bon déguster une coupe de fruits accompagnée de crème au baquet…










… avant de redescendre dans la vallée pour voir atterrir ces parapentistes le cœur léger comme l’air alors que nous avons le ventre bien tendu !










Mais Gruyères ce n’est pas qu’une cité médiévale, c’est aussi le nom donné au fameux fromage à pâte dure qui nous manque tant en voyage. Exporté « Le Gruyère » l’est bien, mais à quel prix ? J’avoue que parfois nous craquons pour un petit morceau de cette gâterie. Certains navigateurs suisses rencontrés au cours de nos péripéties ne partent pas sans une meule à bord. C’est vous dire l’importance que ce fromage a, à nos yeux d’helvètes.



Les différents stades de maturation, vieux, salé, mi-salé, doux flatteront vos papilles gustatives et une fois « contaminés » par le virus gruyère le goût du « reviens-y » ne vous lâchera plus. Depuis notre retour au pays, nous en profitons à chaque repas ou presque.










Maintenant que vous avez la panse bien remplie et que vous commencez à prendre de la bedaine avec le gruyère et la crème au baquet, il est temps d’éliminer quelques kilos. Suivez-nous donc à Solalex (Vaud), à la recherche de fossiles marins dans les pierriers du fameux Miroir d’Argentine.








Fossiles marins en montagne ? Ont-ils attrapé une insolation ou quoi ? Je suis sûre que c’est ce que vous pensez.



Coup de chaleur peut-être après une grimpette de 460m de dénivelé en une heure et demie pour atteindre le Roc du Châtelet, mais insolation en tout cas pas. Il faut simplement revenir aux aires secondaire et tertiaire lors de la formation des Alpes puisque cette région était recouverte par les eaux des océans qui ont immanquablement laissé des traces prouvant que coraux et poissons vivaient bien là, à plus 1680m d’altitude, il y a des millions d’années de cela.



Inutile d’enfiler nos palmes, masques et tuba pour découvrir les fonds marins, il y a belle lurette que la mer s’est retirée. Chausser des tricounis, ça fait un peu vieux jeu, - (semelles de soulier, inventées par le célèbre grimpeur genevois Félix Genecand surnommé Tricouni, dotées de clous afin d’en éviter l’usure précoce tout en ayant une meilleure adhérence au terrain et à la roche), alors c’est équipés de bonnes chaussures de marche, de piolets et d’un pique-nique que nous suivons Thierry, notre guide qui connaît la région comme sa poche.








Enfant déjà ses parents et son oncle guide de montagne, l’emmenaient dans le coin pour de magnifiques balades et des nuits en cabane ou partaient à la recherche des fossiles restés enfermés dans la roche depuis des siècles. Il n’a jamais oublié ces moments précieux, en parle encore comme si c’était hier tout en nous alléchant par ce que nous allons peut-être découvrir là-haut.



Tout en suant, nous admirons la majestueuse chaîne d’Argentine, placée entre les sommets des Diablerets et des Muverans, qui fait partie intégrante de la vie des alpinistes romands. Vous serez tout comme nous impressionnés par sa face nord-ouest sur laquelle se situent les Miroirs qui sont et ont toujours été un paradis pour les grimpeurs à la conquête des sommets de ce monde.



N’étant pas une férue de la montagne, je ne peux que m’incliner devant cette imposante masse de roche et saluer le courage de ces alpinistes à l’esprit sportif et compétitif qui, équipés à l’époque d’une simple corde en chanvre, d’une masse et d’un burin, de mousquetons de pompier, s’élevaient à bras nus, sans freinage de sécurité sur un itinéraire dépourvu de pitons. Ils ouvraient en effet leur première voie dans cette paroi splendide qui hantait les esprits de ceux qui avaient déjà traversés son arête. Je cite ici les paroles de quelques l’alpinistes célèbres de l’époque: L’alpinisme n’est pas un moyen pour atteindre un but, mais il a en soi sa propre valeur. Ou encore : Il est dangereux d’aller dans les précipices pour autre chose que pour le plaisir de grimper. Propos tirés du magnifique livre : Les Miroirs d’Argentine, de Claude et Yves Remy aux Editions Charlet. Cet ouvrage rend hommage aux alpinistes qui ont ouvert cette voie, l’ont conquise et à tous ceux qui y ont laissé leur vie.







(Sur ce montage photos, j’ai entouré d’une ellipse une cordée se trouvant au milieu du Miroir lorsque nous effectuions notre ballade. N’ayant pas un objectif suffisant sur mon appareil, j’ai par contre emprunté sur le web les gros plans).



A chacun son sport, son fantasme, nous ne sommes pas des varappeurs, seulement des touristes en herbe voulant trouver des fossiles, continuons donc notre progression. Arrivés au sommet éteignez vos portables svp, admirez la vue et écoutez la mélodie des cors des Alpes qui, traversant la vallée, chatouillera peut-être vos oreilles dans une communion parfaite avec la montagne. Nous trinquons à l’amitié et au plaisir d’être là pendant que les enfants entament leurs recherches, excités qu’ils sont par les récits de Thierry tout en voulant être le premier à crier Eureka.









Voilà nos hommes qui rivalisent d’ingéniosité pour lancer le barbecue et allumer un feu pour chauffer le café. Non, non Jean-Michel, ce n’est pas le moment de faire ta prière, le feu prendra malgré l’ondée qui passe, fais confiance au scout qui sommeille en toi. Soudain la montagne se fait l’écho d’un cri commun lancé par Mael et Marvin qui ont trouvé leur premier fossile. Ils dévalent la pente, fiers de leur découverte. Nous ne rentrerons pas bredouilles ce qui soulage Thierry qui commençait à douter de ses souvenirs d’enfance quant à l’emplacement du pierrier. Ouf, j’ai eu chaud nous avouera-t-il en redescendant, vous m’auriez lynché si on n’avait rien trouvé !












Il y a quelques années, il mesurait 50 cm pour 3,750 kg. Aujourd’hui 16 août, il fête ses 9 ans entouré d’une bande de joyeux lulus qui croquent la vie à pleines dents en ayant plus d’un tour dans leur sac. Heureusement que les jours ne se ressemblent pas, hier il pleuvait des cordes et je me posais mille et une questions pour occuper les copains/copines venus gâter Marvin.



Par chance ce matin l’astre de lumière a gagné sa bataille contre les nuages, il fait un soleil radieux, ce qui a facilité l’organisation des activités extérieures pour défouler cette équipe qui redouble de vitalité.







Le lendemain de cette belle journée, Marvin a rendez-vous avec ses futures maîtresses, histoire de faire connaissance et de découvrir les lieux afin de dédramatiser ce moment tant redouté d’une scolarité non plus en solitaire, mais en groupe dans un nouvel encadrement. Le reste de la semaine est consacré aux achats des fournitures scolaires afin que notre moussaillon se sente prêt pour le lundi 22.



Par la suite - puisque nous allons rejoindre New life à mi-octobre - il ressort de notre discussion avec Mmes Mégroz et Gendre qu’il sera plus motivant pour Marvin de garder des contacts avec sa classe et les copains que de travailler dans l’ombre du CNED (Centre National d’Enseignement à Distance) en changeant trop souvent de correctrices qui ont chacune leurs critères de jugement sur les épreuves rendues sans que l’occasion ne soit donnée à notre marin d’élève de faire leur connaissance si ce n’est pas une simple lettre de présentation.



Je suis loin de critiquer cette méthode d’enseignement d’un niveau comparable à une scolarité privée, puisqu’elle a convenu à Marvin et a répondu à nos attentes durant plus de 3 ans. Mais voilà, le petit grandit en ayant d’autres attentes; les copains manquent, la compétition avec un voisin de table tout en se comparant aux autres, être de connivence entre potes pour faire des bêtises, se retrouver après l’école pour jouer ou pour les devoirs, échanger des jeux ou discuter des derniers Ninjago ou Bakogan sortis, en gros une socialisation normale pour son âge.



Je dois avouer que les derniers 6 mois ont été encore plus « galère » que d’habitude pour arriver à boucler l’année CE2, avec un moussaillon qui n’est déjà pas très scolaire, mais qui en plus, avait perdu le peu de motivation qui lui restait.









On le comprend, y’a pas photo ! Alors lorsque nous avons pris la décision de rentrer plusieurs mois cet été, nous avons décidé de lui trouver un autre environnement scolaire; intégrer une classe pour qu’il se fasse des copains et découvre une nouvelle méthode d’enseignement avec une autre maîtresse que maman. Par la suite – puisque nous repartons et que je reprendrai le flambeau – garder des contacts avec cette classe afin qu’il se sente moins seul lors de ses matinées d’école.



Ce qui est fabuleux également c’est que je pourrai bénéficier d’une collaboration étroite avec Mmes Mégroz et Gendre - ce qui est totalement impossible et impersonnel avec le CNED - qui vont m’épauler en me faisant parvenir par internet les documents distribués à leurs élèves. Marvin pourra ainsi être sur un pied d’égalité et continuer à se mesurer avec ses amis, même à distance. Nous allons également mettre sur pied, dans la mesure du possible, des appels avec la classe via Skype. Bien entendu cette situation n’est que provisoire, le temps que nous trouvions une solution avec New Life et que nous puissions rentrer définitivement en Suisse. Il restera encore à déterminer comment valider cette année au niveau cantonal dans un pays en pleine réforme scolaire.



Le temps des cerises étant terminé, se sont les mirabelles qui occupent les journées de Bluette. Le stérilisateur fonctionne plein pot, c’est le cas de le dire, pour que de beaux bocaux prennent place à la cave et tiennent compagnie aux autres fruits déjà conditionnés pour l’hiver.








Il est tentant il est vrai lors de nos ballades en forêt de cueillir des champignons, mais vaut mieux être connaisseurs ou s’abstenir car si vous vous fiez aux belles couleurs de ces amanites tue-mouches (Amanita Muscaria,) très caractéristiques et facile à identifier, elles vous vaudront une belle intoxication dominée par des symptômes neuropsychiques. On peut lire qu’elles sont parfois consommées pour leurs effets hallucinogènes. En ce qui me concerne prendre quelques clichés m’a largement satisfaite. Si par méconnaissance vous en avalez un jour sachez qu’il n’existe actuellement aucun antidote. Donc dans le meilleur des cas si vous vous y prenez suffisamment tôt c’est-à-dire dans les 30 min après en avoir consommé vous aurez droit à un gros lavage d’estomac.







Et voici deux week-ends que mes hommes attendaient avec impatience. Le premier, la rencontre interclubs de Vugelles-la-Mothe, où le modélisme est à l’honneur.



Quelques passionnés se sont réunis pour présenter et faire voler leurs modèles qui sont des « copiés-collés » d’originaux. Beaucoup d’avions sont montés à partir d’un kit, mais il reste encore quelques puristes qui dessinent, fabriquent leurs avions à partir de plans, voire créent leur propre design. C’est notamment le cas du propriétaire de l’avion bleu (en haut sur le montage photos) puisqu’il l’a dessiné et créé de toutes pièces. 4 ans de boulot et un porte-monnaie bien rempli; le moteur seul a coûté plus de 20'000 fr. Une fois terminé, il lui a fallu passer une licence de pilote et obtenir une immatriculation, son appareil dépassant les 40kg. On comprend que ce passionné soit quelque peu nerveux lorsqu’il fait voler et présente son joujou. Quant au planeur, même s’il s’agit d’un kit de 32kg avec ses 3.80m d’envergure, une fois en vol, on a de la peine à distinguer le modèle du vrai tant ses lignes sont parfaites.








Le second week-end, c’est celui du centenaire de l’aérodrome de la Blécherette, juste à côté de chez nous. Cet aérodrome devenu au fil des ans un aéroport régional, enferme dans ses hangars un véritable trésor pour les amoureux non pas de modélisme cette fois-ci mais de la vieille mécanique et des vieilles carcasses. On peut y admirer notamment un bombardier torpilleur Grumman Avenger, basé à Pearl Harbour en 1945, un Morane-Saulnier MS-317 de 1937, qui était utilisé comme avion-école, un Messerschmitt Bf 108B Taifun de 1938, qui est l’ancêtre des avions à réaction allemands, des Piper L4 qui ont servi durant le Deuxième guerre mondiale, le fameux Pilatus P3-05 qui date de 1958, et bien d’autres avions mythiques qui retracent l’histoire de l’aviation de ses débuts à nos jours.








Ces engins, entièrement restaurés et en état de vol, le sont au prix incalculable d’heures de travail, de persévérance et de patience; sans parler des pièces aujourd’hui introuvables qui doivent être entièrement fabriquées. Tous les passionnés de l’Association pour le Maintien du Patrimoine Aéronautique (AMPA) et du Groupement des avions historiques qui veillent sur ces merveilles peuvent être fiers lorsque ces vieux coucous - abandonnés dans un triste état sur de vieux tarmacs désaffectés ou dans un rebus quelconque - se présentent en bout de piste, font chauffer leur moteur et s’élèvent dans le ciel devant un public conquis.








Quant aux prestations en vol des différentes patrouilles PC7 Team Swiss Air Force, Pioneer Team d’Italie, Royal Falcons de Jordanie, Breitling Wingwalkers d’Angleterre, Yakers de Roumanie, etc, elles ont été tout à fait époustouflantes surtout qu’un vent latéral soufflait fort samedi, ce qui ne facilitait pas la tâche des pilotes en constante recherche de perfection pour leurs figures.








Il ne nous reste plus qu’à attendre mi-septembre pour le prochain spectacle en plein ciel ; le meeting de Sion en Valais où, vous l’aurez deviné nous serons de la fête.



Nous voici au 22 août, jour fatidique pour Marvin. Quand faut y aller faut y aller !








Lorsque je l’ai lâché devant l’école, que je l’ai vu rejoindre ses camarades et entrer en classe, j’ai ressenti comme une grosse boule au fond de la gorge, un grand vide dans l’estomac. J’ai regardé les minutes filer sur ma montre et attendu que les heures de cette « lonnnnguuuue » matinée s’écoulent. A midi j’étais une des premières à l’attendre devant l’école. Quand il est ressorti tout sourire, je l’ai accueilli avec un gros OUF. C’est roller aux pieds qu’il est parti à la rencontre de son papa, n’ayant pas pu attendre son retour pour lui raconter cette première journée en classe, tout à fait géniale.









La première semaine s’est bien déroulée, mais il a fallu que Marvin gère beaucoup de nouveautés, tableau noir, agenda, horaires, quantité de cahiers, de livres, de matériel, organisation de son pupitre, etc. Il ne se sentait pas concerné non plus par les instructions données à toute la classe attendant patiemment que la maîtresse vienne vers lui. Pas mal de choses à découvrir pour ce petit bonhomme qui par contre s’est très vite socialisé en se faisant plein de copains. La seconde semaine, le rythme a quelque peu changé puisque les premiers devoirs sont apparus, j’ai retrouvé du coup mon réfractaire d’enfant qui ne voulait plus rien entendre de l’école. On ne baissera pas pour autant les bras !



Ce n’est pas parce que nous sommes sur le plancher des vaches que nous ne suivons pas la météo. Je ne vous apprendrai donc rien en vous disant que nous sommes en pleine saison cyclonique. Une saison bien active cette année, qui nous donne des sueurs froides. Il suffit de voir une image satellite de notre belle planète bleue pour comprendre de quoi je parle.









Le cyclone Irène…,








….déclaré en catégorie 3 sur l’échelle de Saffir-Simpson a fait beaucoup de dégâts sur les Bahamas, il a continué sa trajectoire sur la côte Est de Etats-Unis qui a été en état d’alerte maximum. Il a perdu un peu de son intensité en touchant la Géorgie, la Caroline du Sud et du Nord passant en catégorie 2. Lorsqu’il a touché la Virginie – New Life est sur un chantier à Deltaville – il n’était plus qu’en catégorie 1, avec des vents atteignant 118/150km/h. Autant vous dire que nous n’étions pas tranquilles en suivant les infos sur le net. L’Etat de New York était en alerte maximum, son métro certainement fermé, Irène continuant sa course en longeant cette côte tout en faisant de gros dégâts sur son passage, pour aller enfin s’apaiser au Canada.



Normalement – mais qu’est-ce qui est normal aujourd’hui ? – lorsqu’un cyclone touche les terres ou des eaux plus froides il est censé perdre de son intensité. Irène a suivi un peu se schéma mais pas instantanément, il a laissé sur son passage plus de 70 morts et beaucoup de dégâts. Je sais il y a eu pire, mais quelque soit le nom qu’on leur donne, cyclone, tremblement de terre, tsunami, tornade, etc. ces catastrophes sont de moins en moins prévisibles quant à leur impact ou à leur force plus rien n’entrant dans la « normalité ». A qui la faute, si faute il y a ? Le débat est ouvert.



Une fois les lignes électriques et les connexions internet rétablies nous avons reçu des courriels d’amis nous rassurant sur le sort de New Life. Katia, Lee, Nate, Maria, prouvent bien que la saison cyclonique est loin de se terminer. On croise donc les doigts pour tous ceux qui vivent sur la trajectoire de ces phénomènes espérant qu’ils ne soient pas trop dévastateurs.




Voilà pour ce volet-ci, je vous quitte en vous disant à bientôt.




Avec nos meilleures pensées,


Les New Life en balade


mercredi, 17 août 2011

En Suisse, Gorges du Durnand, Grottes de Vallorbe, Mont-d'Orzaire, Château-d'0ex

Salut à tous,

C’est l’été, il fait grand beau, les jardins sont fleuris, la campagne étale ses couleurs tel un patchwork, les bogues des céréales éclatent sous le soleil, les sommets montagneux se dressent autour des lacs et rivières comme des soldats faisant le guet.









Nous retrouvons avec plaisir familles et amis, les spécialités culinaires du terroir, le chocolat le fromage et les tous petits riens qui nous manquent en voyage. Ces gâteries contribueront largement aux rondeurs qui vont immanquablement s’accumuler et ne laisseront planer aucun doute quant à notre retour au pays.













Cette fois-ci ce ne sont pas les pommes, mais les cerises qui sont belles rouges, juteuses, mûres à souhait et qui ne demandent qu’à être cueillies. Une partie de la récolte sera stérilisée et l’autre distillée afin que tout le monde y trouve son compte; fruits frais au dessert ou ch’tit kirsch pour accompagner les fondues ou autres afin de prolonger les longues soirées d’hiver. Rien ne vaut les spécialités maison, moi je vous le dis.












La première semaine de notre retour a été bien occupée notamment par l’inscription de Marvin à l’école. Une nouvelle expérience va enrichir la vie de notre petit gars puisque le 22 août prochain il va user ses culottes sur les bancs scolaires suisses. User est peut-être un grand mot puisqu’il s’y essayera jusqu’aux vacances d’automne, histoire de découvrir un nouvel environnement et une autre méthode d’enseignement que celle du CNED. Le fait de travailler en groupe, avec une autre maîtresse que maman, de pouvoir garder un contact avec la classe qu’il intégrera et les copains, le motivera peut-être plus pour la suite. Il nous restera à déterminer quel mode d’enseignement lui conviendra le mieux et d’adapter notre mode de vie en fonction de ceci ou de cela.






Mais bon pour l’heure ce sont les vacances et les activités en plein air ne manquent pas, que se soit en forêt à construire un barrage pour arrêter les écrevisses, une cabane, un petit pont de rondins, rechercher les premiers champignons qui pointent leur nez…










… ou au bord du lac avec les activités mises sur pied par Lausanne-sur-Mer. Durant 15 jours des éducateurs des Centres de loisirs lausannois proposent aux jeunes des après-midi sportifs où ils ont la possibilité de toucher à des sports comme la plongée, le tir à l’arc, la capoeira, le tennis, roller, skate, pour n’en citer que quelques-uns. C’est au hasard d’une balade au bord du lac - puisque nous ne sommes plus dans le circuit - que nous avons découvert cette organisation, quoique…






Lorsque j’ai appelé quelques amies avec des enfants pour leur en faire part, elles en tombaient des nues, elles n’étaient pas au courant et n’en avaient jamais entendu parler. Cela fait pourtant une dizaine d’années déjà que chaque été de tels après-midi sont organisés pour les enfants qui ne partent pas en vacances entre autres. En fin d’année scolaire Lausanne-sur-Mer adresse des papillons d’information aux collèges, malheureusement certains n’ont pas jugé utile de les distribuer aux élèves. Cela est juste dommage pour les organisateurs qui y ont déployé beaucoup d’énergie pour réunir des instructeurs à chaque activité afin que les enfants soient bien encadrés pour la pratique de tous ces sports.











Les balades au bord du lac sont tout simplement délicieuses en été. C’est aussi l’occasion d’aller rendre visite à notre petit North Wales qui attend patiemment notre retour. Il aurait besoin d’un bon coup de peinture ainsi que de quelques travaux sur les bois qui avec le temps se sont bien ternis et dégradés. Tout cela n’est qu’esthétique car du haut de ses 30 ans, il vient de passer, grâce au coup de main de nos amis Viviane et Jean-Michel, son expertise annuelle. Sois patient encore quelques années petite unité, ton tour viendra.












Ce grèbe huppé s’est aménagé un nid fort confortable sur les amarres d’un voisin de ponton. Les futurs parents sont prêts, bec ouvert et ailes déployées, à défendre coûte que coûte leur future progéniture contre tout intrus armé d’un appareil photo. Par contre le navigateur lacustre qui se voit squatté de la sorte devra prendre son mal en patience jusqu’à la naissance des oisillons pour sortir avec son bateau, car il est interdit de détruire leur nid, ces oiseaux étant protégés.











Dans les rues piétonnes de Lausanne, les mercredi et samedi matins, l’ambiance est décontractée, rencontres et pause café tout en faisant son marché. Les étales regorgent de fruits et légumes où les saveurs exotiques côtoient celles du terroir, il suffit de se laisser entraîner par ses sens pour remplir son panier.











Pendant que je me balade en ville, Marvin prend, sous l’œil attentif de son papa, ses premières leçons de tir à la carabine à plomb.









A l’étranger, vous avez une petite place dans nos bagages on vous emmène dans des endroits différents au fur et à mesure de nos navigations. Ce n’est pas parce que nous sommes de retour au pays que nous allons vous abandonner pour autant. Alors si nos récits continuent à vous faire rêver, suivez-nous en Terre Helvétique car même s’il y a du quotidien, nous allons vous la faire découvrir - tout comme à notre moussaillon d’ailleurs – qui connaît mieux les mers et océans du monde que le plancher des vaches.









Aujourd’hui, nous partons aux Gorges du Durnand. Ces gorges situées à 5 km de Martigny en Valais nous entraînent dans un décor sauvage et une nature luxuriante. Environ 1km de galeries surplombent les 14 cascades de ce torrent impétueux et tumultueux. Une passerelle aménagée depuis peu nous permet de traverser le Durnand et d’admirer cette beauté sauvage avec - pour seul bruit de fond - la furie du torrent qui laisse apparaître dans ses méandres de belles marmites creusées à la seule force de ses sauts.










En escaladant ces marches en bois fixées à même la roche, j’ai l’impression d’être attirée par le vide qu’il y a sous de mes pieds, le bruit de l’eau est assourdissant. Je me contente de regarder droit devant en grimpant et lorsque je risque un œil pour les clichés, je me cramponne à la balustrade. Impressionnant aussi le travail de ces hommes qui ont construit, maintiennent et rénovent cette galerie pour que tout public ait accès à ce décor pittoresque où, encore une fois, la nature est reine. C’est tout à fait impressionnant et digne d’un film d’Indiana Jones.











Restons en Valais car après les Gorges du Durnand les enfants ont encore envie de se défouler. Nous les emmenons donc au Happyland de Granges, près de Sion. Même si c’est le plus grand parc d’attractions de Suisse, à l’entrée Marvin lancera; mais c’est tout petit à comparer de Disney ! Oui bien sûr mon cher, mais la Suisse est loin d’égaler le territoire américain. Cela dit, rien ne l’arrêtera lorsqu’il s’agit d’embarquer pour le nautic jet, les montagnes russes ou le splash river, de se laisser glisser sur un long toboggan pour faire la course avec son ami Mael ou d’entrer dans un simulateur en 3D qui les entraînera dans un monde imaginaire spatial ou sur de petits wagonnets à l’intérieur d’une mine. Une journée bien remplie où petits et grands ont trouvé du plaisir.










Thierry ne travaillant pas très loin, le lendemain d’une telle journée, nous la jouons relax et partons le long des champs le rejoindre et partager son repas de midi…











… avant de descendre au skate parc du Mont pour que Marvin puisse rencontrer les copains du coin et s’essayer à de nouvelles figures.






Arrive enfin le week-end suivant pour Thierry qui travaille d’arrache-pied et qui a retrouvé toute l’assurance du passé en se déplaçant à 20 m. de hauteur aussi aisément qu’il le ferait sur la terre ferme.










Malheureusement le temps est maussade avec une tendance à la grisaille, la température a du coup chuté de 28° à 12°. Inutile donc de planifier une grande balade à l’extérieur, mais pour visiter les Grottes de Vallorbe, c’est un temps idéal à condition de ressortir polaires et coupe-vent.





De tout temps et en tout pays, les sources d’eau pure jaillissant de reliefs rocheux ont fasciné les hommes. La source de l’Orbe n’échappe pas à cette règle, c’est ainsi qu’en 1893 le plongeur Pfund équipé d’un scaphandre « pied lourd » descendit dans la source et atteignit une profondeur de -11 mètres.












Il ne put que constater que la galerie spacieuse se poursuivait en profondeur. A la même époque, des observations et des expériences de coloration de l’eau ont été réalisées et ont prouvé qu’une liaison souterraine existait entre La Vallée de Joux (Lac Brenet) et la source de l’Orbe.






Dans ces années-là, les techniques de plongée n’évoluant pas rapidement, il était difficile de poursuivre l’exploration souterraine. Les recherches menées en surface par une autre équipe se sont également avérées vaines à part confirmer la jonction déjà découverte. Il fallut attendre 1961 pour voir un trio de plongeurs (Gallet, Protta et Sauty) équipés de scaphandres autonomes s’attaquer à nouveau à cette source et pénétrer à 40 mètres dans la cavité immergée. Puis d’autres plongeurs spéléologues se sont succédés afin de s’introduire de plus en plus profondément dans les entrailles de la terre et découvrir au fil des ans ce que sont les actuelles Grottes de Vallorbe.








A l’intérieur, après être remontés sur 500 m. le cours de l’Orbe, nous ne pouvons que constater ce que la nature a été capable de créer au fil des ans. La rivière gronde en bruit de fond, les fistuleuses qui défient à elles seules toutes lois de la pesanteur et les stalactites tombent sur nos têtes comme un rideau de pluie. Les stalagmites montent des profondeurs tels des phallus voulant percer l’hymen de la grotte. Certaines excroissances ressemblent à des choux-fleurs ou à des œufs de poulpe ne demandant qu’à être ventilés. Les magnifiques draperies qui ornent le plafond et les parois sont mises en valeur grâce à des spots qui s’allument sur notre passage. Nous terminons cette visite par un petit spectacle son et lumière au milieu de la cathédrale qui vient d’être découverte puis nous redescendons l’Orbe qui bouillonne pour nous faire comprendre que c’est grâce à elle que cette grotte a été creusée.






Si vous avez les poils qui se dressent sur les bras en visitant cet endroit, ce n’est pas uniquement à cause de la fraîcheur qui y règne mais bien parce que votre imaginaire est transporté par l’émotion qu’ont dû ressentir les premiers spéléologues face à un tel spectacle.






En ressortant des grottes une timide amélioration de la météo nous permet de croquer la moindre au Mont-d’Orzeires, dominé par la Dent de Vaulion. Marvin n’est pas très rassuré lorsqu’on lui dit que des ours et des loups ont vécu ici il y a fort longtemps et que Mont-d’Orzeires signifie la tanière à ours.











Ces espèces aujourd’hui en voie de disparition ont décidé la famille Blanc à tenter une expérience unique; réunir dans un même enclos, ours et loups en leur offrant un vaste espace. C’est ainsi qu’en 2001 le parc accueille sa première meute de loups d’Europe. Quelques mois plus tard des ours bruns viennent leur tenir compagnie. D’une passerelle d’observation, délimitée par une falaise naturelle, nous pouvons les voir cohabiter en « semi-liberté ».









Dans la prairie opposée paît tranquillement un troupeau de bisons d’Amérique…










… les chevaux de Przewalski, la plus ancienne espèce de chevaux sauvages, quant à eux auraient complètement disparu de la planète sans le concours et la complicité des parcs zoologiques. Il ne reste que quelques individus vivant en Mongolie.










En ce qui nous concerne, on préfèrerait nettement pouvoir observer ces animaux dans leur environnement naturel, mais lorsque des espèces sont en voie de disparition on peut toujours débattre sur le bien-fondé et l’utilité des parcs animaliers.



Quittant le Mont-d’Orzeires, nous descendons à la Vallée de Joux d’où nous avons la chance de pouvoir admirer, à l’orée d’un bois, ce troupeau de chamois broutant en toute quiétude.










Profitant des thermiques de cette fin de journée, un planeur survole la vallée.










Thierry croit se souvenir qu’à Montricher il y a un petit aérodrome et, est pratiquement sûr que c’est là que ce bel oiseau va se poser. Nous arrivons sur place juste à temps pour le voir atterrir. Bien entendu, pour mes deux hommes qui n’ont plus que des petits avions en tête, cette journée ne pouvait pas mieux se terminer.









Le lundi tout le monde reprend son train-train en se remettant au boulot. Les paysans des environs profitent d’une nouvelle belle journée pour moissonner avant la fête nationale suisse.








Le 1er août on se retrouve avec famille et amis, pour partager un plat bien de chez nous comme on dit; la traditionnelle raclette.









Nous tentons d’être patriotiques en mettant un nom sur tous les fanions des 26 cantons accrochés pour l’occasion. Uri, Schwytz, Unterwald, cantons fondateurs de notre Confédération helvétique en, en, en ... ? 1291, bravo ! Et le nom des trois confédérés ayant prêté serment dans la prairie du Grütli ? Arnold de Melchtal, Walter Fürst et Werner Stauffacher, wahou impressionnant ! Heureusement que le soir précédent la cérémonie organisée par la commune voisine, nous a rappelé cette page d’histoire.




Aux environs de 22 h. un peu partout dans le pays de grands feux sont allumés, au même moment fusées, vésuves, roquettes embrasent le ciel dans un fracas impressionnant pour Marvin qui décampe comme un chevreau sautant par mégarde dans un champ d’orties, un peu perdu au milieu de tout ça. Il gardera un « bon » souvenir de sa première fête nationale.






Pour la dernière balade du mois Marvin sera votre guide puisqu’il s’est rendu avec nos amis à Château-d’Oex pour un parcours sportif, le Mike Horn Family. Je suis sûre que chacun connaît, a entendu parler ou lu un des livres du célèbre aventurier de l’extrême Mike Horn.









Etabli à Château-d’Oex avec sa famille, il a créé un parcours afin que petits et grands se retrouvent dans la peau d’un aventurier. La journée débute par une montée de Château-d’Oex à La Braye en télécabine et en télésiège…










… puis pour des questions de sécurité nous devons nous équiper de baudrier, d’harnais et de casque pour passer certains obstacles en nous familiarisant avec les défis que rencontre un vrai aventurier. Et c’est parti, un mur de grimpe, la banquise doit se traverser en marchant uniquement sur les icebergs afin de ne pas tomber dans les eaux glacées du pôle nord qui sont représentées ici par des copeaux de bois, ouf ! Pour manger, il nous faut pêcher des poissons imaginaires. Ensuite il faut traverser des ponts suspendus ou se lancer sur des tyroliennes sans fin. C’est tout simplement génial, mais …











… tous ces efforts ça creuse. Heureusement que Viviane avait prévu le pique-nique car on n’a pas été très chanceux à la pêche Mael et moi !









A tout bientôt pour la suite de notre vie « temporaire » de terriens.




Avec nos meilleures pensées
Les New Life en balade